Interventions des conseiller·es

Intervention de Daniel BRAUD

Chambre de commerce et d’industrie Nouvelle-Aquitaine - CCI

Au sein des CCI de Nouvelle-Aquitaine, je suis le Président de la commission régionale Formation. Aussi, en lien avec les 2 autres chambres consulaires, nous voulons apporter des éléments que ce rapport ne met pas assez en avant, malgré l’audition du Directeur régional Formation des CCI par la commission en mars dernier…

Les CCI sont des acteurs importants de l’enseignement supérieur, autant d’écoles et de filières de formation post-bac qui sont attractives pour les jeunes néo-aquitains :

Où pouvez-vous lire que les CCI de Nouvelle-Aquitaine forment plus de 26 000 étudiants chaque année, dont 8 600 sont en apprentissage ?

Les problématiques posées par le rapport s’appuient sur les observations des universités, dont les enjeux ne sont pas à négliger, bien sûr, mais ce rapport sur l’accès à l’enseignement supérieur n’est pas exhaustif. Et pourtant les membres de la commission ont essayé de rappeler cette réalité, mais ils n’ont pas été entendus. Ils ont baissé les bras.

Alors, nous qui sommes au cœur de la problématique de l’apprentissage dans le supérieur, nous complétons ici les recommandations de ce rapport : il faut sécuriser le système, plutôt que de le stigmatiser !

Il faut soutenir l’apprentissage dans l’enseignement supérieur porté par les établissements publics et les réseaux consulaires. Ainsi, nous pourrons :

  • répondre aux besoins de compétences clairement identifiés dans les territoires
  • donner une meilleure accessibilité à l’enseignement supérieur pour les étudiants qui recherchent une voie d’excellence en alternance.

Intervention de Sébastien KUGLER

Chambres de métiers et d’artisanat Nouvelle-Aquitaine - CMA
  • En lien avec nos collègues des CCI et des Chambres d’Agriculture, nous insistons sur la nécessité de relier les besoins des entreprises aux formations supérieures.
  • En effet, les entreprises des différents bassins économiques connaissent leurs besoins de compétences, tant dans l’immédiat que pour l’avenir… Les Chambres consulaires doivent participer aux travaux qui orientent l’offre de formation supérieure, en particulier dans les filières industrielles, artisanales et agricoles.
  • Le rapport précise : « Dans le même esprit, l’essor de l’apprentissage en particulier dans le supérieur constitue un levier puissant pour l’insertion, la professionnalisation et représente un levier pour l’enseignement supérieur dans certains cas, mais appelle une vigilance particulière.
  • Cette voie, porteuse d’opportunités, ne doit pas devenir une alternative subie, ni accentuer les écarts entre les jeunes selon leur origine sociale ou leur environnement territorial. Si l’apprentissage répond aux besoins économiques des entreprises et favorise l’emploi local, il doit être pleinement intégré à une stratégie globale d’élévation des qualifications et d’égalité des chances. »
  • Sérieusement, qui peut prétendre que l’enseignement supérieur en apprentissage constitue une alternance subie ???
  • Se former et apprendre un métier au contact d’un maître d’apprentissage n’a rien d’une aliénation !
  • Dans le même ordre d’idée, nous voulons aussi revenir sur le vote des amendements : l’amendement numéro 15 qui a obtenu un avis favorable de la commission, est tout simplement aberrant !
  • Au motif que « cela n’a rien à voir avec l’accès au supérieur des bacheliers et des bachelières », plusieurs paragraphes sur l’adéquation des formations supérieures avec les besoins de l’économie locale sont caviardés !
  • Faut-il déconnecter totalement les formations supérieures du monde du travail, de l’économie réelle et des territoires ???
  • A un niveau plus technique, concernant le logement, la mobilité et les conditions de vie des jeunes, nous demandons que les politiques régionales de logement étudiant intègrent explicitement les besoins des apprentis et, lorsque cela est pertinent, des saisonniers, notamment dans les territoires agricoles et touristiques.

Intervention de Olivier CHABOT

au nom de la délégation CFDT

Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les conseillers,

La CFDT souhaite tout d’abord saluer le travail conduit par la Commission 1 dans le cadre de cette autosaisine portant sur les conditions d’accès à l’enseignement supérieur en Nouvelle-Aquitaine.

Dans un environnement où la Région est fortement impliquée sur les questions de jeunesse et de parcours de formation, au regard de ce qu’elle met en œuvre et des ambitions qu’elle affiche, ce rapport aborde un enjeu majeur. Cet enjeu est celui de l’accès effectif à l’enseignement supérieur pour toutes les néo-bachelières et tous les néo-bacheliers, dans un contexte marqué par de fortes disparités territoriales, sociales et économiques.

