Fiche n° 10Suite

Garantir les ressources nécessaires au développement de services de mobilité en zones peu denses

Des ressources propres inadaptées pour un financement pérenne des services de mobilité

Réinvestir les transports collectifs, développer des services de maillage fin… autant de leviers à mobiliser pour répondre aux besoins de mobilité de populations rurales parfois éloignées des solutions de transport et véritablement accélérer la décarbonation des mobilités. Cette amélioration des transports du quotidien ne sera toutefois possible sans refonte du modèle de financement des mobilités.

Á l’échelle régionale

Jusqu’à il y a peu, les Régions ne disposaient d’aucune ressource spécifique pour l’exercice de leurs compétence « mobilité » ; les nouvelles responsabilités confiées aux Régions (cheffes de file des mobilités et de l’intermodalité, AOM locales par substitution…) ne s’étaient par ailleurs accompagnées d’aucune ressource nouvelle. La situation a certes récemment évolué : saisissant la possibilité offerte par la loi de finances pour 2025, la Région Nouvelle-Aquitaine a décidé de mobiliser une nouvelle recette fiscale, le Versement Mobilité Régional et Rural (VMRR), assis sur la masse salariale des employeurs publics et privés de plus de onze salariés122. Le produit attendu, 62 millions d’euros pour 2026, doit toutefois être rapporté aux 1,1 milliards d’euros de budget consacré aux mobilités régionales. Le VMRR participera de manière non négligeable au financement des services de mobilité relevant des compétences régionales. Mais d’autres ressources doivent être mobilisés pour répondre aux enjeux de développement massif des transports régionaux tant en termes de réseaux structurants (TER, cars) que de maillage local dans les territoires peu denses où les besoins sont importants.

Le financement des transports régionaux continue en effet à reposer, pour l’essentiel, sur un budget régional de plus en plus contraint, en particulier ces dernières années où les collectivités ont été appelées à participer aux efforts de redressement des finances publiques. L’élaboration de la convention TER 2024-2030 avait ainsi déjà mis en lumière les difficultés à renforcer, dans le cadre budgétaire régional, l’offre TER de manière substantielle, alors même que celle-ci rencontre un succès croissant.

De même, le développement de services de mobilité dans les territoires où la Région est devenue AOM locale se heurte aux contraintes budgétaires : la Région a ainsi posé le principe d’un cofinancement à hauteur de 50 %123 des coûts de fonctionnement des services, avec une enveloppe régionale maximale de quatre euros par habitant. Les ressources sont donc limitées : la mise en place d’un transport à la demande peut ainsi consommer, à elle seule, l’enveloppe budgétaire. Ces limitations risquent ainsi de conduire au déploiement d’une politique de mobilité centrée autour d’un ou deux services, là où une réponse efficace supposerait la mise en place d’un panel diversifié de solutions.

Le financement de la modernisation du réseau ferroviaire

La remise à niveau et la modernisation du réseau ferroviaire, et notamment des lignes de desserte fine du territoire que des décennies de sous-investissement de l’État ont fragilisé, est un préalable incontournable au développement d’une offre TER attractive et performante. Au-delà de la performance même du réseau, l’enjeu est aussi celui de son adaptation au changement climatique : dans un avis adopté en janvier 2026124, le Conseil Économique, Social et Environnemental (CESE) souligne ainsi la vulnérabilité des infrastructures face aux effets du changement climatique (vagues de chaleur, inondations, glissements de terrain…). Investir dans l’adaptation des infrastructures pour diminuer leurs contributions aux émissions de gaz à effet de serre (objectif d’atténuation) et améliorer leur résistance et résilience au changement climatique (objectif d’adaptation) doit donc être une priorité.

Jusqu’alors, les Régions étaient sollicitées dans le cadre des Contrats de plan État-Région (CPER) pour financer une part importante des investissements ferroviaires, et notamment la régénération des lignes de desserte fine du territoire. Lors de

l’adoption de son budget pour 2026, la Région Nouvelle-Aquitaine a décidé de ne plus se substituer à l’État, avec toutefois le risque, souligné par le CESER, de fermetures de lignes si des travaux d’urgence n’étaient pas effectués.

