La marche à pied
La marche à pied est rarement considérée comme une composante à part entière des politiques de mobilité. Elle reste assez largement inexploitée en tant que mode de déplacement en soi. C’est notamment le cas dans les zones peu denses, où la voiture tend à être le mode de déplacement « naturel » et les aménagements moins adaptés à la marche. La pratique de la marche à pied y est de fait plus limitée, y compris pour les trajets de courte distance. Les espaces où l’habitat est dispersé, à dominante essentiellement résidentielle, n’offrent certes que peu de destinations accessibles à pied. Les bourgs ruraux, qui concentrent à la fois une certaine densité d’habitations et une mixité d’activités sont en revanche plus propices au développement de la marche à pied. La proximité de destinations variées qu’ils offrent, permettant de répondre à différents besoins du quotidien, révèle ainsi un réel potentiel de développement de la marche à pied, ainsi que des autres modes actifs. La pratique de la marche à pied, qui n’y va pas aujourd’hui toujours de soi, pourrait s’y développer, pourvu que l’aménagement urbain soit pensé dans ce sens.
Une approche transversale est nécessaire pour en renforcer le potentiel piétonnier, de la qualité même des cheminements jusqu’à la qualité plus globale de l’espace urbain. Les cheminements piétons doivent ainsi être pensés pour assurer la sécurité, le confort et l’attrait pour tous leurs utilisateurs et utilisatrices, et notamment pour les personnes âgées ou à mobilité réduite pour qui le déplacement peut rapidement devenir difficile. Encourager la marche, c’est ainsi82 :
- proposer des cheminements piétons sécurisés, permettant un déplacement de toutes et tous, et notamment des personnes âgées ou à mobilité réduite, sans risque important de chute ou d’accident : les trottoirs et autres cheminements doivent ainsi, par exemple, être bien dimensionnés, continus, correctement éclairés, revêtus et régulièrement entretenus, sans déclivité ou adaptés, sans obstacles… L’espace public doit par ailleurs être aménagé pour favoriser une cohabitation apaisée avec les autres usagers de la rue : sécurisation des traversées (éclairage des passages piétons par exemple), mise en place de zones 30 ou de zones de rencontre rendues clairement identifiables par une signalétique appropriée…
- développer, à l’échelle du bourg, la continuité, la cohérence et la lisibilité des cheminements piétons pour en relier les différents pôles ou quartiers ; les jalonnements participent à cette notion de réseau piétonnier ; ils peuvent également, lorsqu’ils indiquent les temps de parcours, faire prendre conscience que certains lieux sont rapidement accessibles à pied et ainsi encourager la pratique de la marche.
- proposer, plus généralement, un espace dans lequel il est agréable de se déplacer à pied. Des espaces publics de qualité donneront ainsi plus facilement envie de les parcourir, qu’il s’agisse de la qualité architecturale ou paysagère, de la végétalisation, ou encore d’aménagements en améliorant le confort (espaces de repos, toilettes, ombrages et abris, bibliothèques de rue, stations wifi…).