La voiture, autrement
Si elle ne doit plus être pensée comme l’unique moyen de se déplacer dans les zones peu denses, la voiture continuera à répondre à de nombreux besoins de mobilité dans ces territoires. Elle devra, dans sa conception comme dans son utilisation, évoluer pour mieux répondre aux enjeux climatiques et de mobilité.
La « voiture autrement », c’est ainsi une voiture :
- partagée ou mutualisée : les mobilités partagées (covoiturage, autopartage) doivent trouver toute leur place dans les solutions de mobilité à proposer dans les territoires peu denses. Permettant d’optimiser l’utilisation des véhicules individuels, elles participent en effet à la décarbonation des mobilités, tout en offrant des solutions supplémentaires de déplacement à celles et ceux qui en sont privés ;
- plus sobre et moins émettrice de gaz à effet de serre : le véhicule électrique est un levier incontournable de décarbonation des mobilités, à la condition que sa batterie reste de capacité raisonnable. Priorité doit ainsi être donnée à des véhicules légers, dimensionnés pour répondre aux besoins du quotidien.
Du fait de distances moyennes de déplacement plus importantes et d’une offre de transport nettement moins développée que dans les territoires urbains, la voiture est bien souvent l’unique moyen de se déplacer dans les zones peu denses.
De nombreux enjeux – sociaux, environnementaux, territoriaux … – invitent néanmoins à rompre avec l’ultra-dépendance à l’automobile. Il ne s’agit pas de prôner un modèle de territoires ruraux sans voiture, mais plutôt de recentrer la voiture sur sa zone de pertinence. En d’autres termes, penser la voiture comme une solution parmi d’autres au sein d’une offre de mobilité plus large et diversifiée. Sur des trajets de courte distance, les modes actifs peuvent ainsi se révéler tout aussi efficaces et moins
impactant que l’automobile. Pour des distances plus importantes, les transports collectifs ou les services de mobilité partagée pourraient, s’ils étaient plus efficacement déployés, répondre à une partie des besoins de déplacement.
Pour autant, ces différentes solutions, même les plus qualitatives, ne pourront répondre à tous les besoins de mobilité dans les zones peu denses. La voiture devrait ainsi continuer, dans les prochaines décennies, à répondre à de nombreux besoins de mobilité dans les territoires ruraux. L’enjeu doit alors d’en limiter l’impact environnemental, notamment climatique, tout en ouvrant des possibilités supplémentaires de mobilité à celles et ceux qui en sont dépourvus.