Nous partageons pleinement l’idée que l’accès à l’enseignement supérieur ne se joue pas uniquement sur le principe du droit, mais sur la réalité des conditions dans lesquelles les jeunes peuvent poursuivre leurs études.

Les constats posés par le rapport montrent clairement le poids des déterminants sociaux, matériels et territoriaux dans les trajectoires. Le logement, la mobilité, les ressources, les conditions d’accueil et d’accompagnement pèsent fortement sur les choix et les renoncements. Le rapport souligne également l’importance d’un maillage équilibré de l’offre de formation. Il met en évidence la nécessité d’une meilleure lisibilité des parcours et d’un accompagnement renforcé dans les phases de transition.

Plusieurs préconisations vont dans ce sens. Elles visent à réduire les inégalités territoriales d’accès à l’enseignement supérieur. Elles insistent sur l’importance des formations de proximité et de leur articulation. Elles rappellent le rôle central des conditions de vie étudiante, notamment le logement et la mobilité, dans la poursuite d’études. Elles soulignent enfin la nécessité d’améliorer l’information et l’accompagnement des jeunes afin de sécuriser les parcours et d’éviter que des jeunes ne se détournent de l’enseignement supérieur avant même d’y entrer.

Par ailleurs, la loi Avenir de 2018 a fortement libéralisé le monde de la formation en ouvrant notamment la possibilité à tous les organismes de formation de faire de l’apprentissage, et ce jusqu’à 30 ans, avec de nombreux cas de dérogation, s’éloignant ainsi de la mission de formation initiale de l’apprentissage. Nous devrons collectivement porter une attention particulière à la situation de ces nombreux et nombreuses jeunes néo-aquitains qui sortent chaque année de ces formations avec en poche de pseudo-diplômes (bachelors, masteres, certifications diverses) à la valeur toute relative, sans parler des ruptures anticipées peu ou pas identifiées par les pouvoirs publics comme nous l’ont confirmé un certain nombre d’auditions, tout particulièrement représentants de l’Éducation Nationale et des Universités de la Région.

Cette question est d’autant plus importante que l’Université publique est touchée par un désengagement récurrent de l’État dans l’enseignement supérieur et la recherche.

Enfin, si ce rapport porte légitimement sur l’accès à l’enseignement supérieur des néo-bachelières et des néo-bacheliers, il rappelle aussi l’importance de penser les parcours dans leur continuité, en lien avec la formation professionnelle et la formation tout au long de la vie.

Dans cet esprit, nous considérons que ce rapport constitue un éclairage nécessaire pour nourrir la réflexion collective sur l’accès à l’enseignement supérieur. La CFDT votera ce rapport et appelle à ce qu’il puisse servir de base à des évolutions concrètes et partagées.

Intervention de Véronique LE CLOÎTRE

au nom de la délégation CFE-CGC

Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les conseillers, La délégation CFE-CGC souhaite saluer la pertinence du rapport présenté. Il met en évidence un paradoxe bien connu : les jeunes néo-aquitains réussissent leur baccalauréat mieux que la moyenne nationale, mais poursuivent moins souvent leurs études. Les freins sont nombreux : disparités territoriales, isolement rural, coûts du logement, fracture numérique, manque de mobilité… autant de difficultés qui se cumulent.

Mais au-delà de ces constats, nous voulons insister sur ce qui constitue, selon nous, le cœur du problème comme celui de la solution : l’orientation.

En France, elle intervient trop tard et repose sur des acteurs dispersés, dont la multiplicité ajoute à la complexité, et souvent débordés. Les enseignants et les psychologues de l’Éducation Nationale ne peuvent assumer seuls cette mission ; les familles peinent à s’y retrouver ; et de nombreux lycéens arrivent dans l’enseignement supérieur sans préparation suffisante.

Les conséquences sont bien connues : choix par défaut, abandons précoces, réorientations subies, et un taux de réussite faible dans les filières non sélectives. Cela représente également un coût important pour la collectivité, rappelé par la Cour des comptes.

Il est donc nécessaire de changer d’échelle.

L’orientation doit devenir un véritable investissement : professionnalisé, pérenne, et pensé comme un accompagnement continu. Il s’agit d’aider chaque jeune à mieux se connaître, à comprendre les formations et les métiers, et à construire un projet réaliste, cohérent avec ses aspirations et ses capacités.

La CFE-CGC propose la création d’un accompagnement individualisé inspiré du Conseil en évolution professionnelle, afin d’offrir à chaque lycéen un espace structuré d’analyse, de dialogue et de projection. À défaut, le marché privé du coaching d’orientation continuera de se développer au détriment des jeunes les plus fragiles.

Dans ce cadre, l’intelligence artificielle peut être une aide précieuse pour identifier des parcours, clarifier les attendus ou repérer les aides, mais son usage devra être encadré, transparent et accessible à tous.

