Condition

Condition 1 — Mieux accompagner les acteurs locaux

La réussite de la mutation de l’industrie passera en premier lieu par le tissu industriel existant dans les territoires. Si un certain nombre de grands donneurs d’ordre sont implantés en Nouvelle-Aquitaine, ils ne constituent pas l’essentiel des entreprises. Rappelons que 95 % des établissements industriels régionaux comptent moins de 100 salariés. Ils sont souvent moins bien dimensionnés pour s’emparer des enjeux environnementaux, d’une part par un manque de moyens financiers, techniques ou humains et, d’autre part, par un manque de sensibilisation à ces enjeux. Un accompagnement à plusieurs niveaux est alors nécessaire pour que les entreprises mais aussi les décideurs publics s’engagent pleinement dans une démarche de transition écologique qui reste bénéfique à leur activité économique.

Sensibiliser les acteurs aux enjeux liés à la transition écologique et industrielle

Si un certain nombre d’entreprises ont d’ores et déjà engagé des démarches de transition que ce soit par conviction écologique ou considérations économiques, le pas reste encore à franchir pour d’autres qui n’ont pas forcément conscience de l’ensemble des enjeux, qu’il s’agisse des services écosystémiques dont dépend leur activité ou des risques climatiques. Selon l’ADEME, un certain nombre de TPE/PME n’ont pas encore réalisé de bilan énergétique. Les démarches de transition peuvent pourtant permettre des retours sur investissement rapides.

Pourtant, face à l’évolution de la demande sur les marchés ou encore à l’inquiétude des riverains pour le développement de certains projets industriels, il devient de plus en plus incontournable de faire de la nature une composante stratégique de la réindustrialisation et de l’aménagement du territoire.

Connaître les bénéfices économiques de l’action écologique

Sécurisation des approvisionnements et diminution des coûts de production

Les activités industrielles sont très fortement dépendantes des services écosystémiques 78 pour assurer leurs approvisionnements en matières premières (produits issus de l’agriculture, bois, minerais et minéraux, eau…), pour assurer le fonctionnement de leurs processus de production et pour leur approvisionnement énergétique. Ainsi, une bonne connaissance du fonctionnement de ces services naturels doit permettre de combattre l’impensé de l’impact de l’industrie sur la biodiversité aux yeux du grand public. L’économie ne peut être sortie de la contribution au vivant. Cette connaissance peut aider à connaitre le réel besoin de protection et ainsi permettre aux entreprises de se les approprier. Veiller à réduire l’impact sur le vivant contribue à sécuriser la pérennité de l’apport en ressources naturelles. Parallèlement, plusieurs entreprises qui ont entamé des démarches de transition ont vu leurs coûts diminuer, en particulier sur l’utilisation ou la production d’énergie décarbonée ou bien sur l’optimisation de l’utilisation de la ressource en eau par exemple.

Amélioration de la demande

L’engagement dans une démarche de transition, notamment le développement des principes de sobriété (éco-conception, économie de la fonctionnalité, production locale, durable, réparable…) a un impact sur les comportements de consommation (frugalité, juste besoin, usages). Tout d’abord parce que les Français peuvent être mobilisés en faveur d’une consommation responsable et attendent des marques des preuves de leurs engagements sociaux et environnementaux. Le baromètre 2025 Greenflex-ADEME de la consommation responsable 79 montre en effet que 73 % des Français sont engagés ou concernés par la consommation responsable. Seulement 8 % ne désirent pas changer leurs habitudes de consommation. Ils sont également 81 % à déclarer avoir besoin de preuves pour croire aux engagements des marques en faveur de la planète et de la société.Enfin, une étude de la Direction interministérielle de la transformation publique (DITP)80 a constaté une hausse des ventes des produits plus réparables, démontrant une évolution dans les pratiques d’achat des consommateurs. Ces indicateurs démontrent que les actions socio-environnementales des entreprises, davantage que leur seule image, influent sur les modes de consommation constituant ainsi un levier économique important. