Une offre de transport peu développée dans les territoires peu denses
Malgré leur très grande diversité, les territoires peu denses sont globalement caractérisés par des réseaux de transport en commun souvent peu développés, parfois inexistant, et peu performants, du fait notamment d’une faible densité et de la dispersion des populations et des activités. Structurant à l’échelle régionale et pour les territoires desservis, le réseau ferroviaire, concurrencé par la généralisation de l’automobile, s’est fortement contracté.
Alors qu’il s’étendait jusqu’à 60 000 kilomètres dans l’entre-deux guerres mondiales, il ne compte plus, en 2023, que 27 600 kilomètres, dont 3 410 en Nouvelle-Aquitaine. Les réseaux de bus interurbains desservent, de manière complémentaire, les territoires de la région, avec des fréquences qui sont souvent, dans les espaces peu denses, limitées.
L’édition régionale du 3e Baromètre des mobilités du quotidien souligne un accès plus difficile en Nouvelle-Aquitaine aux services de mobilité. 45 % des personnes interrogées déclarent avoir le choix de leur mode de transport, ce qui est moins qu’au niveau national (55 %). Le choix apparaît nettement moins important, y compris par rapport aux autres régions, pour les populations des petits et moyens pôles urbains, des communes périurbaines et des communes isolées. 20 % indiquent n’avoir accès à aucun service de mobilité alternatif à la voiture près de chez eux (15 % à l’échelle nationale).
Un choix du mode de transport restreint dans les zones peu denses de Nouvelle-Aquitaine

Source : Wimoov, 3e Baromètre des mobilités du quotidien, 2024.
Selon l’enquête, la région apparaît moins bien dotée en transports collectifs urbains : 39 % des habitant·es indiquent en disposer à proximité de leur domicile, contre 52 % au niveau national ; la Nouvelle-Aquitaine se situe ainsi à un niveau comparable à la Bourgogne-Franche-Comté (38 %) et dans une moindre mesure à la Bretagne (43 %), régions les plus rurales de France. Les autres services de mobilité (transports en commun interurbains, véhicules en libre-service) se situent globalement dans la moyenne.
La DATAR de la Région Nouvelle-Aquitaine s’est intéressée, dans une étude de juin 202518, aux distances d’accès aux transports en commun. En moyenne, près de six Néo-Aquitains sur dix (57,8 %) résident à plus de dix minutes de marche d’un arrêt de transport en commun19. Et encore le chiffre ne dit rien de la qualité de la desserte proposée, tant en termes d’horaires que de fréquence de passage des trains ou cars. L’étude ne renseigne pas davantage sur les autres formes de mobilité (covoiturage, transport solidaire…) pouvant desservir le territoire. Cette part varie de 0,3 % pour Bordeaux Métropole, jusqu’à 100 % pour les communautés de communes du Pays de Duras et celle de Côte Landes Nature. La part des personnes éloignées de plus de dix minutes d’un arrêt de transport en commun est supérieure ou égale à 80 % dans 23 EPCI de la région : ces EPCI se concentrent plus particulièrement dans les Landes, en Dordogne et dans le Lot-et-Garonne [voir carte ci-après].
Les intercommunalités rurales, en particulier celles qui ne sont pas situées dans l’aire d’influence urbaine, sont celles qui, logiquement, accusent les chiffres les plus élevés : 68,9 % de la population y vit à plus de 10 minutes à pied d’un arrêt de transport en commun, contre 56,5 % pour les intercommunalités rurales sous influence, et 21,5 % pour les intercommunalités à dominante urbaine.
Part des personnes vivant à plus de dix minutes de marche d’un arrêt de transport en commun par intercommunalité

Région Nouvelle-Aquitaine, DATAR, Ménages sans voiture et distance aux transports en commun -
Typologie des intercommunalités néo-aquitaines, La carte du mois, juin 2025.