Pour le CESER, l’État doit exercer pleinement ses responsabilités de propriétaire de l’infrastructure ferroviaire, en donnant à SNCF Réseau les moyens nécessaires à sa régénération, à sa modernisation et à son développement. Des financements massifs sont nécessaires, que le système actuel de financement ne permet pas d’assurer. Les suites que donnera l’État à la conférence nationale Ambition France Transports sont donc particulièrement attendues, tant en termes de programmation des investissements que d’identification des ressources pérennes à mobiliser pour assurer la rénovation du réseau, et en particulier des lignes de desserte fine. Des pistes de financement ont été évoquées lors de la conférence, comme le fléchage de l’excédent de recettes des péages que permettra la fin d’une partie des concessions autoroutières.

À l’échelle locale

La mise en place d’un panel de solutions de mobilité susceptible de proposer une alternative attractive au « tout voiture » a un coût que les territoires peu denses ne peuvent pas toujours supporter. Les services de mobilité locale adaptés à la desserte des espaces ruraux sont certes moins coûteux que les traditionnels services réguliers de voyageurs, mais ne peuvent pas pour autant être mis en place sans aucun soutien financier.

La loi d’orientation des mobilités (LOM) a apporté une première réponse. En étendant le périmètre des AOM à l’ensemble du territoire, la loi a du même coup étendu la possibilité de prélever le Versement Mobilité (VM) à des collectivités qui ne pouvaient jusqu’alors y recourir. Les communautés de communes devenus Autorités organisatrices de la mobilité locale ont ainsi désormais la possibilité de lever le Versement mobilité. Celui-ci a pour avantage de constituer une source de financement durable pour les collectivités, leur permettant de sortir, au moins pour partie, de la logique des appels à projets ponctuels.

Le Versement Mobilité

Le Versement Mobilité est une recette fiscale affectée aux autorités organisatrices de la mobilité locale (hors Région) pour financer les dépenses d’investissement et de fonctionnement des services de mobilité.

Il est assis sur la masse salariale des employeurs publics et privés d’au moins onze salariés qui se situent dans le ressort territorial de l’AOM.

Son taux est fixé par l’AOM, dans la limite des plafonds fixés par la loi (en fonction de la population.

S’il constitue une ressource incontournable pour les AOM urbaines, le Versement Mobilité n’est en revanche pas totalement adapté aux territoires peu denses, pour au moins deux raisons :

  • son instauration est d’abord conditionnée à l’organisation d’un service régulier de transport public de personne, service qui n’est pas, le plus souvent, adapté à la desserte des zones peu denses ; une évolution législative serait souhaitable pour lever ce frein, et ainsi permettre aux AOM qui organisent des services de mobilité, à l’image du transport à la demande, de pouvoir se doter de cet outil fiscal ;
  • les recettes nouvelles peuvent en outre rester modestes dans des territoires ruraux dont le tissus d’entreprises et d’établissements publics de plus de onze salariés est loin d’être toujours dense. Des dispositifs de péréquation pourraient être envisagés pour compenser en partie les inégalités entre les territoires bien pourvus et ceux qui le seraient moins.

Les EPCI devenus AOM locales pourront par ailleurs bénéficier, à partir de 2026, de la mise en place du Versement Mobilité Régional et Rural. En application des dispositions législatives, la Région reversera 10 % du produit du VMRR aux AOM locales, au prorata de la population des EPCI, et conservera la partie correspondant aux communautés de communes où elle est AOM locale par substitution. Ce dispositif constitue un début intéressant de péréquation fiscale au profit de la mobilité dans les territoires ruraux, même s’il aurait peut-être été plus judicieux, dans cette perspective, de s’appuyer sur le potentiel financier des EPCI plutôt que sur leur population.

Au-delà des collectivités, les associations, qui portent dans les territoires de nombreuses initiatives de mobilité solidaire, voient elles aussi leur financement fragilisé. Les contraintes budgétaires conduisent en effet leurs financeurs publics à réduire leur soutien. Or sans ce soutien pérenne, qui représente un coût pour la collectivité souvent moins élevé qu’une intervention directe (transport à la demande par exemple), de nombreuses associations sont déjà ou seront contraintes de réduire, voire d’abandonner leur activité, à destination des plus vulnérables.

La nécessité d’un nouveau modèle de financement des mobilités

Devant les limites du système actuel de financement des mobilités régionales et locales, une refonte plus profonde du modèle économique des AOM régionales et locales semble nécessaire. La mise en œuvre d’une politique de mobilité ambitieuse, à l’échelle régionale comme locale, suppose la création et l’attribution aux collectivités compétentes de ressources pérennes à la hauteur des enjeux et des besoins. Plusieurs pistes peuvent être explorées dans cette perspective :

  • l’augmentation des concours financiers de l’État aux régions, à travers par exemple l’attribution de fractions supplémentaires de TVA : les régions doivent en effet pouvoir disposer des ressources suffisantes pour exercer leurs compétences « mobilité » et ainsi véritablement répondre aux besoins de déplacement des populations tout en préparant l’avenir (décarbonation des mobilités) ;
  • la réorientation des ressources liées aux modes de transport les plus émetteurs de gaz à effet de serre vers le développement de modes moins émetteurs125. Cette proposition permettrait de dégager des ressources nécessaires au financement des mobilités, en cohérence avec les objectifs de décarbonation des mobilités. À plus long terme toutefois, il pourrait être nécessaire, pour pérenniser les ressources régionales, de faire progressivement évoluer les recettes carbonées, appelées à diminuer, vers des recettes décarbonées ;
  • la diversification des ressources des AOM régionales et locales, à travers la recherche d’un financement plus équilibré en termes de prélèvement sur les différentes catégories de contribuables126 ;
  • l’imposition des plus-values foncières induites par le développement des infrastructures de transport, par exemple sur le périmètre des services express régionaux métropolitains (SERM).

L’attribution de recettes pérennes a aussi pour avantage de permettre de sortir pour partie de la logique d’appels à projet ou de financement via le fonds vert, souvent limité à des projets spécifiques sans vision globale ni actions d’ensemble. S’ils permettent l’émergence de projets, ils ne sont pas pérennes et ne permettent pas le financement d’actions dans la durée. IIs constituent également un facteur supplémentaire d’inégalités territoriales, les territoires qui disposent d’une ingénierie appropriée étant mieux armés pour y répondre.

La nécessité d’un accompagnement des territoires

L’accompagnement financier des territoires

De nombreuses aides visent à accompagner les collectivités et leurs partenaires dans leurs projets de mobilité127. Différents dispositifs de financement sont disponibles, parmi lesquels :

  • une palette d’aides proposées par l’État : fonds vert, programme Petites villes de demain, différentes dotations d’investissement (dont la dotation de soutien à l’investissement local)… L’effort de redressement des finances publiques a conduit l’État à réduire significativement certaines de ses aides : le fonds vert a par exemple connu une réduction de moitié de son enveloppe entre 2024 et 2025. La transition écologique doit, pour le CESER, rester un engagement fort de l’État pour ne pas obérer l’avenir ; maintenir un niveau substantiel de soutien aux projets locaux de mobilité en est l’une des conditions ;
  • les aides apportées par certaines collectivités territoriales aux communes et à leurs groupements pour financer certains projets de mobilité ;
  • les programmes certificats d’économie d’énergie (CEE)128, qui participent au financement de différents programmes : c’est par exemple le cas du programme Avélo dont l’objectif est de faire du vélo un réel moyen de transport dans les déplacements du quotidien ;
  • les offres de financement de la Banque des territoires : outre le soutien financier à l’ingénierie des AOM, en lien notamment avec les programmes nationaux (comme Action Cœur de Ville, Petites Villes de Demain ou Territoires d’industrie), la Banque des territoires peut participer, par le biais de prêts, au financement des investissements des collectivités ;
  • de nombreux appels à projets et à manifestation d’intérêt.

Le Fonds vert « Mobilité »

Institué en 2023, le Fonds vert soutient les projets des territoires pour accélérer leur transition écologique. Collectivités territoriales, associations et entreprises éligibles peuvent bénéficier de financements pour trois types d’actions : le renforcement de la performance environnementale dans les territoires, l’adaptation au changement climatique des territoires et l’amélioration du cadre de vie des citoyens.

