Interventions des conseiller·es

Intervention de Geneviève BRANGÉ

Chambre régionale de métiers et de l’artisanat

Merci, Président. Donc au nom des trois chambres consulaires de Nouvelle-Aquitaine, chambre de commerce et d’industrie, chambre d’agriculture et chambre des métiers de l’artisanat, je souhaite saluer le travail, la qualité du travail, réalisé dans ce rapport qui met en lumière un enjeu majeur pour nos territoires, celui de la mobilité en milieu rural. Nous partageons largement le diagnostic posé. Oui, les territoires ruraux sont marqués par une forte dépendance à la voiture. Oui, cette situation crée des inégalités d’accès à l’emploi, aux services, à la formation. Oui, il est nécessaire de développer des solutions adaptées et que les politiques publiques ambitionnent de réduire ces inégalités. Et oui, enfin, les solutions adaptées doivent être expérimentées et mises en œuvre à l’échelle locale en associant l’ensemble des parties prenantes et notamment les représentants du monde économique. Pour autant, nous souhaitons exprimer plusieurs points de vigilance.

Le premier concerne la place de la voiture. Dans les territoires ruraux, elle n’est pas un problème en soi ; elle est une nécessité. Toute approche doit partir de cette réalité. Les solutions alternatives à la voiture restent aujourd’hui limitées, tant pour les salariés que les entrepreneurs. Je pense notamment aux activités agricoles ou artisanales dont les contraintes horaires et modes de production s’accommodent mal de la rigidité et de l’amplitude horaire des transports en commun.

Le deuxième point porte sur l’économie. Le rapport aborde peu les impacts économiques des solutions proposées. Or, la mobilité est un facteur direct de compétitivité pour les entreprises. Toute évolution doit veiller à ne pas fragiliser leur activité.

Le troisième point concerne le financement. Nous savons que les besoins sont importants, mais nous serons particulièrement vigilants à ce que leur financement ne repose pas sur de nouvelles charges pesant sur les entreprises. Or, le déploiement de cette politique au niveau régional va s’accompagner, contre l’avis des représentants des entreprises, de la mise en place par le Conseil régional du versement mobilité régionale et rurale, introduit par la loi de finances 2025 et qui sera payée par les employeurs employant 11 salariés ou plus.

Le quatrième point porte sur le regard tout particulier qu’il nous faut avoir en termes de solutions à proposer pour les salariés des TPE qui structurent nos territoires ruraux et notamment pour les apprentis qui représentent, pour ces mêmes entreprises, les compétences de demain. Ces jeunes, souvent mineurs, doivent avoir la capacité de circuler entre trois sites parfois très éloignés qui sont leur domicile, leur entreprise et leur centre de formation. Le rapport fournit des propositions qui méritent d’être déployées.

Enfin, la question de la gouvernance est essentielle. Les entreprises qui sont au cœur des mobilités quotidiennes et impliquées largement dans le financement de ces politiques doivent être pleinement associées aux décisions. En résumé, nous partageons les objectifs du rapport, mais nous appelons à une approche plus pragmatique, plus économique et plus territorialisée. Nous voterons cet avis.

Intervention de Marc BESNAULT SORIA

CFDT

Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les conseillers,

Lorsque ce sujet a été proposé, nous avions tous en tête d’une part le travail de la commission 5 « Enrayer la fabrique de la pauvreté en Nouvelle Aquitaine », d’autre part le mouvement des Gilets Jaunes et les messages qui ont émergé sur les rond-point et dans les cahiers de doléance.

Par ailleurs, la commission 2 avait été fortement mobilisée, en début de mandature, sur le volet mobilité du contrat de plan et sur le SRADET.

Ces dossiers hautement stratégiques et structurants pour l’avenir des Néo-Aquitains et Néo-Aquitaines avaient par nature une approche « macro » de l’aménagement de l’espace et de l’organisation des mobilités et s’appréciaient sur le temps long.

Le rapport précité sur la pauvreté appelait, lui, des propositions opérationnelles à court terme et faisait écho au mouvement de 2018/2019, par exemple sur les problématiques des territoires ruraux et de la mobilité de leurs habitants et habitantes qui constitue, nous l’avons vu dans la présentation, une grave rupture d’égalité au sein de l’espace social, au sein de la République.

