» Partie 4 : L’orientation : clé de voute de l’accès et de la réussite dans l’enseignement supérieur

Recommandations pour faire de l’orientation la première étape de l’égalité des chances

1Orientation – accompagner chaque jeune vers un projet choisi

Objectif stratégique

Permettre à tous les élèves de construire un projet d’orientation cohérent, ambitieux et réaliste, en agissant simultanément sur les freins psychologiques, sociaux et territoriaux.

Constats clés

  • Accompagnement inégal et tardif ; entretiens jugés peu utiles par une majorité d’élèves.
  • Multiplication d’informations peu hiérarchisées ; faible lisibilité de l’offre publique.
  • Croissance d’offres privées d’orientation, accentuant les écarts d’accès à une information de qualité.
  • Sous-effectif chronique des PsyEN et insuffisance de personnels dédiés à l’orientation.
  • Manque de formation continue et de reconnaissance du rôle d’accompagnateur pour les enseignants.
  • Faible coordination entre les acteurs de terrain (enseignants, PsyEN, CIO, missions locales, associations).

Préconisations principales

  • Renforcer les moyens humains et professionnaliser l’accompagnement (cf. Les acteurs de l’orientation : manque de moyens et fragmentation des dispositifs)
  • Renforcer la mission des PsyEN sur l’orientation et assurer une présence régulière dans chaque établissement (objectif cible : 1 pour 1 000 élèves).
  • Former systématiquement les professeurs principaux (filières, débouchés, Parcoursup, lutte contre l’autocensure) et dédier du temps de service au suivi individuel.
  • Ouvrir des postes de « conseillers d’orientation territoriaux » au sein des rectorats ou régions.
  • Clarifier auprès des élèves et des familles que les missions des PsyEN relèvent aussi de l’accompagnement à l’orientation, afin de lever l’ambiguïté liée à leur appellation.
  • Créer des équipes pluridisciplinaires d’orientation
  • Favoriser des équipes mixtes associant PsyEN, enseignants, acteurs de l’emploi, associations et mentors formés à l’accompagnement.
  • Déployer des cellules d’appui territoriales dans les établissements pour mutualiser les ressources.
  • Structurer un parcours d’orientation progressif et immersif (cf. Les acteurs au cœur du dispositif : professeurs principaux, PsyEN, CIO)
  • Construire un parcours d’orientation progressif et continu dès la classe de seconde, intégrant des immersions régulières (ex. : dispositifs d’observation avec des étudiants, des alternants, des ambassadeurs de l’enseignement supérieur cf. zoom sur le « shadowing ») et s’appuyant sur un réseau d’« ambassadeurs de l’enseignement supérieur ».
  • Introduire dès la 3e des modules Parcoursup (attendus, calendrier, simulations) et des ateliers choix d’options et de spécialités.
  • Améliorer la coopération entre l’État et la Région afin d’organiser l’équivalent d’un guichet unique (présentiel + numérique) de l’accès au supérieur pour les lycéens et les lycéennes (cf. Les acteurs de l’orientation : manque de moyens et fragmentation des dispositifs)
  • Centraliser formations, aides, filières/débouchés, solutions logement/mobilité ; interopérer avec Parcours Avenir et Parcoursup.
  • Prévoir des RDV en présentiel et à distance, et un moteur de recommandations personnalisées.
  • Mettre en place un plan régional de formation continue
  • Former les intervenants des guichets uniques en créant des partenariats avec les rectorats pour associer aux formations les enseignant·es à l’accompagnement personnalisé, à l’information sur les filières et à la lutte contre l’autocensure.
  • Proposer des modules spécifiques sur les enjeux territoriaux et les parcours différenciés.
  • Lutter contre l’autocensure et associer les familles (cf. Le parcours d’orientation : dimension psycho-sociologique prégnante)
  • Déployer mentorat par les pairs (anciens élèves/étudiants) et médiations parents-école dès le collège.
  • Lancer des campagnes régionales (stéréotypes, genre, mobilité) et des parcours d’immersions progressives.
  • Encadrer l’offre privée d’orientation (cf. Les acteurs au cœur du dispositif : professeurs principaux, PsyEN, CIO)
  • Mettre en place un label régional (qualité, transparence, neutralité) et un observatoire des pratiques/coûts des services d’orientation privés.
  • Informer les familles sur les différences entre diplômes (RNCP, titres ministériels, certificats, attestations).

