2.3 Les contributions relatives à la citoyenneté politique : redonner du pouvoir d’agir

Les contributions portent également sur les dimensions politiques de la citoyenneté. En effet, pouvoir de vivre et pouvoir d’agir sont les deux faces de la « dignité citoyenne », que les cahiers de doléances réclament. Selon le sociologue Guillaume GOURGUES, la revendication du référendum d’initiative citoyenne (RIC) matérialise des aspirations plus larges à une « démocratisation de la société », qui « est envisagée comme la rencontre entre une ouverture participative des institutions et une nécessaire égalisation des conditions de vie »180. Les doléances expriment que les hautes fonctions politiques et administratives conféreraient des « avantages » qui accentueraient leur distance sociale avec les citoyennes et les citoyens, et expliqueraient leur ignorance, voire leur mépris, envers les conditions de vie des catégories moyennes et populaires (1). En outre, les responsables politiques s’accapareraient le pouvoir de décision. Face à cet enjeu, la proposition du RIC incarne une « requête de représentativité des institutions » et une refonte plus large de notre système représentatif, afin de « réduire la dimension aristocratique des institutions »181. Il s’agit de mieux associer les citoyens à l’élaboration et la mise en œuvre des politiques publiques et de renforcer leur pouvoir d’agir (2). Ces revendications sont fréquemment associées à un attachement aux valeurs républicaines, dévoyées par les évolutions récentes, et plus rarement, à des considérations au sujet de la souveraineté nationale (3).

2.3.1 La dénonciation de ce qui est perçu comme des « avantages » et des « privilèges » des responsables politiques nationaux

La dénonciation des « avantages » et « privilèges » des représentants politiques et hauts fonctionnaires constituent un des sujets les plus fréquents en matière de citoyenneté politique. Les cahiers de doléances expriment la rupture de confiance envers les représentants politiques qui, par leurs « avantages » et « privilèges », bénéficieraient d’un statut à part par rapport aux autres citoyens. Comme dans les cahiers de doléances de 1789, le thème des « privilèges » est très fréquemment abordé182. Le mot « avantage » est présent dans 52 % des contributions. Le mot « privilège » est évoqué dans 41 % des contributions183. L’analyse spatiale montre une relative homogénéité de ces thématiques sur le territoire, légèrement plus forte dans les villes moyennes.

Les représentants politiques nationaux et les hauts fonctionnaires sont souvent désignés par le pronom « vous » ou par des périphrases plus précises telles que « les membres du Gouvernement » ou « les parlementaires ».

Leur traitement différencié serait lié à des « avantages directs et indirects ». Les « avantages directs » régulièrement évoqués sont le niveau élevé des indemnités des élus (ou des salaires des hauts fonctionnaires) et la « rémunération à vie » ou les pensions de retraite, perçues à l’issue d’un mandat. Les « avantages indirects » correspondent aux « chauffeurs », aux « services personnels », à « la vaisselle présidentielle », aux rénovations de bureaux et appartements de fonction, aux « jets privés », etc.

Or, ces avantages sont vivement critiqués pour diverses raisons. D’abord, ce thème est présenté comme une question budgétaire : il s’agit de réduire les dépenses publiques. Face à un niveau de dette publique particulièrement élevé, notamment depuis la crise financière de 2008, les contributions insistent sur la nécessité de « réduire » les dépenses de l’État générées par ces « avantages » et « privilèges ». Ces derniers sont très fréquemment comparés aux « efforts » demandés à « nous », les autres citoyens, en s’appuyant parfois sur des exemples tels que la hausse de la CSG ou la réduction des aides personnelles aux logements (APL). Ainsi, les politiques de baisse des dépenses publiques sont interrogées et mises en lien direct avec ces « avantages ». Il s’agit ainsi de mieux répartir les efforts demandés face à la situation budgétaire, une question particulièrement actuelle au regard des débats constants sur la situation budgétaire de la France depuis la crise sanitaire liée à la COVID-19 et le début de la guerre en Ukraine.

