2.4 Les différences territoriales : une analyse complexe

Il est possible de formuler l’hypothèse que les cahiers de doléances présentent des différences en fonction des territoires. Ces différences pourraient être de deux ordres : certains enjeux nationaux sont-ils évoqués plus fréquemment dans certains territoires et pourquoi ? Des enjeux locaux, concernant tout particulièrement certains territoires, sont-ils évoqués dans ces territoires ? L’analyse des différences territoriales montrent que ces dernières doivent être analysées finement par thématique et par territoire et qu’aucune conclusion générale ne peut être tirée (1). Toutefois, comme nous l’avons vu, rapportées à leur population, les communes rurales ont davantage contribué aux cahiers de doléances. Cela se traduit par la forte présence de la thématique du maintien des services dans les milieux ruraux (2).

2.4.1 La nécessité d’une analyse fine par thématique et par territoire

Les doléances abordent essentiellement des sujets nationaux et/ou relevant de la compétence de l’État (responsables politiques nationaux, fiscalité, budget de l’État, orientations politiques au niveau national). Comme évoqué précédemment, ce constat peut s’expliquer par le contexte et la nature de l’exercice (cf. partie I).

Par ailleurs, seule une analyse fine et exhaustive par thématique et par territoire permettrait de confirmer l’hypothèse de variants territoriaux sur un sujet. Or, les moyens disponibles pour rédiger ce rapport ne sont pas suffisants pour conduire une telle analyse. Les travaux scientifiques en cours en Nouvelle-Aquitaine permettront ainsi d’affiner et, par conséquent, de confirmer ou infirmer cette hypothèse en fonction des thèmes abordés.

Plusieurs éléments peuvent toutefois être relevés. Certaines analyses conduites au niveau national ont ainsi permis de mettre en évidence des différences territoriales. La répartition territoriale de l’évocation du terme « immigration » montre que ce terme est davantage évoqué dans les grands centres urbains et dans les territoires où la proportion d’immigrés dans la population en 2017 était forte. Paradoxalement, cette fréquence est inversement proportionnelle au score de Marine LE PEN au premier tour de l’élection présidentielle de 2017. Ainsi, « là où les immigrés sont nombreux, on en parle dans les cahiers et on ne vote pas RN »196. Toutefois, cette analyse doit être nuancée au regard de travaux récents évoqués précédemment qui ont porté sur un groupe de mots plus large que la seule notion « d’immigration » et qui ont montré que cette thématique est davantage évoquée sous l’angle d’un phénomène que sous l’angle d’une expérience vécue. En outre, l’analyse par catégories de densité montre que ce sont « les communes rurales à habitat dispersé et très dispersé qui ont le plus traité du thème de l’immigration »197.

Ces résultats quelque peu contradictoires montrent la grande difficulté de traitement des données issues des cahiers de doléances, en raison de la faible qualité du corpus retranscrit numériquement et de la difficulté d’identifier des thématiques majoritaires. Les articles les plus récents s’efforcent d’améliorer la qualité du corpus et d’étudier ces subtilités.

Par ailleurs, certains enjeux locaux sont présents dans les cahiers de doléances, bien que minoritaires, en moyenne, par rapport aux enjeux nationaux. Ainsi, la thématique de l’éolien présente des différences territoriales manifestes. L’analyse de ces différences met en exergue la particularité de l’ex-Région Poitou-Charentes par rapport au reste de la Nouvelle-Aquitaine, et plus largement, par rapport au reste de la France198. Ce thème est peu mentionné, bien que mentionné dans toutes les régions et tous les départements de France. Deux territoires se singularisent par une fréquence importante : la vallée du Rhône et le centre de la Nouvelle-Aquitaine. En outre, l’éolien est davantage mentionné dans les communes rurales. Plus la densité de la commune augmente, moins la mention de l’éolien est importante. Ce résultat est cohérent avec les lieux d’implantation des installations éoliennes, qui se trouvent davantage dans les communes rurales à habitat dispersé et très dispersé que dans les autres communes. Le cas des éoliennes révèle un constat général au sujet du déploiement des énergies bas-carbone, qui se fait de manière peu centralisée et davantage dans les espaces ruraux.