Effets attendus

  • Baisse des choix par défaut et des réorientations précoces.
  • Hausse de la qualité perçue des entretiens et de la projection des élèves.
  • Meilleure lisibilité et équité d’accès aux services d’orientation.

Indicateurs de suivi
(horizon 3 ans)

  • Nombre de postes de PsyEN créés.
  • % d’élèves rencontrant un PsyEN au moins une fois par an et Ratio PsyEN/élèves (▸).
  • % d’enseignants formés à l’accompagnement.
  • % d’établissements disposant d’un binôme professeur principal - PsyEN opérationnel.
  • Taux de satisfaction des élèves sur l’accompagnement (▸).
  • Taux de satisfaction des élèves et familles sur l’accompagnement (baromètre annuel).
  • Trafic et usage du guichet unique ; délai moyen d’accès à un rendez-vous.
  • Participation aux dispositifs d’immersion (shadowing, tutorat des pairs).
  • Taux de réorientation en première année d’enseignement supérieur (▸).

Tableau de correspondance
des Préconisations ⇔ Boucles ⇔ Justifications systémiques

Chaque préconisation du rapport est associée à un ou plusieurs codes (L1...L5) permettant d’identifier les freins et obstacles systémiques qu’elle cherche à réduire.

La légende ci-dessous présente cette classification, qui met en évidence la nature des difficultés ciblées – territoriales, sociales, économiques, institutionnelles ou informationnelles – ainsi que la logique d’action des leviers proposés pour y remédier.

Légende – Codes des freins et obstacles

  • L1 – Isolement territorial & social (distance, capital social, éloignement des pôles)
  • L2 – Confiance & déterminismes (biais de genre/social, sentiment d’illégitimité)
  • L3 – Freins matériels & économiques (logement, coût, emploi étudiant)
  • L4 – Fragmentation & gouvernance (acteurs non coordonnés, offres dispersées)
  • L5 – Déficit d’information & lisibilité (opacité, complexité, foisonnement non hiérarchisé)

Chaque préconisation mentionne les des freins et obstacles concernés (L1…L5) et comporte une justification systémique précisant les leviers d’action proposés pour tenter d’y remédier.

Préconisation

Justification systémique

➔ Renforcer PsyEN & former professeurs

L2, L5 : agit sur la boucle « déficit d’accompagnement ▸ choix par défaut ▸ réorientation » en augmentant la capacité d’appui qualifié et la qualité perçue des conseils.

➔ Parcours progressif & immersif

L2, L4, L5 : transforme la boucle « information tardive ▸ choix hasardeux ▸ décrochage » en boucle d’anticipation et de projection.

➔ Guichet unique

L4, L5 : corrige les asymétries d’information, clarifie les rôles public/privé, limite la création d’inégalités par le marché.

➔ Mentorat & familles

L1, L2 : inverse la boucle « faible confiance ▸ autocensure ▸ sous-ambition » par une boucle de confiance et d’aspiration.

➔ Label et observatoire du privé lucratif

L4, L5 : réduit l’opacité et le morcellement, limite le contournement par le privé et renforce la confiance dans l’offre publique.

2Lutter contre l’autocensure et impliquer les familles - Libérer l’ambition, restaurer la confiance

Objectif stratégique

Lutter contre les mécanismes d’autocensure et renforcer l’implication des familles afin de permettre à chaque jeune d’élaborer un projet ambitieux et choisi, indépendamment de son origine sociale, culturelle ou géographique.

Constats clés

  • L’autocensure est un frein à l’accès à l’enseignement supérieur, en particulier dans les milieux populaires, ruraux et chez les jeunes filles.
  • Le manque d’information claire et d’accompagnement des familles renforce les stéréotypes de réussite et d’échec.
  • La confiance dans l’institution scolaire est souvent fragilisée, réduisant la participation des parents aux démarches d’orientation.
  • L’environnement social et culturel joue un rôle déterminant dans la construction des aspirations scolaires.