Dans son édition 2025, le fonds vert comporte plusieurs mesures dédiées à la mobilité :

  • mesure « Mobilités rurales », pour accompagner le développement des mobilités en zones rurales dans le déploiement d’une stratégie mobilité et d’une offre de mobilité durable, innovante et solidaire. 30 dossiers ont été acceptés en 2024 au profit d’AOM rurales de Nouvelle-Aquitaine, avec des projets de nature très diverse : aire de service, usage du vélo, mobilités solidaires…
  • mesure « Covoiturage », pour soutenir les principales mesures du plan covoiturage, en particulier les lignes, les voies réservées et les aires de covoiturage. 22 dossiers ont été acceptés en 2024 dans la région, pour un montant d’1,04 millions d’euros concentré plus particulièrement sur les campagnes d’incitations financières et l’aménagement d’aires ou de parkings de covoiturage ;
  • mesure « Aménagements cyclables », pour aider les collectivités à se doter d’aménagements cyclables sécurisés et continus, afin d’encourager et de répondre aux besoins de la population en matière de mobilités actives ;
  • mesure « ZFE », pour accompagner le déploiement des zones à faibles émissions et tenant compte des enjeux d’acceptabilité politique, sociale et économique.

Source : France Mobilités Nouvelle-Aquitaine [audition du 11 avril 2025].

Face à la grande diversité des aides susceptibles d’être mobilisées pour financer des projets ou actions de mobilité dans les territoires, France Mobilités et Aides-territoires proposent un portail des dispositifs d’aides pour les projets, expérimen-

tations et innovations dans les mobilités129. L’objectif est de faciliter la recherche d’aides pour les collectivités territoriales en rendant visibles et accessibles tous les dispositifs financiers couvrant le champ de la mobilité auxquels elles peuvent prétendre.

L’accompagnement technique des territoires

La mise en place de services de mobilité nécessite le recours à une ingénierie dont tous les territoires ne disposent pas toujours. Réaliser un diagnostic mobilité, identifier et mettre en œuvre les solutions techniques appropriées ou encore monter les dossiers pour obtenir des financements n’est, dans les territoires peu denses, pas à la portée de toutes les collectivités : « la capacité des territoires peu denses à déployer des solutions de mobilité est liée au capital humain et à l’expertise dont ils disposent. Mettre en place une offre nouvelle sur un territoire demande de s’appuyer sur des personnes formées aux enjeux de mobilité. Or, dans de nombreuses communautés de communes, l’absence de professionnels dédiés pose des difficultés d’aide à la décision, notamment sur des questions de faisabilité juridique, technique et financière »130.

Facteur clé de réussite des projets dans la durée, la présence d’un ou d’une chargé·e de mission « mobilité » dans certains EPCI apporte une première réponse au besoin d’ingénierie dans les territoires : « en dehors des opérations de montage des projets ou de lancement des opérations, la présence d’un agent dans la durée permet de suivre, d’évaluer et de faire évoluer le projet, mais aussi d’assurer sa promotion, son animation locale ou le lien avec l’ensemble des acteurs et des parties prenantes,

y compris en transversalité au sein de la collectivité »131. La présence d’une ingénierie locale n’est pas seulement utile aux intercommunalités AOM ; elle l’est aussi pour les EPCI qui ont laissé la compétence d’AOM locale à la Région, celle-ci ayant fait le choix, en Nouvelle-Aquitaine, de leur déléguer l’animation des services au quotidien, au plus près des besoins.

La Région Nouvelle-Aquitaine s’est dotée d’outils permettant d’apporter un soutien aux territoires en termes d’ingénierie : les territoires en situation de vulnérabilité intermédiaire ou forte peuvent ainsi bénéficier, dans le cadre des contrats de territoire, d’un soutien régional à l’ingénierie thématique. Les mobilités font partie des thématiques prioritaires sur lesquelles la Région peut accompagner, dans le cadre de la stratégie et des actions identifiées dans le contrat, le financement de postes de chargé·es de mission dans les territoires vulnérables. Par ailleurs, la Région apporte également un accompagnement technique aux territoires dans le cadre des contrats opérationnels de mobilité, par exemple pour réaliser des études de mobilité locale. S’ils apportent une première réponse aux besoins des territoires, ces dispositifs gagneraient toutefois à être approfondis pour favoriser, dans un cadre articulant les contrats de territoire et les contrats opérationnels de mobilité, la structuration d’une ingénierie locale permettant un portage technique efficace des projets et actions de mobilité.

Initiative régionale

Des outils proposés par Nouvelle-Aquitaine Mobilités (NAM)

Syndicat mixte de transports créé en 2018, Nouvelle-Aquitaine Mobilités (NAM) rassemble, en juillet 2025, 38 membres, dont la Région, les AOM urbaines de la région, mais aussi 7 communautés de communes ayant opté pour la compétence « mobilité ». Nouvelle-Aquitaine Mobilités a pour rôle de développer, faciliter et promouvoir l’usage des transports en commun et l’intermodalité sur le périmètre de la région. NAM développe des services mutualisés pour l’information voyageur ou encore la billettique, réalise des études multimodales … (voir fiche n° 11).