Entre des populations https://wifi.sncf qui se sentent discriminées et des collectivités territoriales financièrement en difficulté et prises au piège d’un espace public aménagé pour la voiture, avec les coûts financiers et humains que l’on sait auquel se rajoute le risque d’éclatement social, il nous est apparu que le CESER pourrait peut-être se montrer utile.

Utile pour témoigner que l’assignement territorial n’est pas une fatalité.

Utile en recherchant des solutions réalistes techniquement et financièrement, éprouvées ici ou là, pour témoigner qu’un lendemain différent est possible.

Il est possible quand les bonnes volontés des élu·es et services, des associations, des entreprises dans toutes leurs composantes, des acteurs socio-économiques, convergent pour associer la population à la modification des paysages, à l’organisation de services appropriés aux spécificités locales, à l’évolution de la représentation des possibles et des comportements.

Il nous semble qu’une bonne partie du chemin est éclairé par ce rapport, que nous voterons.

Intervention de Philippe LABROUSSE

CFE-CGC

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les conseillers,

Le rapport consacré à la mobilité en milieu rural met en lumière une réalité essentielle : la Nouvelle-Aquitaine est un territoire profondément hétérogène. Cette diversité, à la fois géographique et démographique, engendre d’importantes inégalités structurelles entre les habitants, notamment dans l’accès aux services, à l’emploi, aux soins.

Dans les zones urbaines, l’offre de transport est diversifiée. À l’inverse, dans de nombreux territoires ruraux, la voiture demeure bien souvent la seule solution réellement viable, ce qui alimente une fracture territoriale et sociale touchant les publics les plus fragiles.

Le travail présenté s’inscrit dans une démarche d’analyse et de caractérisation des différentes réalités territoriales. Il met utilement en évidence une diversité de solutions et valorise, à travers les contributions d’acteurs locaux, des initiatives déjà engagées sur le terrain.

Le document reste souvent au niveau des généralités. Les éléments présentés, bien que pertinents dans leur principe, apparaissent toutefois éloignés des contraintes concrètes auxquelles sont confrontés les territoires ruraux.

La dimension économique est, en particulier, peu développée. Or les enjeux de financement, dans des zones à faible densité, sont déterminants et mériteraient une analyse plus approfondie, notamment dans un contexte de marges de manœuvre publiques contraintes.

Par ailleurs, si le rapport met en avant un certain nombre d’initiatives locales, il n’a pas vocation à formuler des préconisations structurées. Ce positionnement, qui relève d’un choix assumé, en limite néanmoins la portée en termes d’aide à la décision.

Son ampleur, avec près de 200 pages, pose également la question de son appropriation : au-delà de la qualité du travail réalisé, sa densité peut en restreindre la diffusion et l’impact opérationnel. La synthèse prévue devrait permettre d’y remédier.

Ainsi, si ce rapport contribue utilement à objectiver des constats et à valoriser des expériences de terrain, il laisse en suspens des questions essentielles relatives aux priorités, aux moyens et aux modalités de mise en œuvre.

Dans ce contexte, la délégation CFE-CGC considère que ce document constitue une base de réflexion intéressante, sans pour autant répondre pleinement aux attentes en matière d’orientations opérationnelles.

C’est pourquoi, et malgré ces réserves, la CFE-CGC votera favorablement ce rapport.

Intervention de Michèle PRÉVOST

CFTC

Messieurs les Présidents,

Mesdames et Messieurs les conseillers, conseillères,

La CFTC veut tout d’abord saluer la qualité de ce rapport consacré à la mobilité en milieu rural. Il met des mots justes sur une réalité : se déplacer en milieu rural n’est pas une simple question de confort ; c’est une condition d’accès à l’emploi, à la formation, à la santé, aux services publics, à la vie sociale et, au fond, à une vie digne.

En Nouvelle-Aquitaine, plus d’un habitant sur deux vit dans une commune rurale, souvent dans des territoires à habitat dispersé, où l’offre de transport collectif est faible, parfois inexistante. Dans ces conditions, un véhicule n’est pas un choix de confort ; elle est bien souvent une nécessité subie notamment pour les publics les plus fragiles comme les personnes à mobilité réduite.

