Fiche n° 7

Les mobilités actives : un potentiel à explorer dans les territoires ruraux

En résumé

Avec 40 % des déplacements de moins de cinq kilomètres, les territoires peu denses présentent un réel potentiel de développement des mobilités actives (marche, vélo…). Pas ou peu émetteurs de gaz à effet de serre et de pollutions, ouverts au plus grand nombre, favorables à la santé, participant à la vitalité des centres-bourgs … leurs avantages ne manquent pas.

Rarement considérée comme un mode de transport à part entière, la marche à pied doit être considérée comme une composante effective des politiques locales de mobilité. L’aménagement urbain doit ainsi être pensé pour renforcer le potentiel piétonnier des bourgs ruraux, à travers notamment des cheminements piétons offrant sécurité, confort et attrait pour tous leurs utilisateurs et utilisatrices.

Le vélo a également toute sa place dans les mobilités de proximité dans les zones peu denses. Développer la pratique cycliste dans les déplacements du quotidien suppose de promouvoir un « système vélo », articulant, outre les actions de communication et d’animation :

  • la mise en place d’un réseau cyclable adapté, garantissant en premier lieu la sécurité des cyclistes, et attractif ;
  • le déploiement d’un écosystème de services autour du vélo, répondant aux besoins des cyclistes.

Le développement des modes actifs invite, de manière plus globale, à une réflexion sur le partage de l’espace public et la cohabitation entre les différents usagers et modes de transport.

Marqués par un usage plus important qu’ailleurs de l’automobile, les territoires peu denses n’apparaissent pas, de prime abord, favorables au développement des mobilités actives (marche à pied, vélo, trottinette…) : les distances du quotidien y sont en moyenne plus importantes que dans les territoires les plus denses, l’emploi, les commerces et services plus éloignés…

Les territoires ruraux n’en restent pourtant pas moins des espaces propices aux mobilités actives. Si les configurations sont très différentes selon les territoires, il existe un réel potentiel de développement des modes actifs dans les espaces peu denses : 13 % des déplacements font moins d’un kilomètre, 27,6 % entre un et cinq kilomètres, des distances où les modes actifs peuvent constituer de réelles alternatives à l’automobile. La marche à pied a ainsi toute sa place pour les trajets les plus courts (jusqu’à un à deux kilomètres), le vélo pour

des déplacements jusqu’à cinq kilomètres, voire davantage pour les vélos à assistance électrique. Sur des plus longues distances, ils doivent se penser en complémentarité avec d’autres modes de transport.

Les modes actifs présentent des avantages indéniables : pas ou peu émetteurs de gaz à effet de serre81 et de polluants, ils sont aussi des modes de déplacements inclusifs : à l’exception de personnes à mobilité réduite ou des plus âgé·es, ils sont accessibles à toutes et tous gratuitement ou à coût relativement faible par rapport à l’automobile. Mobilisant la force musculaire, ils participent aussi à l’activité physique quotidienne et à ses effets positifs sur la santé. Différents travaux ont enfin montré que la marche à pied et le vélo sont favorables à la vitalité des commerces, au lien social dans les centres-bourgs en zone rurale, participant à leur attractivité.