« Je constate que de gouvernement en gouvernement, vous nous demandez tous de nous » serrer la ceinture » et d’être » solidaires ». Il faut aider son prochain. Sauf que nous sommes de moins en moins à pouvoir le faire. Et vous quand adopterez-vous ce vieil adage ? » (Extrait de contribution, Creuse) (Source : PENGAM, Manon [2023], art. cit.,, p. 54)

En outre, il s’agit d’un enjeu de justice sociale et fiscale visant à réduire la distance sociale entre représentants et représentés, réduire le fossé qui oppose le « nous » aux « vous » ou aux « eux ». En effet, les avantages et privilèges sont cités pour témoigner des écarts de styles de vie. Au « faste de l’État », sont opposées les difficultés financières rencontrées par les catégories moyennes et populaires « dès le 15 du mois ». Ce thème est également associé à un enjeu de justice fiscale, dans la mesure où ces avantages sont présentés comme « non imposables ». Par ailleurs, ces avantages seraient injustifiés au vu du manque d’assiduité des parlementaires. La manière dont les responsables politiques nationaux assument leurs fonctions est ici questionnée.

Enfin, ce traitement différencié concerne également l’égalité des citoyens devant la justice, et donc, l’État de droit. En effet, les « avantages » cités comportent également une dimension juridique. Les diverses affaires juridiques impliquant des responsables politiques alimentent les représentations autour d’une corruption généralisée, comme le montre la banalisation de certaines expressions convenues telles que « tous pourris ».

Les trois affaires BENALLA (violences contre des manifestants, utilisation de passeports diplomatiques, relations d’affaires avec des oligarques russes) ont notamment marqué l’année 2018, avant l’émergence du mouvement des Gilets jaunes, et sont évoquées dans certaines contributions.

« “Il y a des mots qui tuent”.
- Arrêter d’humilier, de mépriser le peuple.
- Arrêter d’être sourd aux demandes du peuple.
Instaurer plus de justice sociale et fiscale (…)
Baisse des impôts ne signifie pas baisse des services publics : STOP aux indemnités et aux avantages versés aux députés, ministres, sénateurs etc., qui ne sont plus en fonction !!!
- ÉGALITÉ devant JUSTICE (affaire BENALLA par exemple).
Qu’est-ce qu’un chef ?
Un rassembleur pas un diviseur. »
(Contribution anonyme et manuscrite, Solférino, Landes) (Source : DELLA SUDDA Magali, LETOURNEUR, Guillaume [2025]. art. cit.).
capture texte indemnites parlementaires imposables

Figure 13 : Photographie d’une doléance

(Saint-Vicien-de-Médoc) (Archives départementales de la Gironde, fonds 5999 W 331)

Ainsi, ces avantages et privilèges accentuent le sentiment de distance ou d’ignorance par rapport aux conditions de vie des catégories moyennes et populaires qui s’expriment dans les cahiers. Le registre de la colère ou de l’indignation est souvent associé à ces préoccupations, témoignant d’une forte défiance par rapport aux responsables politiques. Par ailleurs, ces remarques ne doivent pas être comprises sous un angle purement comptable en matière budgétaire. La suppression des avantages cités ne suffirait pas à rétablir l’équilibre budgétaire. Il s’agit plutôt de prendre conscience de leurs effets symboliques particulièrement importants. En effet, ces préoccupations sont aussi présentes que les revendications en matière de participation politique (cf. infra) dans les cahiers de doléances.

Enfin, ce thème vise tout particulièrement les responsables politiques nationaux. Le caractère général des propos laisse à penser que ces remarques s’appliquent à l’ensemble des responsables politiques et des hauts fonctionnaires. Toutefois, ces remarques s’accompagnent souvent, en miroir, d’une valorisation des personnes élues au niveau municipal, remerciées pour avoir ouvert un cahier et félicitées pour leur engagement local, comme le notent notamment les travaux portant sur les cahiers des Landes184.