La CFTC partage pleinement l’objectif de transition écologique. Oui, il faut décarboner les mobilités. Oui, il faut développer la mobilité électrique, les transports collectifs, les mobilités partagées, les mobilités solidaires, la marche, le vélo, l’intermodalité...

Pour la CFTC, la justice sociale doit rester au cœur de l’action publique. On ne peut pas demander les mêmes efforts à tous quand les possibilités de transport alternatives à la voiture sont encore inégalement réparties sur le territoire.

Ce rapport est très important car il permet de rappeler que la mobilité est un révélateur, mais aussi un accélérateur d’inégalités. Lorsqu’on ne peut plus se déplacer, ou seulement à un coût devenu insupportable, c’est l’accès aux droits même les plus élémentaires qui recule. C’est la cohésion territoriale qui se fragilise. C’est aussi le lien social qui s’abîme…

La CFTC soutient donc les orientations du rapport lorsqu’il appelle à une nouvelle donne des transports régionaux, au développement des services locaux, à la reconnaissance des mobilités solidaires, à une meilleure intermodalité, à l’information et à l’accompagnement des usagers.

Nous voulons toutefois formuler plusieurs points de vigilance.

Pour la CFTC, la mobilité ne doit pas être subie ; elle doit être choisie, accompagnée et sécurisée. la CFTC relie mobilité, emploi, logement et cohésion territoriale. Elle refuse une organisation du territoire qui concentre emploi et services dans quelques pôles urbains, au détriment des territoires périphériques, et elle plaide pour une répartition plus équilibrée des ressources, des services publics et de l’activité sur le territoire. Une politique régionale ambitieuse sur ce sujet doit se maintenir malgré les restrictions budgétaires que nous connaissons.

Enfin, la CFTC appelle à une attention renforcée envers les publics les plus fragiles : les jeunes sans permis ou sans moyen de transport, les salariés aux revenus modestes, les familles monoparentales, les travailleurs à horaires décalés, les personnes âgées, les personnes en situation de handicap, les aidants. Une politique de mobilité juste se mesure d’abord à ce qu’elle change concrètement pour celles et ceux qui ont aujourd’hui le moins de solutions à leur disposition pour se déplacer. Les préconisations concrètes et opérationnelles formulées dans le rapport sont intéressantes. Mais effectivement, il convient avant tout de modifier les comportements et d’encourager sur les courts trajets la marche, le vélo…

La justice sociale doit rester notre boussole.

La CFTC votera ce rapport parce qu’il ouvre des pistes concrètes, utiles et réalistes. Mais, nous souhaitons que la suite des travaux du CESER et, surtout, l’action publique régionale, intègrent plus fortement encore cette exigence : la mobilité n’est pas seulement un sujet technique de déplacement : c’est aussi un sujet de justice sociale, de dignité des travailleurs, de solidarité entre les territoires et de respect des personnes.

Intervention de David CROCHU

CGT

La CGT tient à souligner la qualité de l’Avis sur la mobilité en milieu rural sur le fond comme sur la forme.

Le rapport illustre parfaitement la complexité d’une région partagée entre des territoires très urbains concentrant richesses, infrastructures et en conséquence, attractivité, et d’autres, dont la diversité de situations, de peuplement ou d’organisation territoriale dessine un patchwork qui échappe trop souvent aux politiques d’aménagement du territoire.

Il en résulte des difficultés pour travailler, poursuivre une vie sociale satisfaisante, se soigner, élever ses enfants, … en un mot « vivre » avec les mêmes ambitions et exigences que sur le reste du territoire régional.

Le choix du CESER de s’intéresser aux conditions de mobilité des femmes et des hommes vivant sur ces territoires constitue donc un enjeu avéré. Le travail d’analyse très fin, poussant la réflexion jusqu’au « dernier kilomètre », a révélé des situations facteurs d’inégalités voire d’exclusion ; faut-il rappeler ici que le choix de s’installer à la campagne ou en grande périphérie des villes correspond bien souvent plus à une logique économique et financière qu’à la recherche d’une meilleure qualité de vie. Nous avons d’ailleurs relevé de grandes similitudes d’analyse avec le rapport « « Vivre dignement » : Les cahiers de doléances exigent toujours une réponse ».

