Le Rurabus

Le territoire
La Communauté de Communes Val de Charente regroupe 32 communes très rurales, situées au nord de la Charente et en interaction avec les départements limitrophes. Ces communes sont classées en Zones Frances ruralités revitalisation (ZFRR).
Le territoire est diagnostiqué en situation de précarité économique, sociale et éducative, avec une population de 13 776 habitants. 38,9 % de la population a plus de 60 ans (contre 35,2 % en 2012). L’évolution de la population par tranche d’âge est sans appel : les catégories de moins de 44 ans diminuent tandis que les catégories de plus de 60 ans augmentent. Ainsi, le vieillissement massif de la population va continuer à s’accentuer pour atteindre plus de 42 % de la population du Ruffécois en 2030. Avec une baisse de la natalité et une augmentation de la part des seniors dans la pyramide des âges, le territoire cumule deux dynamiques orientées vers un vieillissement global.
Moins d’habitants, une densité plus faible, davantage de personnes seules, une vaste étendue géographique et des problématiques de mobilité avérées : la question historique du lien social et de l’accès aux services est plus que jamais posée.
Avec 37,2 % de foyers imposables en 2019, contre 39,3 % en 2016 et 42,9 % en 2012, la communauté de communes poursuit sa précarisation. Ce taux reste très inférieur à la moyenne charentaise (44,6 % en 2020 selon l’INSEE). Dans la communauté de communes, le salaire horaire moyen est inférieur de 1,27 € à celui de la Charente. Les allocataires représentent 14 % de la population (contre 9 % en Charente) et la population couverte atteint 37,52 % (contre 23 % en Charente). Cette
tendance met en évidence la fragilité des familles et du territoire. Enfin, le taux de pauvreté est en hausse et atteint 19,6 % au sein de la communauté de communes, contre 14,6 % en Charente. Le taux de chômage s’élève à 16,3 %, soit une augmentation de 4,9 % depuis 2007.
Politique locale de mobilité
La Communauté de Communes Val de Charente n’a pas pris la compétence mobilité. Celle-ci est exercée dans le cadre d’un contrat de mobilité conclu avec la Région, à l’échelle du Ruffécois, territoire partagé avec la Communauté de Communes Cœur de Charente. Le Pays du Ruffécois (PETR) porte la démarche de construction et de coordination du contrat de mobilité en lien avec les deux EPCI.
L’offre de transport public est très limitée sur le territoire et se concentre essentiellement sur l’axe Angoulême–Poitiers. Des initiatives existent néanmoins. Elles sont majoritairement associatives et solidaires :
- auto-école solidaire, prêt de véhicules et projet de garage solidaire portés par Emmaüs ;
- service de soutien à la mobilité Rurabus porté par La Chrysalide.
L’initiative et son impact
Le Rurabus est un service de soutien collectif à la mobilité permettant un accès à des besoins vitaux (alimentation/soins). Ce service est en outre connecté à un réseau de lutte contre l’isolement pour les personnes âgées les plus isolées du territoire (Réseau de confiance). Si le Rurabus est très utilisé par des populations seniors isolées et en totale rupture de mobilité, notamment pour l’alimentaire et de l’accès aux soins, ce service reste ouvert à tous les publics.
L’impact sur le territoire
La population de plus 60 ans représente 39 % de la population de ce large territoire très rural de 32 communes classées ZFRR. L’amélioration des conditions de vie des personnes âgées en milieu rural par le maintien à domicile en bonne santé grâce à un accès à la mobilité est un besoin majeur auquel répond le Rurabus mais celui-ci accompagne également des familles, de jeunes adultes ou des demandeurs d’emplois et des RSA.
Le Rurabus existe depuis 32 ans, en développement constant. En 2024, le véhicule a parcouru
plus de 23 000 kilomètres. Le nombre de voyages par jour n’a jamais été aussi élevé avec plus de 23 personnes par jour en moyenne. Avec 11 158 transports entre 2022 et 2024 le Rurabus est saturé et ne peut plus répondre à la demande.Très attendu par ses usagers, le Rurabus est aussi un outil de convivialité, de lien humain et de lien social et un outil de veille et d’alerte des situations nécessitant une intervention spécifique (travailleurs sociaux, aide à domicile, médecin, etc.).
Ainsi, sur le plan relationnel, au-delà de l’aspect transport, le Rurabus c’est aussi une relation très privilégiée entre les animateurs et les personnes âgées du territoire.
C’est un service qui fait consensus tant au sein de la population qu’auprès des élus et acteurs locaux.
La mise en œuvre de la démarche
Les difficultés rencontrées, les freins, les pistes d’amélioration
Le Rurabus s’appuyait essentiellement sur un trio de financeurs : la Région, le Département et la conférence des financeurs. Avec le contrat de mobilité, la Région a exclu les transports solidaires, ce qui prive le Rurabus de financements et le Département, du fait de ses difficultés, s’est recentré sur ses compétences essentielles et s’est retiré de la mobilité. Or à ce jour, le Rurabus a toujours besoin de 70 K€ par an pour assurer cinq jours pleins de service.