En matière d’avantages et de privilèges, les propositions fréquemment évoquées dans les cahiers sont les suivantes :

  • la réduction du nombre de parlementaires (députés et sénateurs). Cette proposition regroupe une part particulièrement importante et homogène du corpus étudié au niveau national185,
  • la réduction, voire la suppression, des avantages et privilèges cités ;
  • la suppression du Sénat ;
  • le renforcement de l’échelon communal ;
  • d’autres propositions figurent également : la limitation des salaires des hauts fonctionnaires et des indemnités des élus, l’obligation de présence pour les parlementaires, etc.
« Les retraites diminuent depuis 2013 mais tout augmente. Plus de pouvoir d’achat. Il faut se priver de tout et que l’on [illisible]. En haut lieu il y a beaucoup de gâchis. Il faudrait diminuer le nombre de députés et de sénateur et on pourrait faire des économies.
Bon courage aux Gilets Jaunes. » (Contribution, Aiffres, Deux-Sèvres)

2.3.2 Une demande d’écoute et de renforcement de la participation citoyenne sous toutes ses formes

En plus de l’égalisation des conditions de vie, les doléances insistent sur la nécessité d’une transformation profonde de notre système représentatif actuel. En effet, l’aspiration à la « démocratisation de la démocratie » ne correspond pas à un rejet du système représentatif mais plutôt à la nécessité d’une refonte du rapport entre représentants et représentés, qui passe par l’égalisation des conditions de vie, un changement de posture (enjeux symboliques) et des réformes institutionnelles. En effet, derrière la revendication fréquente d’instauration du RIC, il ne s’agit pas seulement de mieux associer les citoyennes et les citoyens à la décision politique par des dispositifs participatifs, mais également de renforcer leur « pouvoir d’agir », en repensant la complémentarité entre démocratie directe, démocratie représentative et démocratie délibérative186.

« Élire des gens ne signifie pas qu’ils gouvernent sans nous mais avec nous. Nous avons notre mot à dire, nos maux aussi, nous ne sommes pas sous tutelle mais citoyens et ne voulons plus être gouvernés par des gens qui ne nous représentent plus. Vive et mise en place du R.I.C. » (Loudun, Vienne)

À cet égard, les doléances convergent avec les revendications des Gilets jaunes, à forte composante populaire par rapport aux mouvements sociaux précédents (cf. partie I). Ainsi, ces évènements montrent que les aspirations démocratiques sont partagées par l’ensemble des catégories sociales, y compris les catégories populaires, « traditionnellement exclues de la participation »187.

Ces aspirations démocratiques comportent plusieurs dimensions. D’abord, les doléances insistent sur la nécessité de repenser la posture des élus, afin de restaurer une confiance réciproque entre représentants-représentés. Ces enjeux comportent une dimension autant pratique que symbolique. Il s’agit de faire preuve d’une plus grande écoute, d’une attitude plus ouverte, moins verticale et méprisante. La reconnaissance de la « dignité » citoyenne se joue également dans le langage et les rapports que l’État entretient avec les administrés. Ces derniers peuvent se voir réifiés, c’est-à-dire « chosifiés » en numéros interchangeables davantage qu’en citoyens dotés d’un pouvoir politique et faisant partie intégrante d’une société démocratique.

« M. le Président, vous “gérez” le pays comme on gère une usine de boites de conserves (n° de sécu, carte identité, etc.). Au bout de la chaîne, la boite est sertie, codifiée, etc. les hommes et les femmes de ce pays ont une histoire, des valeurs de fraternité, des colères et ont une dignité et cela vous ne l’aurez pas et ne pourrez l’ôter, leur intelligence fraternelle et leur honneur, c’est leur force. Et vous croyez être président, regardez-vous, vous offensez ce pays et ceux qui triment. M. Macron, nous n’avons pas confiance en vous. » (Libourne, Gironde)
« Monsieur le Président de la République, c’est bien gentil d’ouvrir des “cahiers de doléances” mais déjà pourquoi vos équipes ne répondent-elles pas au courrier qu’on vous adresse ? On peut donc se poser des questions quant à la suite donnée à ces “cahiers de doléances”. Je vous joins donc les 2 lettres adressées en septembre 2018 ! » (Contribution manuscrite, Commensacq, Landes, accompagnée des deux courriers mentionnés) (Source : DELLA SUDDA Magali, LETOURNEUR, Guillaume (2025). art. cit.).