La CGT tient aussi à souligner l’implication des conseillers et conseillères de la commission 2, qui sont aller investiguer au plus près du terrain ; il en résulte un avis faisant la part belle à des solutions de déplacement variées et innovantes qui doivent maintenant être portées à la connaissance des élu·e·s pour susciter une mise en œuvre

plus large et mieux coordonnée au niveau régional. Cette mise en œuvre nécessitera bien sûr que la contrainte budgétaire soir desserrée … Une politique d’aménagement du territoire ambitieuse, innovante et progressiste, nécessite les moyens de la réaliser ! Par ailleurs, l’amélioration des conditions de déplacements des habitant·e·s des zones peu denses ne peut s’inscrire que dans un développement du réseau régional des transports dans ces mêmes territoires, y compris par la réouverture de certaines lignes ! Enfin, la question incontournable de l’offre de services publics (quelle que soit leur nature, administrative comme sanitaire ou économique) au plus près des habitant·e·s de Nouvelle Aquitaine ne peut être évacuée.

La densité de l’avis rendu aujourd’hui encourage à la poursuite du travail, d’abord pour tenter de répertorier l’ensemble des solutions de mobilité, mais aussi de l’étendre aux quartiers péri- urbains qui connaissent trop souvent, malgré une densité plus importante de ces derniers, de grandes difficultés de déplacement. C’est parfois plus la durée que la distance qui est problématique.

Un point que pose le rapport, mérite néanmoins d’être discuté, voire approfondi. Quel choix pour notre société demain ? Devrons-nous passer du thermique au tout électrique ? Quid des énergies renouvelables ?

Pour la CGT, le contenu du rapport et la méthode de travail choisie sont tout à l’honneur du CESER. Dans cette période de grande incertitude s’agissant de son avenir, voici un bel exemple de la qualité et l’ambition que la société civile organisée peut porter pour peu qu’on lui en donne les moyens !

La CGT votera bien entendu le rapport.

Intervention de Gérard BOYRIE

Fédération régionale des travaux publics Nouvelle-Aquitaine

J’ai quelques points, moi, qui m’interpellent. Le premier point, c’est la part constatée dans le budget du Conseil Régional des Transports, qui est déjà de l’ordre de 30 %, si je ne m’abuse, et l’état de nos finances publiques. Et je constate que ce rapport fait une fois de plus appel à une augmentation de la contribution publique, alors qu’on oublie de parler de la solidarité naturelle des gens, qui devraient plutôt être encouragés. À la campagne, les

gens se connaissent, s’entraident. Et ça, on n’en entend

pas parler du tout dans ce rapport, il me semble, et c’est dommage. Parce que, quand on voyage un peu en France, on sollicite régulièrement la finance publique, on le voit dans les rapports qu’on entend hier, aujourd’hui. Quand on va à l’étranger, on constate que beaucoup de gens sont solidaires entre eux, s’entraident, et que ça se fait naturellement. Et ça, je ne l’entends jamais dire dans cette assemblée, et je le déplore.

Intervention de Bernard DÈCHE

Insertion par l’activité économique - INAÉ

C’est en tant qu’opérateur. Je représente ici les entreprises d’insertion par l’activité économique, donc adhérentes à la CRES, la Chambre régionale de l’économie sociale et solidaire. Beaucoup de fiches qui vous sont présentées ont été signalé, sont des fiches d’opérateurs qui viennent du monde associatif. Or, la plupart du temps - et, là, je m’adresse donc plus particulièrement au vice-président de la région, mais aussi à l’ensemble des nouveaux élus qui sont issus des scrutins de dimanche et qui ont des responsabilités dans les intercommunalités -, les opérateurs associatifs sont considérés par rapport à l’aspect social et à l’action sociale qu’ils mènent et rarement en tant

qu’acteurs de la mobilité. De ce fait, ils sont exclus des aides auxquelles ils pourraient finalement prétendre, et, en tout cas, on se trouve aujourd’hui dans une situation particulière, à savoir qu’y compris dans le département des Landes et dans une structure qui est à Pontonx, même si elle a des envies d’expansion, qui sont en grande difficulté, alors qu’elles amènent un service indispensable, je dirais, à la mobilité rurale. Donc, je pense qu’il faut qu’on sorte un petit peu de l’action sociale qu’elle remplisse, et que l’on prenne en compte la partie, je dirais, d’opérateurs de la mobilité, ce qui a été d’ailleurs signalé par mes collègues dans le rapport qui vient d’être lu.