Préconisations principales

  • Mettre en œuvre des programmes de rencontre avec des étudiant·es (cf. Zoom sur la parole des jeunes)
  • Déployer des dispositifs d’échanges avec les pairs (étudiant·es, anciens élèves) afin de déconstruire les stéréotypes de genre et sociaux, de valoriser la diversité des parcours, y compris non linéaires.
  • Créer des réseaux de référents locaux dans les lycées, collèges et tiers-lieux éducatifs.
  • Impliquer activement les familles dans les démarches d’orientation (cf. Le parcours d’orientation : dimension psychosociologique prégnante)
  • Organiser des ateliers parents-écoles sur les filières, débouchés, aides et parcours possibles.
  • Développer des ressources interculturelles adaptées pour toucher tous les publics.
  • Déconstruire les stéréotypes sociaux et de genre (cf. Le parcours d’orientation : dimension psychosociologique prégnante, Zoom sur la parole des jeunes)
  • Mettre en place des campagnes régionales de communication et d’information ciblées (médias, réseaux sociaux, événements).
  • Introduire des modules de sensibilisation aux stéréotypes durant les temps d’orientation.
  • Adosser aux dispositifs existants (Clée, Cordées, orientation…) un accompagnement spécifique en santé mentale et en confiance en soi, incluant ateliers de gestion du stress, groupes de parole, ou accompagnement psychologique au moment du passage vers l’enseignement supérieur.
  • Développer des parcours d’immersion et d’expériences concrètes anticipées (cf. Zoom sur la parole des jeunes, Initiatives associatives et innovations territoriales : leviers d’expérimentation)
  • Accompagner des immersions dans des établissements d’enseignement supérieur pour les lycéen·nes éloigné·es, afin d’aider les élèves à mieux appréhender les environnements d’études supérieures et leurs exigences.
  • Créer des dispositifs type « shadowing » dans les universités pour découvrir la vie d’étudiant·es.
  • Renforcer l’anticipation des actions d’orientation dès la Seconde et la Première, afin d’optimiser l’adéquation des choix de spécialités en Terminale.
  • Renforcer la formation des équipes éducatives sur l’autocensure
  • Intégrer un module obligatoire sur les biais sociaux, de genre et culturels dans la formation initiale et continue.
  • Créer des ressources pédagogiques pour aider les enseignant·es à détecter et accompagner les situations d’autocensure.
Le shadowing

Le shadowing (littéralement « faire l’ombre ») désigne une pratique d’immersion consistant pour un·e lycéen·ne à suivre, durant une journée ou une demi-journée, un·e étudiant·e ou un·e professionnel·le dans ses activités quotidiennes. Contrairement à une simple visite de campus ou à un entretien, cette expérience place le jeune dans une posture d’observation active, au plus près de la réalité de la formation ou du métier.

Bénéfices identifiés :

  • offrir une vision concrète de la vie universitaire (cours, TD, vie associative, bibliothèque) ou professionnelle (tâches, réunions, interactions) ;
  • faciliter la projection personnelle et lever les freins psychologiques liés à l’inconnu ;
  • compléter les informations théoriques (forums, entretiens) par une expérience vécue et marquante ;
  • renforcer la motivation et la confiance des élèves, en particulier ceux issus de territoires éloignés ou de milieux moins familiers avec l’enseignement supérieur.

Lien avec les pratiques existantes :

Lors des auditions, plusieurs universités et établissements de Nouvelle-Aquitaine ont présenté leurs dispositifs d’immersions ponctuelles (participation à des cours, visites de campus, rencontres avec des étudiants). Le shadowing s’inscrit dans la continuité de ces initiatives, mais en y ajoutant une dimension de suivi individualisé qui rend l’expérience plus engageante et transformative pour le jeune.

Effets attendus

  • Réduction significative des renoncements liés à l’autocensure.
  • Implication renforcée des familles dans les projets d’orientation.
  • Diversification des choix de filières et hausse des vœux ambitieux.
  • Meilleure inclusion des publics éloignés de l’enseignement supérieur.
  • Lever les biais liés au manque d’information et de renforcer le rôle des familles dans les choix d’orientation.

