Fiche n° 4Suite

Des enjeux de transition énergétique et environnementale

Le transport, premier secteur émetteur de gaz à effet de serre

Les transports sont soumis à une double contrainte carbone, liée d’une part à la dépendance à des énergies fossiles amenées à se raréfier et d’autre part aux émissions des gaz à effet de serre qui alimentent le changement climatique. Le transport est ainsi devenu le premier secteur émetteur de gaz à effet de serre (GES). Il est à lui seul responsable de plus du tiers des émissions (34 %)48. La part des transports dans les émissions de gaz à effet de serre est encore plus marquée en Nouvelle-Aquitaine : ils représentent 44 % des émissions régionales49.

Alors que les émissions de l’ensemble des autres secteurs diminuaient de 41 % entre 1990 et 2023, celles des transports progressaient légèrement (+2,8 %). Après le pic observé en 2004, les émissions liées aux transports tendent toutefois à diminuer (-0,8 % en moyenne par an entre 2004 et 2023).

Le transport routier est responsable de 94 % des émissions du secteur, dont plus de la moitié (53 %) proviennent des voitures particulières. Les émissions de CO2 par kilomètre parcouru des véhicules particuliers ont certes diminué de 24 % entre 1990 et 2023, grâce à l’amélioration de l’efficacité énergétique des moteurs thermiques et à l’émergence des véhicules hybrides et électriques. Mais ces progrès sont contrebalancés par la hausse de la circulation. « En outre, l’effet de la réduction des émissions unitaires des voitures particulières est freiné par le vieillissement du parc automobile, l’augmentation du poids et de la puissance des voitures particulières et la recomposition du parc en faveur de la motorisation essence, plus émissive en CO2 »50.

Émissions de gaz à effet de serre par mode de transport

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Source : Ministères de l’aménagement du territoire et de la transition écologique, Chiffres clés des transports –

Édition 2025, Datalab, mars 2025.

Si une décroissance des émissions de GES liées au transport s’est amorcée, bien plus lente que celles des autres secteurs, beaucoup reste à faire pour atteindre l’objectif que s’est fixé la France, en lien avec ses engagements internationaux et européens, d’atteindre la neutralité carbone dès 2050.

Les transports dans la stratégie nationale bas carbone

Feuille de route pour lutter contre le changement climatique, la stratégie nationale bas carbone (SNBC) définit, dans ses premières orientations, une trajectoire de réduction des émissions de GES pour atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050. Un objectif intermédiaire est fixé : réduire, à l’horizon 2030, de 50 % les émissions brutes par rapport à leur niveau de 1990. Pour tenir ces objectifs, la France devra désormais baisser ses émissions de gaz à effet de serre de 5 % chaque année entre 2022 et 2030, contre 2 % de réduction annuelle en moyenne de 2017 à 2022. Cette accélération impose des transformations dans tous les secteurs émetteurs de GES.

Pour les transports, la SNBC définit, dans sa troisième version, une réduction de 31 % des émissions à l’horizon 2030 par rapport à leur niveau de 2022 (soit un effort de -27 % par rapport au niveau de 1990), impliquant une très nette accélération du rythme de décarbonation des mobilités.

Réduire les émissions du secteur des transports nécessite d’agir sur l’ensemble des leviers : maîtrise de la demande, report modal, augmentation du taux d’occupation pour le transport de voyageurs, amélioration de la performance énergétique des moyens de transport, progression de la part de véhicules électriques produits en France et électrification des moyens de transport / utilisation d’énergies décarbonées telles les agrocarburants.

Des territoires peu denses surreprésentés dans les émissions liées aux transports

Du fait de l’utilisation très développée de la voiture, sur des distances relativement plus importantes, les territoires ruraux sont surreprésentés dans les émissions de gaz à effet de serre liées au transport. Selon l’enquête nationale sur la mobilité des personnes, les habitants des communes rurales concentrent, à l’échelle nationale, 42 % des émissions directes de gaz à effet de serre des déplacements, soit une part supérieure à leur poids dans la population (33 %). L’enjeu se situe plus précisément sur les déplacements de moins de 100 kilomètres, quasi-exclusivement effectués en voiture, qui concentrent près des trois-quarts de leurs émissions directes.

Les habitants des communes densément peuplées concentrent quant à eux 31 % des émissions directes de gaz à effet de serre, soit une part moins importante que leur poids dans la population (38 %). Leurs émissions pour les déplacements du quotidien sont moindres, malgré des déplacements longue distance – principalement en avion – plus nombreux et plus longs.

Émissions de GES selon la densité de la commune de résidence

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Source : Enquête nationale sur la mobilité des personnes, 2019.

Source : Aurélien BIGO, Fabien PEREZ, Les pratiques de mobilité des Français, 2024

[À partir de l’enquête nationale sur la mobilité des personnes 2019].

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