Ce résultat témoigne également d’une « politisation du proche », c’est-à-dire d’enjeux locaux dans les cahiers. Les chercheurs font ainsi le constat que l’évocation de l’éolien est plus fréquente dans les communes à très faible distance (moins de 2 km) ou éloignées (entre 30 et 50 km) d’installations éoliennes existantes ou en projet. L’analyse plus précise des contributions charentaises a permis de mieux comprendre les différents arguments associés à la proximité de l’éolien. Trois principaux thèmes apparaissent : « les perceptions visuelles et sonores des mâts et les conséquences sur le paysage et le cadre de vie, les opinions à propos du fonctionnement du marché de l’éolien et les questions sur la place de l’éolien dans la transition énergétique »199.

Par ailleurs, l’enjeu lié au logement semble moins abordé en comparaison à d’autres sujets tels que les transports ou la santé. La répartition géographique de ces enjeux ne semble pas correspondre aux lieux qui connaissent les problématiques les plus fortes en la matière. L’analyse des cahiers de plusieurs communes du Pays basque aboutit notamment au constat d’une faible évocation du sujet du logement, malgré l’importance de cet enjeu au niveau local. Au sein du département de la Charente-Maritime, la question du logement semble fortement territorialisée et son évocation varie d’une commune à l’autre200.

Enfin, si l’analyse des cahiers de doléances se heurte à un corpus de qualité inégale, la plateforme en ligne du Grand débat constitue un corpus plus facilement exploitable. Ainsi, certains travaux ont montré que la hiérarchie entre les quatre thèmes du Grand débat était la même quel que soit le département : le thème « Fiscalité et dépenses publiques » a recueilli le plus de contributions, suivi de la transition écologique, puis de « Démocratie et citoyenneté » et enfin de « l’organisation de l’État et des services publics »201. L’intérêt spécifique pour chaque thème diffère en fonction des départements. La Nouvelle-Aquitaine témoigne d’un intérêt marqué pour la « fiscalité ». Toutefois, plus on s’éloigne du littoral atlantique, plus la participation au thème sur la fiscalité diminue. Le thème « Transition écologique » a fait l’objet de davantage de contributions en Charente et en Creuse, suivi de la Vienne et des Deux-Sèvres. Enfin, l’intérêt pour « l’organisation de l’État et les services publics » est le plus fort dans les départements de la diagonale des faibles densités (Creuse, Dordogne, Lot-et-Garonne, Landes, Pyrénées-Atlantiques), reflétant l’importance du maintien des services de proximité dans les contributions de ces territoires. Si ces résultats sur la plateforme en ligne permettent d’identifier des tendances, ils ne donnent que peu d’informations sur le contenu précis des propositions les plus fréquentes. En outre, l’expression était limitée aux quatre thèmes évoqués et la participation a été la plus forte dans les départements au niveau de vie médian et au niveau de diplôme médian les plus élevés. Il est donc vraisemblable que l’analyse des cahiers de doléances présente des résultats différents.

Ainsi, l’hypothèse de différences territoriales est vérifiée dans certains cas précis pour les cahiers de doléances et, de manière générale, au sujet de la plateforme en ligne. Néanmoins, nous ne pouvons affirmer aucune conclusion générale au sujet des cahiers de doléances. L’hypothèse de différences territoriales pourra être étayée par les travaux scientifiques en cours, en s’intéressant à une thématique particulière et à des échelles territoriales comparables.

2.4.2 Les ruralités dans les cahiers : la mise en lumière des préoccupations de certains territoires peu denses

Comme nous l’avons vu, les communes rurales de faible densité ont davantage contribué aux cahiers de doléances que les communes de densité plus importante (cf. partie I). Les doléances des territoires ruraux de faible densité présentent une singularité, en cohérence avec les résultats concernant la plateforme en ligne (cf. supra). Dans les contributions de ces territoires, le sentiment d’appartenance locale et la question du maintien des services de proximité sont particulièrement présents.