Enfin, s’orienter, c’est aussi accepter que ni la formation ni l’emploi ne se trouvent toujours au coin de la rue. Dans un contexte de tensions sur les financements de la formation tout au long de la vie, bien préparer le premier choix est plus essentiel que jamais.

L’orientation, ce n’est pas s’inscrire : c’est choisir avec lucidité et confiance. C’est donner aux jeunes les moyens de réussir durablement, et à notre région ceux de lutter efficacement contre les inégalités territoriales et sociales.

Pour toutes ces raisons, la délégation CFE-CGC accueille favorablement les orientations de ce rapport et souhaite qu’elles deviennent un levier majeur d’égalité des chances en Nouvelle-Aquitaine.

Intervention de Jean-Philippe JUIN

au nom de la délégation CGT

Cher(e)s Collègues, Les constats mis en lumière par le rapport d’autosaisine sur l’accès à l’enseignement supérieur des néo-bacheliers néo-aquitains rejoignent pour partie ceux que la CGT fait depuis des années, l’origine sociale et géographique pèse lourdement sur les choix d’études et de carrière. Des jeunes et leurs familles renoncent face aux difficultés financières et à l’impossibilité de concilier vie étudiante, travail et vie familiale.

À l’évidence, il y a des déterminants sociaux et territoriaux aggravants. La forte concentration géographique de l’offre d’enseignement supérieur, le coût prohibitif du logement et des transports, et le manque de proximité des formations jouent un rôle majeur.

Les moyens mis en œuvre dans l’information pour orienter les jeunes vers des études supérieures, le fait que tous les acteurs, dont l’État, via l’Éducation nationale et la Région jouent un rôle plus souvent en parallèle, qu’en réelle concertation, éloignent les élèves d’une information claire qui leur permettrait de faire leur choix en fonction de leurs envies et de leurs connaissances.

Le coût des études est forcément un point de renoncement important, la CGT dénonce depuis longtemps l’obligation pour de nombreux étudiants-étudiantes de devoir travailler en parallèle de leurs études, qui au-delà de 15 heures par semaine, met en péril la réussite à leurs examens. Que dire des files d’attente qui se constituent aux abords des facultés pour aller chercher de la nourriture ?

Les lieux d’enseignements publics, plus accessibles financièrement, sont de plus en plus concurrencés par les offres privées auxquelles nombre de jeunes souvent issus de familles disposant de peu de moyens, cèdent à la tentation de l’inscription, pour des raisons diverses évoquées dans le rapport, sans mesurer les effets pervers engendrés, dont le risque d’endettement, ne constitue que l’un des axes. Que dire de l’apprentissage où, entre 2022 et 2024, plus de trois apprentis sur quatre étaient rattachés à une école privée, proportion qui ne cesse de progresser. 99 % des étudiants en école de commerce ont intégré une école privée !

Ces formations proposées par les écoles privées ne sont pas toujours à la hauteur des attentes des étudiants-étudiantes, et peuvent même parfois les tromper tant dans leur intitulé que dans la reconnaissance promise de la certification à obtenir.

Ce rapport émet des préconisations que nous partageons dans l’ensemble. La Région Nouvelle-Aquitaine peut avoir un rôle important sur l’aménagement du territoire, en améliorant l’accès aux pôles majeurs universitaires, en rapprochant les lieux de savoir vers les lieux d’habitations des étudiants. Elle peut prendre la décision de rendre plus accessible le coût des transports pour les jeunes néo-bacheliers. Elle peut également imaginer un lieu d’information sur l’orientation qui serait mieux connu et reconnu des jeunes et de leurs familles.

Mais la volonté de voir de plus en plus de jeunes réussir leurs études après le bac passe par une implication de tous les acteurs, l’État, via l’Éducation nationale en premier lieu.

La CGT revendique Un véritable service public de l’éducation.

Sa dimension nationale, sa proximité locale et son unité doivent être renforcées. Il doit garantir la gratuité de l’enseignement, l’égalité d’accès pour chaque jeune, fille et garçon, et la prise en compte des spécificités liées notamment à l’origine sociale, ethnique ou territoriale, aux « déficits » fonctionnels, de manière à ce qu’ils ne constituent pas des handicaps. L’apprentissage doit être conçu en complémentarité et non en concurrence à la voie scolaire et universitaire.

Le service public de l’orientation scolaire et professionnelle doit accompagner chaque jeune tout au long de sa scolarité et lui permettre d’accéder à la filière de son choix. Il doit faire le lien entre le système éducatif et le monde du travail dans le respect des aspirations de chaque jeune.