Intervention d’Aurélien CASSUTO

MEDEF

Merci, Monsieur le Président. Chers collègues, merci pour la présentation de ce rapport qui a de nombreux enseignements. Je voulais simplement rebondir sur un élément que vous aviez évoqué, là, sur la mobilité électrique et le véhicule électrique. Je trouve ça dommage, en fait, que, dans votre réflexion, on entende une remise en question en quelque sorte de la mobilité électrique et finalement pas une remise en question de la mobilité thermique. Alors, peut-être que ça a été à d’autres endroits du rapport aussi questionné, mais, en l’occurrence - je le partage bien volontiers avec toutes celles et tous ceux qui s’intéressent au sujet -, dans l’ensemble de ce qu’on appelle le cycle de vie d’une voiture électrique, eh bien, les émissions de gaz à effet de serre sont trois à quatre fois inférieures à une voiture thermique.

Alors, ce que vous dites, c’est la question du recyclage des batteries et, là aussi, sur la question du recyclage des batteries, la situation n’est pas figée. Il se trouve qu’à mesure que le marché des voitures électriques se développe, en face, le sujet du recyclage des batteries et plus spécifiquement des sites industriels qui, demain, vont recycler ces batteries se développe également. Donc, je crois que, sur ce sujet, il faut être à la fois évidemment vigilant, mais aussi objectif et lucide sur une situation qui est en train réellement d’évoluer de façon positive, y compris sur le plan environnemental. En tout état de cause, s’il y a un mode de déplacement aujourd’hui à questionner du point de vue environnemental, ce n’est certainement pas les voitures électriques. Je vous remercie.

Intervention de Bertrand DUPOUY

Mutualité Française Nouvelle-Aquitaine

Monsieur le Vice-président,

Monsieur le Président,

Chers collègues,

Le rapport qui nous est présenté aujourd’hui, dont nous saluons l’approche pragmatique, met en lumière une réalité simple mais fondamentale : la mobilité en milieu rural n’est pas seulement une question de transport.

C’est une question d’accès aux droits. Et, très concrètement, une question de santé. Les enjeux sont importants, qu’ils s’agissent des déterminants de santé (urbanisme, desserte, réseaux cyclables sécurisés, trottoirs entretenus…) ou des inégalités sociales de santé. Trop de personnes vivent recluses chez elles faute d’offre de mobilité.

Le rapport le souligne clairement : les difficultés de mobilité conduisent à des renoncements aux soins, à de l’isolement, et donc à une dégradation de la santé, notamment mentale.

Autrement dit, en milieu rural, la mobilité est un déterminant de santé publique à part entière.

Le sujet, c’est aussi de mieux organiser la présence des soins sur les territoires, en travaillant sur la proximité, pour ne pas dire l’hyper proximité.

Et c’est précisément là que le mouvement mutualiste, depuis son origine, apporte une contribution, certes insuffisante, mais qui s’inscrit dans une offre plus globale, au plus près des populations.

Elle porte une ambition simple : garantir à chacun un accès à des soins de qualité, quel que soit son lieu de vie.

Cela passe aujourd’hui par un enjeu clé : soutenir et structurer une offre de premier recours accessible, coordonnée et de proximité.

Concrètement, cela signifie de lutter contre les déserts médicaux en développant : des équipes de soins traitantes, mais aussi des centres de santé pluridisciplinaires (accès aux soins sans dépassement d’honoraires, sans avance de frais ; offre d’un parcours de soins coordonné, lisible et sécurisé pour les patients.)

Et en matière de prévention, la mutualité agit également au plus près des habitants : sur la santé environnementale, le bien vieillir, la promotion de l’activité physique.

Autrement dit, elle ne se contente pas d’attendre que les publics se déplacent : elle va vers eux. Mais cette proximité ne suffit pas. Il faut de l’hyper proximité.

La réponse aux enjeux de mobilité ne peut donc pas être uniquement une réponse de transport, et en particulier de transport public. Chacun doit y prendre sa part.