Plus largement, les doléances témoignent d’une demande de recréer les conditions d’un dialogue entre responsables politiques et citoyennes et citoyens, un dialogue moins vertical et formaté188. Ces conditions reposeraient sur une plus grande redevabilité et une amélioration des dispositifs de participation citoyenne actuels. La manière dont ses dispositifs sont mis en œuvre est vivement critiquée car ils seraient davantage utilisés comme des outils de communication, que de véritables outils de démocratisation. Il s’agit de ne plus tenir de promesses sans effets concrets. Ainsi, les contributions réaffirment que le résultat des dispositifs participatifs n’appartient pas aux gouvernants mais « constitue un bien commun »189. En cela, les contributions exigent que des suites soient données et que des comptes soient rendus en réponse aux doléances.

À ces revendications, s’ajoutent des revendications institutionnelles. La proposition du RIC est très fréquemment évoquée comme un moyen d’associer directement les citoyens à la décision politique. Or, les doléances ne se « contentent pas » de répéter « l’argumentaire développé par les collectifs mobilisés en faveur de cette mesure depuis trente ans »190. Le RIC figure comme une des mesures institutionnelles permettant de transformer notre système politique. De nombreuses revendications portent sur des mesures visant à repenser les modes de scrutin pour améliorer la représentativité des responsables politiques, telles que la meilleure prise en compte du vote blanc et une plus grande part de proportionnelle dans les divers scrutins. Enfin, certaines contributions réaffirment l’attachement à la citoyenneté et au vote comme un droit et surtout un devoir. Pour ces raisons, le vote obligatoire est une solution fréquemment évoquée.

« Chaque citoyen A DES DROITS MAIS AUSSI DES DEVOIRS. Parmi ces derniers, celui de participer à la vie de la cité. Le vote devrait être rendue obligatoire et si la liberté de vote était maintenue, ceux qui choisiraient de ne pas voter pourraient être privés de leurs avantages mieux ou passibles d’une amende dissuasive. On ne peut à la fois tout critiquer et refuser de prendre ses responsabilités.
Reconnaissance du VOTE BLANC COMME SUFFRAGE EXPRIMÉ. »
(Contribution manuscrite, Saint-Gor, Landes) (Source : DELLA SUDDA Magali, LETOURNEUR, Guillaume [2025]. art. cit.)

Enfin, les doléances réaffirment l’importance de légitimer et de valoriser l’engagement citoyen à travers des initiatives hors des espaces institutionnels. Il s’agit notamment de reconnaître la manifestation comme un mode légitime d’expression politique. Ces contributions condamnent à la fois la répression policière du mouvement et les dégradations et violences commises par les manifestants.

Par ailleurs, l’engagement bénévole sur les scènes locales, municipales et associatives est particulièrement valorisé. Ces doléances expriment la capacité d’action des citoyennes et des citoyens, qui souhaitent à la fois être mieux représentés et bénéficier de moyens plus importants pour agir de manière autonome, au niveau local et au quotidien.

2.3.3 L’attachement aux valeurs républicaines et les revendications plus rares sur la souveraineté nationale

Ces dimensions de la citoyenneté politique sont régulièrement associées dans les contributions au rappel de la devise de la République française : « Liberté, égalité, fraternité ». Or, ces valeurs seraient dévoyées au vu des constats dressés sur la situation de la France, et notamment en raison de l’augmentation des inégalités et du fossé croissant entre les catégories moyennes et populaires, d’un côté, et les responsables politiques nationaux et les plus fortunés, de l’autre.