Cela passe a minima par l’équipement des établissements scolaires et d’enseignement supérieur et le développement d’une formation initiale adaptée, en assurant le maillage territorial indispensable à la proximité des besoins. Mais cela ne peut se faire également qu’au prix de l’attribution de moyens financiers et humains dignes de ce nom par les pouvoirs publics, notamment dans le cadre du budget de l’État qui doit reconnaitre concrètement et ne pas seulement afficher de manière incantatoire, l’éducation comme une priorité. L’histoire ne semble pas aller dans ce sens, mais elle n’est pas écrite une fois pour toute.

Enfin, assurer la gratuité totale des études, cela implique aussi le versement des aides financières nécessaires, notamment en relevant et en augmentant les bourses et en assurant à tout étudiant-étudiante, en fonction de sa situation individuelle, une allocation d’autonomie.

La CGT votera l’adoption du rapport.

Intervention de Flavien THOMAS

au nom de la délégation FSU

Monsieur le Président, cher·es collègues, Le rapport que nous examinons aujourd’hui a le mérite de poser un diagnostic utile sur l’accès à l’enseignement supérieur en Nouvelle-Aquitaine. Vous avez d’ailleurs voté, et nous vous en remercions, l’amendement FSU rappelant que l’accès à l’enseignement supérieur est un levier essentiel d’émancipation individuelle et collective, de construction citoyenne et d’ascenseur social pour toute la jeunesse. Il permet la structuration individuelle, la confrontation au savoir, la mixité sociale, l’intégration dans des réseaux jusque-là inaccessibles, et il constitue à ce titre un droit fondamental à garantir pour toutes et tous.

À partir de là, nous pourrions vous rappeler combien les trajectoires vers le supérieur restent socialement marquées dès le lycée, entre les différentes voies qui conditionnent fortement les poursuites d’études possibles, qu’il s’agisse des BTS, des IUT, de l’université, des classes préparatoires ou des écoles. Les chiffres nationaux sont connus et persistants : 36,4 pour cent des étudiant·es ont des parents cadres, contre 9,6 pour cent issus de milieux ouvriers ; les femmes représentent 56 pour cent des effectifs mais restent minoritaires dans les filières les plus sélectives ; et près de 80 pour cent des étudiant·es en situation de handicap sont à l’université. Nous aurions aussi pu nous questionner collectivement sur les raisons qui font que le Limousin s’en sort mieux, finalement, que les deux autres académies. La FSU aurait insisté sur les meilleurs taux d’emploi des jeunes qui ont fait des études plus longues, ou sur la piètre qualité de certaines formations privées et sur le brouillage que celles-ci organisent pour perdre les familles. Notre organisation syndicale aurait aussi dénoncé l’abandon budgétaire de la mission d’orientation par l’État et du manque cruel de recrutements pour réellement accompagner les jeunes dans ces transitions de vie.

Mais la FSU veut s’arrêter sur un point essentiel : l’accès à l’enseignement supérieur est un droit fondamental, un droit qui répond à un impératif d’égalité, une promesse républicaine, et qui ne doit pas être pensé comme une charge, mais comme un investissement dans l’avenir.

Or la colonne vertébrale de cet accès, l’université, aurait dû absorber une hausse de 20 pour cent d’étudiant·es depuis 2010 sans que les moyens suivent. Là où nos générations ont bénéficié d’un investissement massif, il a été fait le choix de restreindre les accès aux formations les plus demandées à travers Parcoursup, qui organise la pénurie plus qu’il ne garantit un droit effectif.

Par ailleurs, le rapport met en évidence l’attachement des jeunes à leur territoire et en tire des propositions. Mais il faut lire ce fait avant tout comme le résultat de contraintes très concrètes. Choisir une formation de proximité n’est pas toujours un choix par appétence, mais souvent un choix par défaut. Partir coûte cher, le logement est incertain, les transports insuffisants, l’éloignement inquiète, et sans appui familial solide, étudier loin de chez soi devient un véritable parcours d’obstacles. Bordeaux, puisque nous sommes en Nouvelle-Aquitaine, en est un exemple tout particulier. Ce que le rapport suggère sans toujours l’affirmer clairement, c’est que l’accès au supérieur doit être facilité si l’on veut que les jeunes s’émancipent au travers de leur parcours de formation, émancipation qui sera une force dans leur vie professionnelle.

Au moment de voter ce rapport, il nous appartient donc de porter une ambition claire : renforcer l’offre publique d’accueil de qualité en licence et en master ; l’offre de logement et de transport dans les universités, dont celles de la métropole comme sur l’ensemble du territoire ; d’assumer pleinement le rôle central de l’université dans la démocratisation ; d’assurer la continuité des parcours de tous les jeunes par les BTS et les IUT ; de sécuriser les parcours de mobilité ; et de refuser toute logique qui transforme l’orientation en tri social. C’est à cette condition que l’enseignement supérieur sera pleinement accessible pour jouer son rôle émancipateur pour l’ensemble des jeunes et son rôle économique et social pour l’avenir de la Nouvelle-Aquitaine.