Elle doit être aussi une réponse d’aménagement sanitaire et social des territoires en rapprochant les services et les soins et en organisant la proximité : le tissu associatif joue aussi un rôle majeur. On le voit c’est par la complémentarité des acteurs publics, de l’ESS et les démarches citoyennes. C’est vraiment dans cette philosophie que se trouve la solution visant à réduire les mobilités contraintes, et donc les inégalités.

Le CESER, par ce rapport très riche, nous invite à penser des solutions adaptées, territorialisées, fondées sur la coopération.

Nous voterons favorablement. Je vous remercie.

Intervention d’Olivier BERTRAND

Sylviculture

Merci Monsieur le Président,

Cela n’étonnera personne au sein de notre Assemblée que j’intervienne sur ce sujet des transports. En effet je crois que le Département de la Creuse est assez emblématique sur cette question. Il est vrai, comme il vient d’être rappelle notre Département a vu la disparition d’une nouvelle ligne de train à savoir Guéret Felletin. Entre Nous et je le dis devant le Vice-Président Lagrave celle-ci était très peu fréquentée pour des raisons multiples.

Mais depuis cette fermeture la Région a mis en place un réseau de bus complémentaire qui apporte des solutions. Par exemple concrètement tout à l’heure je vais prendre un bus à 20h 35 pour Aubusson avec une arrivée à 22h voilà une offre nouvelle évitant l’utilisation de la voiture.

Mais il est indispensable que ces offres soient mieux connues dans les territoires concernés pour leur réussite de fréquentation. Les chauffeurs eux-mêmes en conviennent. Voilà un événement qui va à l’encontre de ceci à savoir d’une part le licenciement d’une personne dans le bureau d’information par la SNCF qui envisage de fermer ce bureau dans les mois avenir.

Mais pour notre Département l’autre voie cruciale à problème est la ligne Polt, les locomotives brûlent, la climatisation chauffe, la voie ne se dilate pas un jour sans ces problèmes à quand portons Nous respirer avec le matériel « Oxygène» ? Arrivée sans cesse repoussée.

Un autre volet est important le dialogue et la concrétisation de l’interrégionalité en matière de TER .

L’exemple du Bordeaux Lyon propose maintenant par la SNCF en passant par Massy Palaiseau pour relier les deux villes est l’illustration peut être de ce manque de concertation interrégionale.

Mes chers Collègues mes propos sont aussi lies à la grandeur de notre Région, pour Moi le CHU le plus proche est Clermont Ferrand et comme je le répète souvent je suis plus près de la Frontière Italienne qu Espagnole.

En conclusion des solutions pratiques dans ces territoires ou est ne Raymond Poulidor avec comme pistes cyclables toutes les routes existantes pour résoudre les problèmes de Transports adaptés si celles-ci sont fines et réalistes à la vie quotidienne des habitants peut être pas simple mais le succès passe par du réalisme.

Intervention d’Alix PORTE-LASSERRE

Union des entreprises de proximité - U2P

Oui, merci, Monsieur le Président. J’interviens pour l’U2P. La mobilité en milieu rural est un enjeu social et économique majeur. Elle conditionne la vie quotidienne de millions de personnes. Le rapport du CESER le montre clairement. Dans nos territoires peu denses, la mobilité est devenue un facteur d’inégalité sociale et un frein direct à l’emploi.

Pour l’U2P, le constat est clair. Si les salariés ne peuvent pas se déplacer, nos entreprises ne peuvent pas fonctionner. Les salariés des petites entreprises sont les premiers exposés aux difficultés de mobilité. Dans les zones rurales, les distances domicile-travail sont deux fois plus élevées qu’en urbain (13 kilomètres contre six kilomètres) et 80 % des déplacements se font en voiture, faute d’alternatives. Pour les salariés des TPE, cela signifie un budget carburant lourd, une dépendance totale à la voiture, des horaires décalés impossibles à couvrir par les transports collectifs. Ces réalités pèsent sur leur pouvoir d’achat, leur fatigue, leur stabilité professionnelle. Le rapport indique que 22 % des Néo-Aquitains sont en situation de précarité mobilité et qu’une personne sur 10 n’a aucun moyen de déplacement. Cela implique des renoncements à des entretiens, ou à des formations, des absences subies en cas de panne ou de coût du carburant trop élevé, une impossibilité d’accepter un emploi si l’entreprise est mal desservie, une dépendance aux proches pour se déplacer.

