Une forte dépendance au véhicule individuel
À l’échelle nationale, la voiture reste, en 2019, le premier mode de transport, choisie pour près de 63 % des déplacements, même si elle est un peu moins utilisée qu’en 2008 (65 %). La marche (23,7 %) et les transports en commun (9,1 %) ont légèrement progressé sur la période. La part du vélo est quant à elle restée stable, à hauteur de 2,7 %.
Si elle concerne l’ensemble des territoires, à l’exception particulière de l’Île de France, la prédominance de la voiture est néanmoins plus particulièrement marquée dans les territoires ruraux. L’automobile y reste ainsi utilisée dans près de 80 % des déplacements, à un niveau stable depuis 2008. La part de la voiture tend à diminuer au fur et à mesure de l’augmentation de la taille des agglomérations : elle ne représente par exemple plus que 66 % dans les agglomérations de 20 000 à 100 000 habitants, et 58 % dans les agglomérations de plus de 100 000 habitants. À l’inverse, la part modale de la marche est près de deux fois inférieure dans les territoires ruraux par rapport aux agglomérations de plus de 20 000 habitants. Le vélo n’y représente que 2 % des déplacements, les transports en commun 3 %. Dans les communes denses, la marche et l’usage des transports en commun sont plus fréquents.
La marche est majoritaire pour les déplacements les plus courts (jusqu’à un kilomètre), en rural comme en urbain. La voiture devient ensuite prédominante, avec toutefois une différenciation notable selon les territoires sur les trajets d’un à cinq kilomètres et, dans une moindre mesure de cinq à vingt kilomètres : la voiture est très largement majoritaire dans les communes rurales et de densité intermédiaire, moins dans les communes denses.
Près de 80 % des déplacements effectués en voiture dans les territoires peu denses
Source : Enquête mobilité des personnes 2019.
| Voiture | Marche | Transports en commun | Vélo | Autre | |
|---|---|---|---|---|---|
| Rural | 79,5 % | 12,8 % | 3,3 % | 2,2 % | 2,2 % |
| Agglo. < 20 000 hab. | 73,2 % | 18,9 % | 3,7 % | 2,9 % | 1,3 % |
| Agglo. 20 000 – 100 000 hab. | 66,1 % | 25,6 % | 5,0 % | 2,7 % | 0,7 % |
| Agglo. 100 000 – 2 millions d’hab. | 58,5 % | 26,2 % | 10 % | 3,2 % | 2,1 % |
| Agglo. parisienne | 33,3 % | 38,0 % | 24,8 % | 2,1 % | 1,7 % |
Déplacements par mode et selon la densité de la commune de résidence en 2019

Source : Aurélien BIGO, Fabien PEREZ, Les pratiques de mobilité des Français, 2024
[À partir de l’enquête nationale sur la mobilité des personnes 2019]
Cette dépendance à la voiture plus marquée dans les territoires ruraux se confirme au regard des taux d’équipement des ménages. Près d’un tiers des ménages (32,5 %) résidant dans des communes densément peuplées ne possèdent aucun véhicule, contre
seulement 7,8 % dans les communes peu denses. À l’inverse, 51,8 % des ménages ruraux disposent d’au moins deux véhicules, contre 19,9 % dans les communes denses et 37 % dans les communes de densité intermédiaire.
Un ménage rural sur deux dispose d’au moins deux véhicules

Source : Enquête mobilité des personnes 2019.
Une dépendance au véhicule individuel encore plus marquée en Nouvelle-Aquitaine
Selon une étude publiée en 2024 par la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (DREAL)5, la Nouvelle-Aquitaine est l’une des régions qui, pour les déplacements domicile-travail, utilise :
- le plus la voiture ou la moto (86 % des navetteurs, soit trois points de plus que la moyenne de province ; à l’exception de la Gironde (77 %), la part des navetteurs qui utilise la voiture varie de 87 % en Haute-Vienne à 93 % dans les Landes, le taux départemental le plus élevé de France ;
- le moins les transports en commun (5,6 % des navetteurs, contre 7,9 % en moyenne en province). Dans sept communes sur dix, moins de 1 % des navetteurs empruntent le bus ou le train. L’écart est significatif entre la Gironde (12,1 % des navetteurs) et les autres départements, plus ruraux. Ils sont par exemple 4,9 % en Haute-Vienne, 4,4 % dans la Vienne et entre 1 % et 3,5 % pour les autres départements.
Ce constat d’une dépendance encore plus marquée au véhicule individuel est confirmé par le Baromètre des mobilités du quotidien publié par Wimoov6. La troisième édition de cette enquête (2024) livre une photographie des pratiques de mobilité des Françaises et des Français, déclinée à l’échelle régionale. Elle confirme que :
- la voiture est en Nouvelle-Aquitaine (75 %) davantage qu’à l’échelle nationale (68 %) le principal mode de déplacement des répondants ;
- la part des transports collectifs (12 %) est très nettement inférieure à la moyenne nationale (21 %) ;
Modes de transports principaux en 2023

Source : Wimoov, 3ème Baromètre des mobilités du quotidien, 2024.
De nouvelles pratiques de mobilité quotidienne post COVID ?
Issues de l’enquête sur la mobilité des personnes 2019, les données présentées ne tiennent pas compte des évolutions plus récentes, liées notamment au développement de nouvelles pratiques de déplacement post-covid.
Une récente étude du CEREMA livre de premières tendances pour les aires urbaines. Il faudra toutefois attendre les résultats de la prochaine enquête nationale sur la mobilité des personnes pour apprécier dans quelle mesure ces tendances se confirment dans les territoires les plus éloignés des grands centres urbains.
Tirant les enseignements des enquêtes ménages déplacements menées par les collectivités depuis 2021, le CEREMA met en évidence un recul de près de 10 % de la mobilité dans les aires urbaines. Tous les territoires sont concernés, des centres-villes aux espaces périurbains. Cette baisse de la mobilité est principalement portée par une baisse du nombre de déplacements liés au travail, sans doute liée à la pratique du télétravail qui s’est diffusée plus largement dans certaines professions à partir de 2020. Les déplacements liés aux achats diminuent également sensiblement dans le rural périurbain, du fait entre autres du développement de l’achat en ligne, ainsi que les trajets liés aux loisirs.
Les transports en commun poursuivent leur progression en ville, au détriment de la voiture. Sur les petits trajets (moins de 10 kilomètres), les modes actifs connaissent une nette progression dans les grands centres urbains (+ 9 points par rapport à la période 2007-2013). La voiture reste en revanche prédominante pour les déplacements du quotidien supérieurs à 10 kilomètres, qui représentent une part croissante des distances parcourues.
Source : CEREMA, Mobilités du quotidien : tendances et enseignements à partir des enquêtes EMC2, novembre 2025 (lien).