Afin de faciliter l’organisation de services de mobilité locale, le syndicat de transport Nouvelle-Aquitaine Mobilités propose également différents outils déployables sur les territoires, dont :

  • une plateforme de covoiturage du quotidien, Covoit Modalis, qui permet de rechercher et proposer des trajets de covoiturages courtes et moyennes distances (trajets domicile-travail par exemple) ; par sa centrale d’achats, NAM propose par ailleurs un marché d’animation et de matériels de covoiturage ;
  • une solution numérique d’exploitation et de réservation conçue pour le transport à la demande (dans le cadre de sa centrale d’achat). La solution inclut notamment un système de réservation, les interfaces nécessaires à l’exploitation du service, dont un planificateur automatique des services conducteurs, un système d’optimisation des itinéraires et de la flotte…

Source : site internet de Nouvelle-Aquitaine Mobilités (https://nouvelle-aquitaine-mobilites.fr).

Le recours ponctuel à une ingénierie extérieure peut par ailleurs s’avérer nécessaire pour le montage de certains projets ou actions plus techniques. L’État propose, dans ses cellules régionales France Mobilités, une porte d’entrée unique à l’expertise de ses services et établissements qui interviennent dans le champ des mobilités.

France Mobilités : un accompagnement en ingénierie auprès des territoires peu denses

Les cellules régionales d’appui sont des dispositifs mis en place depuis 2019 dans le cadre du programme France Mobilités pour accompagner le déploiement de services de mobilité dans les territoires peu denses.

Réunissant cinq partenaires (ADEME, ANCT, Banque des territoires, CEREMA Sud-Ouest et DREAL Nouvelle-Aquitaine), la cellule France Mobilités Nouvelle-Aquitaine propose une offre de services organisée autour de trois principales missions :

  • conseiller, soutenir et accompagner les collectivités sous l’angle technique, administratif et financier. La cellule régionale met son expertise et ses ressources à disposition des territoires pour favoriser l’émergence des projets durables et innovants au sein des territoires peu denses ;
  • permettre le partage des données et le retour d’expériences pour constituer une base de ressources utiles à l’ensemble du territoire et l’essaimage de bonnes pratiques entre régions ;
  • contribuer à l’animation de l’écosystème des acteurs régionaux de la mobilité dans les territoires peu denses. L’objectif est de favoriser la mise en relation et le partage d’expérience à l’échelle régionale.

La cellule propose son offre à destination de tous les acteurs et opérateurs de la mobilité, dont :

  • les collectivités (EPCI, PNR, PETR, syndicats…) qui souhaitent un appui pour développer un projet, AOM ou non ;
  • les entreprises ou associations qui développent des solutions à destination des collectivités.

Source : France Mobilités Nouvelle-Aquitaine [audition du 11 avril 2025].

Cette démarche pourrait être prolongée, à l’initiative de la Région, cheffe de file des mobilités et de l’intermodalité, pour constituer un réseau élargi d’ingénierie technique et financière dédiée à la mobilité locale. L’objectif serait ainsi de proposer, à l’échelle régionale, une offre globale et coordonnée d’ingénierie, facilement accessible, que les collectivités pourraient solliciter pour leurs différents projets liés aux mobilités. Pourraient y être associés les partenaires de la cellule régionale de France Mobilités pour l’État, les services de la Région (au titre de ses différentes compétences mobilité) et des Départements (sur le volet solidarités et infrastructures routières notamment), ainsi que d’autres acteurs susceptibles d’apporter une expertise sur des sujets plus spécifiques. Ce réseau pourrait aussi favoriser la mise en relation des acteurs et le partage d’expériences et de bonnes pratiques. Parmi les actions possibles : la valorisation et l’enrichissement du centre de ressources de France Mobilités, l’animation de Clubs « Mobilité » réunissant régulièrement élus et techniciens autour de différentes thématiques liées à la mobilité locale…

Préconisation du CESER
CLÉS DE RÉUSSITE

Lever les freins au développement des services de mobilité en zones peu denses

11. Renforcer la gouvernance de la mobilité locale

ÉTAT

Rapprocher la gouvernance des mobilités, en rouvrant la possibilité de devenir AOM locale aux communautés de communes n’ayant pas fait ce choix en 2020-2021. Subordonnée à une évolution législative, cette prise de compétence devra toutefois être accompagnée par un accès à une ingénierie renforcée et à des ressources suffisantes.