1. Les doléances des petites communes rurales : des bourgs ruraux aux territoires de « l’hyper-ruralité »

Ces préoccupations sont particulièrement présentes dans les doléances de la Creuse, département à la densité de population la plus faible de Nouvelle-Aquitaine, comme le montre les travaux de Manon PENGAM202.

Ces préoccupations se trouvent également sous des formes relativement similaires dans d’autres « communes rurales », au sens de la grille de densité élaborée par l’INSEE. L’analyse de la densité des communes de Nouvelle-Aquitaine permet ainsi d’identifier des différences importantes au sein des départements. La Gironde présente une répartition de densité très contrastée. Plus on s’éloigne des centres urbains de Bordeaux et d’Arcachon, plus la densité diminue. Or, certaines contributions du Médoc (caractérisé par la prédominance de bourgs ruraux et de communes rurales à habitat dispersé) expriment des préoccupations similaires à celles de la Creuse. La notion de « petites communes rurales » est source d’identité collective, distincte des « métropoles », comme le montre la contribution ci-dessous.

« Les petites communes rurales sont trop sacrifiées au profit des métropoles
- les routes les fossés
- les magasins qui ferment
- les infrastructures qui diminuent
- le travail difficile à trouver
Quelles sont les solutions ? » (Saint-Vivien de Médoc, Gironde).

Afin de mieux comprendre ces préoccupations, Manon PENGAM reprend à son compte la notion « d’hyper-ruralité », issue d’un rapport du Sénat établi en 2014 par Alain BERTRAND, sénateur de Lozère203. Ce rapport définissait l’hyper-ruralité comme « la fraction la plus rurale, la plus enclavée, la plus distante des services et la moins pourvue en centralités ». L’échelle d’analyse des bassins de vie est privilégiée et 250 bassins de vie « hyper-ruraux » sont identifiés. La Nouvelle-Aquitaine compte ainsi des départements hyper-ruraux comme la Creuse et la Corrèze et des départements où les bassins de vie hyper-ruraux existent mais sont moins nombreux.

2. Un « mode d’habiter » singulier : étudier les ruralités en et par elles-mêmes

Selon Manon PENGAM, les cahiers de doléances constituent une richesse toute particulière car ils offrent une « porte d’entrée vers les discours de l’hyper-ruralité, jusque-là peu étudiés pour eux-mêmes »204. À rebours des analyses stigmatisantes forgées par des observateurs extérieurs, les doléances permettent de mieux comprendre les représentations endogènes qu’ont les habitantes et habitants de leur territoire. Il ressort de l’analyse que « la vie en milieu rural s’apparente à un régime de vérité singulier, marqué du sceau d’une expérience commune, réelle ou essentialisée, mais dont la connaissance échapperait dans tous les cas à la classe dirigeante ». Cette vie constitue « un mode d’habiter » identique, fait de « vécus communs et de pratiques partagées », « d’un éthos particulier », qui se caractérise par un sentiment d’abandon de l’État et d’éloignement des services publics et du marché de l’emploi205 .

3. Les « oubliés » : entre attachement au territoire et sentiment d’injustice et de mépris

En effet, l’analyse des doléances montre l’existence d’un « sentiment commun d’appartenance au territoire »206. Le territoire constitue une source de conscience collective, qui forme un « nous ».

En Creuse, ce « nous » est d’abord associé au département, comme le montrent les extraits decontribution ci-dessous. Cette conscience collective transcende les réalités pourtant très hétérogènes en matière d’accès aux services, en fonction du lieu de résidence au sein du département. Ce « nous » s’étend ensuite à l’identité collective « d’hyper-ruraux ». Les Creusois rapprochent leur situation de celle que connaissent d’autres départements très peu denses tels que la Lozère. Enfin, en Creuse comme dans d’autres territoires ruraux de Nouvelle-Aquitaine, le « nous » regroupe les habitants de « petites communes rurales ». Les expressions récurrentes « en zone rurale »,« en milieu rural », ou encore « ici » témoignent de ce sentiment commun d’appartenance au territoire, inscrit dans un régime de vérité générale qui présente « un régime de disparités entre territoires urbains et ruraux »207.