Les solutions apportées sont donc parfois présentées comme un moyen de restaurer les valeurs aux fondements de la République française. Cet attachement se traduit parfois par des formules patriotiques, exprimant le souhait de pouvoir être à nouveau « fier d’être Français ».

« Malgré ses semaines de manifestation et Vous là haut toujours aussi obtus. Les Français vous paye ne l’oublier pas. Vous les privilégiés et nous les petits [mot illisible]. RIC et Démission sont la solution. » (Aiffres, Deux-Sèvres).

Le sentiment d’appartenance nationale se traduit donc davantage par un attachement aux valeurs républicaines, que par une conception exclusive et identitaire de la nationalité et du peuple « national », qui en exclurait les « étrangers ». L’attachement à l’autorité et les thématiques sécuritaires et identitaires semblent en effet plus minoritaires dans les cahiers de doléances, notamment en Gironde, où ce groupe de mots ne constitue qu’environ 3 % des doléances analysées191.

« Mes solutions vous feront peut-être sourire Monsieur le Président et irréalisables mais essayez de nous comprendre et de voir que vous avez une France qui va mal, que des gens sont dans la misère (plus que moi c’est sûr) mais il y a trop d’inégalités, et pour arriver et rester en haut, Monsieur le Président, il faut penser aux gens d’en bas et ne pas les mépriser, car la colère monte et notre pays perd de sa belle image de “Liberté, Égalité, Fraternité” et sachez, Monsieur le Président, que j’aime mon Pays et que je veux en être fier. » (Homme, contribution imprimée et déposée dans le cahier, Cachen, Landes) (Source : DELLA SUDDA Magali, LETOURNEUR, Guillaume [2025]. art. cit.)

Ces résultats doivent être pondérés en fonction des territoires étudiés et des méthodes d’analyse du corpus, comme nous le verrons. Toutefois, les études conduites sur l’ensemble du corpus, au niveau national, confirment que l’immigration est une thématique moins présente dans les cahiers de doléances que les retraites ou la suppression de l’ISF192. En effet, cette thématique est évoquée à travers plusieurs mots. L’analyse de ces mots révèle deux grands sous-thèmes : la question de l’accueil (« accueil », « intégration ») et celle du renvoi (« expulsion », « renvoi », etc.). En outre, les contributions traitent davantage de la politique migratoire et des « migrants » comme un groupe générique, accordé au masculin, « invisibilis[ant] les femmes migrantes ». Le corpus ne contient presque aucune mention de contributeurs qui se présenteraient eux-mêmes comme immigrés. Ainsi, « le thème de l’immigration – bien que présent – semble plus faire écho à un débat global qui surplombe d’autres thèmes plus manifestes (revalorisation des retraites, déserts médicaux, mobilité et coût du carburant, etc.), sans être directement liés, comme le sont ces derniers, à des situations vécues », « nombre de contributrices et contributeurs opposent à l’aide qui serait apportée aux immigrés en matière de logement ou de santé, par exemple, l’aide médicale d’État (AME), les difficultés qu’eux-mêmes rencontrent : pauvreté, pension de retraite modeste, etc. »193.

Par ailleurs, les questions de souveraineté nationale apparaissent plus fréquemment au sujet de l’évasion fiscale, et surtout celle pratiquée par les entreprises multinationales. Le sujet est également lié aux questions écologiques et aux politiques de l’Union européenne en la matière, comme le montrent les groupes de mots identifiés en Gironde (cf. annexe 16, classe 2)194.

Enfin, les questions européennes apparaissent également concernant les enjeux sociaux et politiques. Le passage à l’euro aurait marqué le début de l’augmentation du coût de la vie. Le non-respect du « non » au référendum de 2005 sur le traité établissant une Constitution pour l’Europe est présenté comme un élément de rupture en matière de confiance politique195.