Indicateurs de suivi
(horizon 3 ans)

  • Nombre d’élèves et de familles participant aux ateliers et programmes de mentorat.
  • % d’établissements proposant des modules de sensibilisation aux stéréotypes.
  • Taux de satisfaction des familles sur leur niveau d’information.
  • Nombre d’immersions proposées chaque année.
  • Taux de vœux ambitieux dans les établissements à fort indice de défavorisation (▸).
  • Taux de poursuite d’études supérieures dans les territoires ruraux et quartiers prioritaires (▸).
  • Réduction des écarts de genre dans les filières scientifiques et techniques.

Tableau de correspondance
des Préconisations ⇔ Boucles ⇔ Justifications systémiques

Chaque préconisation mentionne les freins et obstacles concernés (L1…L5) et comporte une justification systémique précisant les leviers d’action proposés pour tenter d’y remédier.

La légende ci-dessous présente cette classification, qui met en évidence la nature des difficultés ciblées - territoriales, sociales, économiques, institutionnelles ou informationnelles - ainsi que la logique d’action des leviers proposés pour y remédier.

Légende – Codes des freins et obstacles

  • L1 – Isolement territorial & social (distance, capital social, éloignement des pôles)
  • L2 – Confiance & déterminismes (biais de genre/social, sentiment d’illégitimité)
  • L3 – Freins matériels & économiques (logement, coût, emploi étudiant)
  • L4 – Fragmentation & gouvernance (acteurs non coordonnés, offres dispersées)
  • L5 – Déficit d’information & lisibilité (opacité, complexité, foisonnement non hiérarchisé)

Préconisation

Justification systémique

➔ Mentorat et parrainage

L1, L2 : agit sur la boucle « faible confiance ▸ autocensure ▸ sous-ambition » en renforçant le capital social et l’identification positive.

➔ Implication des familles

L2, L5 : transforme la boucle « manque d’information ▸ désengagement ▸ faible ambition » en dynamique d’empowerment parental.

➔ Campagnes & sensibilisation

L2 : agit sur la boucle « normes intériorisées ▸ autocensure ▸ reproduction sociale » en ouvrant le champ des possibles.

➔ Parcours d’immersion

L1, L2 : agit sur la boucle « manque d’exposition ▸ non-identification ▸ renoncement » en créant des expériences concrètes d’ouverture.

➔ Formation des équipes éducatives

L2, L4 : consolide les compétences internes pour faire évoluer les pratiques éducatives.

3Encadrement du système – équilibrer et protéger pour garantir un accès plus juste aux formations

Objectif stratégique

Assurer un pilotage global cohérent du système d’accès à l’enseignement supérieur en encadrant les acteurs, les pratiques et les offres pour garantir l’équité, l’efficacité et la transparence.

Constats clés

  • Croissance rapide de l’offre privée d’orientation et de formation, sans régulation possible.
  • Absence de référentiel commun de qualité et d’indicateurs de performance pour les acteurs publics et privés hors contrat.
  • Risques d’accroissement des inégalités d’accès en raison de pratiques commerciales opaques.
  • Difficulté à évaluer l’impact réel des politiques et dispositifs mis en œuvre.

Préconisations principales

  • Mettre en place un label régional pour les acteurs privés à but lucratif (cf. L’influence de l’offre d’enseignement supérieur sur l’accès à l’enseignement supérieur en Nouvelle-Aquitaine)
  • Établir un cahier des charges portant sur la qualité, la neutralité, l’aspect financier et la transparence des pratiques et du nombre d’inscriptions des post-bac.
  • Conditionner l’accès à certains dispositifs publics (subventions, financement forums et partenariats) à l’obtention de ce label.
  • Créer une autorité de suivi et d’évaluation indépendante (cf. La définition fonctionnelle et statistique de l’accès à l’enseignement supérieur)
  • Superviser de manière globale les politiques publiques d’accès à l’enseignement supérieur et publier des rapports réguliers.
  • Identifier les pratiques inéquitables et recommander des ajustements.
  • Encadrer l’information commerciale et la communication autour des formations
  • Renforcer les moyens de communication pour la visibilité et l’attractivité de l’offre publique afin qu’elle puisse rivaliser avec l’offre privée, notamment en termes de clarté, de lisibilité et d’accessibilité. Il s’agit moins de réguler un marché difficilement contrôlable que de consolider une alternative publique crédible, reconnue et compétitive.
  • Renforcer les moyens de lutte contre les pratiques trompeuses.
  • Renforcer la sensibilisation des lycéen·nes aux différences entre formations publiques, privées associatives et privées lucratives, pour limiter les choix par défaut ou sous influence marketing.
  • Clarifier et recentrer le rôle de Cap Métiers dans l’information à l’orientation des lycéen·nes, afin de lever l’ambiguïté liée à son intitulé et de renforcer sa visibilité sur les parcours d’accès à l’enseignement supérieur et à la recherche, un champ où il reste encore peu sollicité (sondage CESER).
  • Mettre en œuvre un référentiel qualité partagée pour l’ensemble des acteurs (cf. La montée en puissance du secteur privé lucratif dans l’orientation : opportunité ou menace)
  • Définir des standards communs sur l’accompagnement, l’information, l’accessibilité et l’évaluation des résultats.
  • Conditionner les financements publics à l’atteinte de ces standards.