« Citoyen lambda en Creuse », « Néorural dans la Creuse depuis 1985 », « Je suis une Creusoise et fière de l’être », « Nous, Creusois », « Pour notre département »
« Ce qui est vrai en ville ne l’est pas forcément en milieu rural » (Extraits de contribution, Creuse) (Source : PENGAM, Manon [2023], art. cit., p. 56-57).

Ce « nous » traduit autant une position « passive », et notamment le « caractère subi de décisions perçues comme brutales et parfois soudaines »208, qu’une position « active », associée à l’exigence de réponses politiques et de changement. Enfin, il traduit l’opposition particulièrement forte en Creuse entre « petits » et « grands » dans les doléances, qui s’applique ici à l’aménagement du territoire et aux « petits » établissements de proximité face aux « grands centres urbains ». Ces discours témoignent d’une appropriation du discours comparant ruralité et « métropoles ». En effet, ils comparent « le préjudice subi avec un passé plus favorable ainsi qu’avec le sort, jugé à tort ou à raison plus enviable, de ce qu’ils appellent eux-mêmes les métropoles »209.

Ces disparités de traitement entre territoires urbains et ruraux suscitent divers sentiments. Le sentiment d’injustice est particulièrement présent, face au constat que les habitants de ces territoires payent les « mêmes impôts et taxes que les urbains alors qu’ils ne bénéficient pas des mêmes services » (extrait de contribution). Les revendications en matière de justice sociale et fiscale évoquées précédemment s’appuient donc ici sur une dénonciation des inégalités territoriales d’accès aux services. Le sentiment d’isolement, d’abandon voire de détresse est également identifié par Manon PENGAM et dans d’autres territoires hors de la Nouvelle-Aquitaine, tels que la Somme.

« Ici on a plus rien » ; « ici “on crève” !!! » (Extraits de contribution, Creuse) (Source : PENGAM, Manon [2023], art. cit.,, p. 57)
« Le rural ne veut pas mourir » (Extrait d’une contribution, Somme) (OZOUF MARIGNIER, Marie-Vic [2025], art. cit., p. 56).

Enfin, ces disparités sont associées à un sentiment de négligence et de mépris des représentants nationaux. Ces attitudes s’expliqueraient par le manque de représentativité des parlementaires et plusieurs contributions souhaitent le rétablissement d’un seuil minimum de deux députés pour les départements les moins densément peuplés.

4. L’accès aux services de proximité : un enjeu majeur

L’accès aux services de proximité apparaît dans les doléances de ces territoires comme un enjeu majeur. Il est intéressant de noter que ce sujet était également au cœur des doléances de 1789, notamment « le détail des relations des habitants et habitantes au territoire, les conditions de déplacement et d’accessibilité ainsi que les liens de dépendance entre centralités urbaines et campagnes »210. Il convient de préciser la nature de ces contributions.

Ces dernières mettent d’abord en avant la fermeture progressive de divers établissements de proximité et l’éloignement croissant à ces services. Les énumérations de services avec des références locales sont en effet fréquentes, telles que les services des impôts, les écoles, les services de santé de proximité, les centres de formation professionnelle, la poste, le cinéma, les centres culturels, les piscines, les salles de sport, etc211. La disparition des petits commerces des centres-bourgs et villages est également mentionnée, tout comme l’inégale couverture du réseau téléphonique mobile et internet. Ces services et équipements concernent autant le secteur public que le secteur privé. Il s’agit donc davantage d’une disparition des « services de proximité », ou des « services aux publics », plutôt que des services publics, au sens restreint.

