Informer et accompagner
Conduire des actions de communication adaptées aux publics visés
L’information et la communication sont des conditions essentielles de réussite d’une politique locale de mobilité. La communication est en effet indispensable pour :
- informer la population locale et les acteurs sur les services de mobilité mis à disposition sur le territoire. La méconnaissance de l’existence de l’offre de mobilité proposée localement est un frein important à l’utilisation des services mis en place
- ;sensibiliser sur les enjeux liés à la place prédominante de la voiture dans les zones peu denses, préalable à toute démarche d’incitation au changement de comportements de mobilité ;
- susciter le débat autour de la mobilité dans le territoire. Dans cette perspective, les actions de communication doivent être initiées le plus en amont possible, afin de mobiliser les habitantes et habitants, les acteurs, autour de l’identification des enjeux de la mobilité du territoire et des solutions à mettre en œuvre pour y répondre. De même, maintenir cette mobilisation une fois les services déployés peut être utile, par exemple pour bénéficier de retours d’expériences des usagères et usagers.
Les actions de communication doivent être plus spécifiquement ciblées sur le public visé : population (personnes âgées ou en situation de handicap, jeunes, actifs…), acteurs locaux (entreprises, établissements publics générant des flux de déplacement, associations…). L’idéal est de pouvoir multiplier les canaux de communication, adaptés au public visé : supports de communication « papier » (plaquettes, affiches, journal municipal ou de la communauté de communes…) ou publications numériques, par exemple sur les réseaux sociaux, animations, stands sur les marchés ou les festivals, rencontres de terrain… Les actions de communication sont d’autant plus efficaces qu’elles s’appuient sur des acteurs ou évènements locaux. Les retours d’expériences confirment l’importance d’un personnel dédié à la mobilité pour maintenir la dynamique autour des services et ainsi les inscrire dans la durée.
Informer et accompagner les voyageurs dans leurs déplacements
Au-delà de la connaissance générale des services de mobilité disponibles sur le territoire, les usagères et usagers doivent pouvoir s’informer facilement sur les itinéraires et arrêts desservis, les modalités d’utilisation du service. L’enjeu est d’autant plus important dans les territoires peu denses où les déplacements du premier au dernier kilomètre supposent souvent l’utilisation de plusieurs modes de transports. C’est dans cette perspective que se
développent depuis plusieurs années des systèmes d’information multimodale. L’objectif : faciliter la recherche de solutions de mobilité disponibles pour un trajet donné.
Déployée en Nouvelle-Aquitaine, la plateforme Modalis intègre un calculateur d’itinéraires multimodal partagé entre les collectivités membres, accessible en ligne ou depuis une application mobile. Celle-ci permet également l’achat de certains titres de transport. La plateforme ne semble toutefois pas encore suffisamment connue de la population régionale. De plus, en dépit des progrès réalisés, l’expérience reste, pour l’utilisateur, encore perfectible : l’ergonomie générale, ainsi que la lisibilité et la clarté des itinéraires proposés, doivent ainsi pouvoir être améliorées. Pour devenir une véritable porte d’entrée de la mobilité en Nouvelle-Aquitaine, la plateforme doit également continuer à s’enrichir en s’ouvrant plus largement :
- aux « nouveaux » services de mobilité (active, partagée…), au-delà des seuls réseaux de transports partenaires autour desquels elle a été initialement construite : vélos en libre-service, covoiturage, autopartage…, ces services participent aux mobilités du quotidien, et doivent ainsi être progressivement intégrés. Engagée avec par exemple l’intégration de certains services de vélos en libre-service, la démarche mérite d’être poursuivie. Le calculateur d’itinéraires pourrait ainsi référencer les offres de covoiturage proposées par les usagers ;
- aux services de mobilité locale proposés dans les territoires peu denses : le nombre, la finesse de desserte et l’évolutivité de ces offres de maillage parfois très local rendent difficile leur intégration dans le calculateur d’itinéraires régional, dont ce n’est peut-être d’ailleurs pas la vocation première ; en revanche, il pourrait être pertinent, en particulier dans la perspective de proposer des trajets du premier au dernier kilomètre, de référencer les principaux services disponibles sur le territoire de départ ou d’arrivée : le voyageur en serait ainsi informé, des liens permettant ensuite de l’orienter si besoin vers les ressources locales (plateformes de mobilité locale, sites internet, contacts locaux…).
Pour être accessibles à toutes et tous, l’information et la planification des déplacements doivent se déployer sur plusieurs canaux, numériques mais aussi physiques. Si les applications numériques sont essentielles pour favoriser les mobilités alternatives à l’automobile et faciliter les déplacements, elles ne sont toutefois pas accessibles à toute la population. Selon une étude de l’INSEE publiée en 2023138, 17 % des Néo-Aquitains sont en situation d’illectronisme139, et seront donc en difficulté voire dans l’impossibilité d’utiliser les outils numériques pour se déplacer : « parmi ces personnes en situation d’illectronisme, la moitié a 75 ans ou plus. L’âge, le niveau de diplôme et la catégorie socioprofessionnelle influencent grandement le fait de se trouver ou non dans une telle situation ». L’enjeu est d’autant plus fort que ce sont les territoires âgés, ruraux et aux revenus plus faibles (comme la Creuse, la Dordogne ou le Lot-et-Garonne), déjà plus particulièrement concernés par les difficultés de mobilité, qui sont le plus fortement touchés par l’illectronisme, combinant ainsi les vulnérabilités.
Les personnes en difficulté avec le numérique, mais aussi avec la mobilité, devraient ainsi pouvoir disposer d’un interlocuteur facilement accessible, qui pourra les informer sur les services de mobilité et les accompagner dans l’organisation de leurs déplacements (conseil, réservation, achats de titres de transport…). À l’échelle régionale, cet accompagnement physique des usagères et usagers, et tout particulièrement des plus vulnérables, pourrait passer par :
- la mise en place d’une centrale d’appel téléphonique adossée à Modalis, comme souhaite également le proposer le Département du Lot-et-Garonne pour sa plateforme de mobilité ;
- le développement de points d’information et de vente multimodaux, en s’appuyant sur le réseau régional de gares et pôles d’échanges : en complément du système d’information multimodale
et du nouveau système de distribution de titres de transports Modalis, ces guichets uniques auraient pour rôle de renseigner sur les offres de mobilité disponibles sur les territoires ainsi que de proposer les titres des réseaux et services concernés.