Le rapport souligne que 38 % des jeunes ruraux en recherche d’emploi ont déjà renoncé à un entretien, faute de solutions de déplacement. C’est un chiffre qui doit nous alerter collectivement.

Et pourtant, les entreprises de proximité jouent un rôle territorial essentiel. Les artisans, commerçants et professionnels libéraux maillent le territoire. Leur activité repose sur la mobilité quotidienne. Mais ils sont confrontés à la hausse du coût des véhicules, la difficulté à recruter des salariés motorisés, l’impossibilité d’attirer des apprentis sans solution de déplacement, la pression financière de la transition écologique, la mobilité et la condition de survie de nos métiers.

La transition écologique est nécessaire, mais elle doit être réaliste pour les TPE.

Le rapport rappelle que le modèle tout voiture n’est plus soutenable. L’U2P partage cet objectif, mais demande une transition progressive, des solutions finançables, des dispositifs adaptés aux petites entreprises. Les TPE innovent déjà : optimisation des tournées, véhicules plus sobres, mutualisation. Elles ne demandent qu’à aller plus loin à condition d’être accompagnées.

Les entreprises contribuent déjà au financement des déplacements de leurs salariés via le versement mobilité. Mais ce versement ne doit pas devenir la seule source de financement des mobilités rurales.

L’U2P appelle donc à un modèle de financement équilibré associant l’État, les collectivités, les entreprises et les usagers, afin que la charge ne repose pas uniquement sur les employeurs.

Des solutions existent, mais elles doivent être amplifiées. Le rapport met en lumière des initiatives inspirantes : covoiturage organisé, mobilité solidaire, services itinérants, mobilités actives. Ces solutions fonctionnent, mais elles doivent changer d’échelle.

Le message de l’U2P est clair : les salariés des petites entreprises sont aujourd’hui parmi les plus exposés aux difficultés de mobilité.

Et je vais en conclure. Nous appelons à une stratégie régionale de mobilité qui prenne pleinement en compte les réalités des territoires ruraux et qui associe aussi les entreprises de proximité, leurs salariés et leurs représentants. La mobilité n’est pas un confort, c’est un droit et c’est un levier essentiel pour maintenir l’activité économique, l’emploi et la cohésion sociale dans nos territoires.

Merci.

Intervention de Patrick LABRUE

UNSA

Monsieur le Président,

Chères et chers collègues,

Pour l’UNSA, tous les types de mobilités sont des points essentiels pour la Nouvelle Aquitaine et ses territoires. Car la mobilité est devenue un facteur majeur d’inégalités sociale territoriales et professionnelles en milieu rural.

Et ce, pour l’ensemble des citoyennes et citoyens qui y vivent et qui sont des maillons essentiels, vivifiants et riches de notre Grande Région.

Car en tant que 3° région la plus rurale de France, 51% de la population réside en commune rurale et surtout 69% des habitants des EPCI ruraux sont à plus de 10 minutes à pied d’un arrêt de transport en commun.

A cela, il faut ajouter que 22% des habitants sont en situation de précarité mobilité (coûts carburants, absence de voiture, contraintes géographiques) et des populations vulnérables (jeunes, seniors, personnes en situation de handicap) particulièrement exposées.

Les initiatives reprises au rapport sont nombreuses et démontrent la vitalité des territoires et des innovations.

Pour l’UNSA et face à ce défi de taille, il est essentiel que la stratégie de mobilité soit proche des territoires et qu’elle soit organisée au niveau Régional afin de ne pas perdre d’énergie et de moyens sur les orientations nécessaires.

Les politiques de mobilité locales doivent s’adosser sur la Région afin de travailler ensemble pour que tous les leviers puissent être actionnés pour lever les freins à une offre diversifiée des solutions de mobilités favorisant l’intermodalité afin de permettre aux territoires un ré-enchantement des centres villes et centres bourgs.

Seule une politique globale et organisée portée par la Région peut répondre aux défis de demain en termes de mobilité.

Pour cela un changement de modèle est nécessaire.

L’UNSA se retrouve pleinement dans les 16 propositions du rapport

L’UNSA votera pour ce rapport.