Fiche n° 3Suite

Des conséquences directes sur la vie quotidienne

Aller travailler, étudier ou se former, faire ses courses, se soigner, se divertir, se rencontrer… la majeure partie des actes de la vie quotidienne implique de se déplacer. Or en Nouvelle-Aquitaine comme dans le reste du pays, environ une personne sur cinq rencontres des difficultés à se déplacer librement ou à un coût supportable. Plus d’un million de Néo-Aquitains souffriraient ainsi d’une liberté de mouvement entravée. Les zones peu denses, qui cumulent certaines contraintes (éloignement du travail, des commerces, services et équipements, vieillissement démographique, population parfois plus précaire…), sont nécessairement concernées par ce constat, qui peut aussi s’appliquer à d’autres territoires (à l’image, par exemple, de certains quartiers prioritaires de la politique de la ville qui souffrent de situations d’enclavement).

Derrière ces chiffres se cachent ainsi des situations sociales difficilement acceptables : accès entravé à la formation ou à l’emploi, difficultés d’accès aux commerces, aux services publics ou privés, ou encore aux activités sportives ou culturelles, renoncement aux soins... Ces difficultés, ces renoncements aux déplacements peuvent même conduire à de véritables situations d’exclusion sociale et d’isolement. Cette inégalité devant les possibilités de se déplacer est un catalyseur plus global d’inégalités sociales ; la précarité face à la mobilité crée et amplifie les fractures sociales, mais aussi territoriales, et fragilise un peu plus le lien social.

Concrétiser pour chacune et chacun le droit à la mobilité, reconnu par la loi d’orientation des mobilités de décembre 201924, est un défi ambitieux, mais aussi une nécessité. Façonnant l’ensemble de notre vie quotidienne, la mobilité est la porte d’entrée de nombreux droits fondamentaux, de nombreuses libertés. Penser et développer la mobilité de manière inclusive, par une approche d’abord centrée sur les besoins des populations et notamment des plus fragiles, constitue ainsi un levier plus global de lutte contre les inégalités sociales et territoriales.

Des renoncements souvent liés à l’insuffisance de l’offre de transport

Selon la troisième édition (2024) du Baromètre des mobilités du quotidien, 40 % des personnes interrogées déclarent avoir renoncé au moins une fois à un déplacement au cours des cinq dernières années. Ce taux est néanmoins sensiblement plus faible dans les zones rurales (31 %) que dans les territoires urbains (de 36 à 53 % selon la taille des unités urbaines). Une explication pourrait résider, selon les auteurs du Baromètre, dans la forte dépendance à la voiture dans les zones peu denses ; les personnes exposées seraient ainsi celles qui ne disposeraient pas de véhicule. À l’inverse, dans les espaces urbains, les populations sont plus dépendantes des transports en commun, plus susceptibles de défaillir. Parmi les personnes ayant renoncé au moins une fois, plus d’un tiers (38 %) a renoncé plus régulièrement à un déplacement, et rencontre donc des difficultés persistantes à se déplacer.

Parmi les six principales raisons d’empêchement, quatre d’entre elles sont directement liées aux transports : absence de solutions de transport, temps de déplacement trop long, frais de déplacement trop élevés, complexité des transports. Les deux autres grandes raisons invoquées tiennent à l’éloignement de la destination et aux problèmes de santé.

Quelles sont les deux principales raisons qui vous ont empêché de faire ces déplacements ?

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Les déplacements les plus affectés sont les visites à un proche, les activités sportives et de loisirs et les rendez-vous médicaux, ainsi que, dans une moindre mesure, les déplacements liés à la recherche d’un emploi.

De manière générale, ce sont les populations les plus fragilisées qui déclarent le plus de renoncements, témoignant de la forte dimension socio-économique des mobilités. Selon le Baromètre, « les renoncements à la visite d’un·e proche, d’un rendez-vous médical et d’un emploi sont principalement le fait des personnes vulnérables d’un point de vue socio-économique : jeunes, demandeurs d’emplois, personnes au foyer, personnes n’ayant pas le permis de conduire, foyers aux faibles revenus… Les demandeurs d’emploi, les jeunes et les personnes n’ayant pas le permis de conduire apparaissent comme les profils les plus « renonceurs », en particulier les demandeurs d’emploi qui cumulent les vulnérabilités. Par ailleurs, les 18-34 ans sont plus particulièrement concernés par les renoncements aux activités culturelles et sportives.

Source : Wimoov, Baromètre des mobilités du quotidien (3e édition, 2024) - Lien