Effets attendus

  • Meilleure transparence du système et plus grande confiance des familles et des étudiant·es.
  • Réduction des inégalités d’accès liées à la marchandisation des services.
  • Évaluation régulière de l’impact des politiques publiques.
  • Amélioration continue de la qualité de l’enseignement supérieur

Indicateurs de suivi
(horizon 3 ans)

  • Nombre d’acteurs privés agréés et taux d’atteinte des standards qualité par les acteurs partenaires.
  • Publication annuelle des rapports de l’autorité d’évaluation.
  • % d’acteurs respectant le référentiel qualité.
  • Taux d’inégalités d’accès entre publics suivis par acteurs publics et privés (▸).
  • Niveau de confiance des usagers dans l’information disponible (▸).

Tableau de correspondance
des Préconisations ⇔ Boucles ⇔ Justifications systémiques

Chaque préconisation mentionne les freins et obstacles concernés (L1…L5) et comporte une justification systémique précisant les leviers d’action proposés pour tenter d’y remédier.

La légende ci-dessous présente cette classification, qui met en évidence la nature des difficultés ciblées - territoriales, sociales, économiques, institutionnelles ou informationnelles - ainsi que la logique d’action des leviers proposés pour y remédier.

Légende – Codes des freins et obstacles

  • L1 – Isolement territorial & social (distance, capital social, éloignement des pôles)
  • L2 – Confiance & déterminismes (biais de genre/social, sentiment d’illégitimité)
  • L3 – Freins matériels & économiques (logement, coût, emploi étudiant)
  • L4 – Fragmentation & gouvernance (acteurs non coordonnés, offres dispersées)
  • L5 – Déficit d’information & lisibilité (opacité, complexité, foisonnement non hiérarchisé)

Préconisation

Justification systémique

➔ Système de label

L4, L5 : agit sur la boucle « défaillance de l’offre publique ▸ expansion privée ▸ inégalités » en introduisant des garde-fous.

➔ Autorité indépendante

L4, L5 : transforme la boucle « opacité ▸ défiance ▸ contournement » en boucle de confiance et régulation.

➔ Encadrement de la communication

L5 : agit sur la boucle « information biaisée ▸ désorientation ▸ inégalités » en rétablissant un écosystème d’information fiable.

➔ Référentiel qualité

L4, L5 : crée une base commune pour l’évaluation des performances et l’amélioration continue.

4Freins matériels et aides financières – réduire la pression économique pour libérer les parcours

Objectif stratégique

Réduire l’impact des contraintes économiques sur les choix d’orientation, la poursuite d’études et la réussite, afin que les ressources financières ne constituent plus un facteur d’exclusion.

Constats clés

  • Le coût global des études (logement, transport, alimentation, matériel) reste un frein majeur à l’accès et à la réussite.
  • Les aides existantes sont souvent mal connues, difficiles d’accès ou insuffisamment ciblées.
  • Le recours à l’emploi étudiant contraint est en hausse, avec un impact négatif sur la réussite académique.
  • Les aides régionales et nationales manquent de coordination et de lisibilité.