RÉGION

Renforcer le rôle de la Région, cheffe de file de la mobilité et de l’intermodalité, dans la coordination de l’ensemble des acteurs de la mobilité (publics, privés, associatifs). Les Contrats opérationnels de mobilité (COM)doivent être pleinement mobilisés pour améliorer la coordination des acteurs, développer l’intermodalité132 et favoriser le développement d’une offre de mobilité locale :

approfondir, dans la durée, l’appropriation des contrats opérationnels de mobilité pour en faire émerger de véritables stratégies partagées de mobilité, assises sur des enjeux clairement identifiés et des priorités définies.

EPCI

Prendre en compte l’inter-territorialité dans la construction des politiques de mobilité locales et ainsi limiter les « effets frontières » :

  • renforcer le dialogue, la coordination et les coopérations avec les territoires voisins (et le cas échéant avec les Régions et/ou Départements limitrophes) ;
  • interroger la pertinence de construire les politiques de mobilité à l’échelle plus large du bassin de mobilité, espace des mobilités du quotidien :

encourager la création de syndicats mixtes assurant, au nom des communautés de communes qui le constituent, le rôle d’autorité organisatrice de la mobilité locale.

12. Garantir les ressources nécessaires au développement de services de mobilité en zones peu denses

ÉTAT

Garantir le financement par l’État de la remise à niveau et de la modernisation du réseau ferroviaire, et en particulier les lignes de desserte fine du territoire, à travers :

  • la programmation des investissements à réaliser ;
  • l’identification des ressources pérennes pour assurer la rénovation du réseau.

Mobiliser plus efficacement les ressources dédiées au financement des mobilités :

  • ÉTAT Favoriser l’utilisation du Versement Mobilité par les AOM locales en en élargissant les conditions de mise en œuvre au-delà des seuls services réguliers de transport, et instituer un dispositif de péréquation permettant de corriger les inégalités entre territoires ;
  • RÉGION Flécher une part substantielle du produit du Versement Mobilité Régional et Rural au profit du financement des services de mobilité locale organisés par la Région.
ÉTAT

Revoir en profondeur le modèle économique des AOM régionales et locales afin de leur assurer des ressources pérennes et à la hauteur des enjeux identifiés. Parmi les pistes de réflexion à explorer :

  • l’augmentation des concours financiers de l’État aux Régions, à travers par exemple l’attribution de fractions supplémentaires de TVA ;
  • la réorientation de recettes carbonées vers le financement des modes de transport moins émetteurs ;
  • la diversification des recettes des AOM locales, en recherchant un financement plus équilibré entre les différentes catégories de contribuables ;
  • l’imposition des plus-values foncières induites par le développement des infrastructures de transport.
ÉTAT

Maintenir, dans la durée, un niveau substantiel de financement des projets locaux de mobilité pour conserver un réel effet levier et donner de la lisibilité aux dispositifs nationaux.

COLLECTIVITÉS

Inscrire dans la durée le soutien aux services de mobilité solidaire portés par les associations à destination des plus vulnérables, en sortant de la logique d’appels à projets.

13. Renforcer l’accompagnement des territoires peu denses dans le montage des projets et l’animation au quotidien des services de mobilité

RÉGION

Renforcer l’accompagnement régional des territoires peu denses :

  • en favorisant dans les territoires peu denses la structuration d’une ingénierie locale, permettant un portage efficace des projets et actions de mobilité ;
  • en recherchant la meilleure articulation possible entre contrats opérationnels de mobilité et les contrats de territoires, plus transversaux.
RÉGION

Constituer un réseau élargi d’ingénierie technique et financière associant la cellule France Mobilités Nouvelle-Aquitaine, la Région, les Départements… Ce réseau aurait notamment pour objectifs de :

  • proposer une offre globale et coordonnée d’ingénierie facilement accessible aux collectivités souhaitant construire des projets de mobilité ;
  • favoriser la mise en relation des acteurs et le partage d’expériences et de bonnes pratiques.