« 1) Problème de transport en Commun : Dans nos campagnes il est indispensable d’avoir une voiture, voir 2 voitures ! Car les transports en commun sont quasi inexistants. Le budget voiture (essence…) est énorme. Nous n’avons ni tramway, ni rer, ni métro, seulement la voiture !
Il faudrait repenser aux transports en commun dans les campagnes. À Brantome le bus scolaire de bonne heure le matin, 1 bus à 10h. Et un autre l’après-midi.
Les personnes âgées qui sont sans voiture prennent le taxi !!
Encore des frais supplémentaires.
2) Désert médical : que dire !! Dans notre si jolie commune qu’aucun médecin ne veut s’installer. Un cabinet médical a été construit et rien. On nous dit que les urgences sont saturées ! Normal.
J’espère de tout mon cœur assister au débat. Et je remercie les maires pour leurs contributions. » (Femme, Brantôme, Dordogne)

Face à la disparition de ces services de proximité, les enjeux liés à la mobilité sont particulièrement présents dans les doléances de ces territoires, en continuité avec les revendications exprimées par les Gilets jaunes en matière d’accès aux services. Ce sentiment d’éloignement et d’isolement s’accompagne de revendications liées à l’insuffisance des solutions de mobilité au niveau local, tout comme la raréfaction des lignes ferroviaires secondaires. Les doléances expriment une forte dépendance à la voiture individuelle pour toutes les activités de la vie quotidienne. L’analyse des doléances permet de mettre en lumière les divers enjeux que dissimule la question des transports : le poids croissant des dépenses liées au déplacement dans le budget des ménages, un poids particulièrement lourd pour certaines catégories sociales telles que les jeunes (accès à la formation et à l’emploi) et les personnes âgées (sans permis de conduire ou plus aptes à conduire). Les enjeux climatiques et environnementaux sont rappelés mais les déplacements sont vécus comme subis : la voiture électrique ne constitue pas une alternative, son impact écologique est questionné et cette solution s’avère trop onéreuse face à de faibles revenus, malgré les aides de l’État.

L’accès à la santé constitue un enjeu majeur en matière de services de proximité. En effet, les expressions « désertification », « désert médical » ou « désertification médicale » sont particulièrement fréquentes dans ces territoires212. Les doléances déplorent une offre de soins insuffisante et d’importantes difficultés d’accessibilité. Il s’agit d’une perception « non seulement en termes de rareté et de distance, mais aussi de temps d’attente pour l’accès »213, et ce, au sujet des médecins, des hôpitaux, des maternités, des centres de santé ou des structures d’accueil des personnes âgées ou des personnes en situation de handicap.

Parmi les doléances de la Creuse, la médecine générale « est au cœur des préoccupations et représente un enjeu vital ». Cette préoccupation est associée à des revendications en matière d’obligations d’exercer « en campagne » pendant des périodes de stage ou pendant les premières années d’exercice. Le « droit d’être soigné sur sa commune » est notamment évoqué.

« À propos des médecins : obligation (tout court) de travailler 3 ou 5 ans en campagne ».
« Je pense que la décision doit venir « d’en Haut » pour faire venir les médecins et autres professionnels de santé dans nos territoires ruraux. Peut-être obligation d’effectuer des stages en milieu rural au cours de leurs études ».
« Donner le droit aux citoyens d’être soignés sur leur commune, obligation de médecins dans nos campagnes » (Extraits de contributions, Creuse) (Source : PENGAM, Manon [2023], art. cit., p. 56)

Comme vu précédemment, des élus et élues locaux se sont également exprimés dans les cahiers (cf. partie I), notamment celles et ceux de petites communes rurales. Aux côtés des habitants et habitantes, ces élues et élus rappellent l’importance de prendre des mesures contre la raréfaction des services de proximité dans leurs territoires.

« Je suis comme les autres maires de France très inquiet sur l’avenir de nos petites communes.
En effet nos services de proximité s’éclipsent peu à peu avec le regroupement au sein des nouvelles communautés de commune.
La ruralité fait peur au futur habitant potentiel les premières des choses demandées lorsqu’un nouveau résident veut s’installer sont les suivantes :
- Avez-vous une école
- Avez-vous des médecins, un dentiste, des infirmières
- Avez-vous une gendarmerie
- Combien avez-vous de commerces sur votre village
- Avez-vous un service à la personne
- À quelle distance avez-vous un service d’urgence ou un hôpital. »
(Villefranche du Périgord, Dordogne)