Préconisations principales

  • Simplifier et unifier l’accès aux aides financières
  • Associer au guichet unique un portail recensant les aides (bourses, allocations, fondations, dispositifs régionaux et nationaux) pour accéder à l’enseignement supérieur.
  • Simplifier les procédures administratives et réduire les délais d’attribution.
  • Revaloriser les bourses et élargir les critères d’éligibilité
  • Adapter les montants aux réalités du coût de la vie et inclure des critères liés au logement et à la mobilité.
  • Étendre l’accès aux bourses aux classes moyennes inférieures souvent exclues des dispositifs.
  • Créer des dispositifs de soutien ciblés pour les territoires fragiles
  • Développer des bourses spécifiques pour les étudiant·es issu·es des zones rurales, de montagne.
  • Mettre en place des compléments d’aides pour les étudiant·es en mobilité interrégionale.
  • Lutter contre l’emploi étudiant contraint
  • Créer des aides de substitution pour réduire la nécessité de travailler plus de 15 heures par semaine.
  • Encourager des emplois compatibles avec les études (emplois sur campus, tutorat, service civique étudiant, mentorat de lycéen·nes).
  • Mettre en place, à l’image des emplois régionaux d’aide aux devoirs financés par la Région, des postes rémunérés pour les étudiant·es afin qu’ils ou elles accompagnent des lycéen·nes dans le cadre de mentorats/shadowing vers l’enseignement supérieur.
  • Développer les aides d’urgence et fonds de solidarité
  • Renforcer les fonds d’aide sociale d’urgence pour les situations imprévues (rupture familiale, maladie, perte d’emploi).

Effets attendus

  • Réduction significative des renoncements pour motifs financiers.
  • Diminution du taux de travail étudiant contraint et amélioration de la réussite académique.
  • Hausse du recours aux droits et réduction du non-recours aux aides.
  • Meilleure équité territoriale dans l’accès aux formations.

Indicateurs de suivi
(horizon 3 ans)

  • % d’étudiant·es utilisant le portail unique des aides.
  • Taux de recours aux bourses et dispositifs régionaux.
  • Nombre de bénéficiaires d’aides spécifiques territoriales.
  • Volume de fonds d’urgence mobilisés.
  • Taux de renoncement pour motif économique (▸).
  • Taux de travail étudiant contraint > 15h (▸).
  • Taux de réussite en première année d’enseignement supérieur (▸).
  • Réduction des écarts territoriaux dans l’accès aux aides.

Tableau de correspondance
des Préconisations ⇔ Boucles ⇔ Justifications systémiques

Chaque préconisation mentionne les freins et obstacles concernés (L1…L5) et comporte une justification systémique précisant les leviers d’action proposés pour tenter d’y remédier.

La légende ci-dessous présente cette classification, qui met en évidence la nature des difficultés ciblées - territoriales, sociales, économiques, institutionnelles ou informationnelles - ainsi que la logique d’action des leviers proposés pour y remédier.

Légende – Codes des freins et obstacles

  • L1 – Isolement territorial & social (distance, capital social, éloignement des pôles)
  • L2 – Confiance & déterminismes (biais de genre/social, sentiment d’illégitimité)
  • L3 – Freins matériels & économiques (logement, coût, emploi étudiant)
  • L4 – Fragmentation & gouvernance (acteurs non coordonnés, offres dispersées)
  • L5 – Déficit d’information & lisibilité (opacité, complexité, foisonnement non hiérarchisé)

Préconisation

Justification systémique

➔ Portail unique d’aides

L3, L5 : agit sur la boucle « complexité ▸ non-recours ▸ renoncement » en facilitant l’accès aux droits.

➔ Revalorisation des bourses

L3 : transforme la boucle « insuffisance des aides ▸ travail étudiant ▸ échec académique » en boucle de soutien à la réussite.

➔ Aides ciblées

L1, L3 : agit sur la boucle « coûts cumulés ▸ renoncement territorial ▸ dévitalisation » en rééquilibrant les conditions d’accès.

➔ Réduction emploi contraint

L3 : agit sur la boucle « précarité ▸ surcharge ▸ échec » en allégeant la pression économique.

➔ Fonds d’urgence

L3, L4 : instaure une réponse rapide face aux ruptures qui alimentent les abandons.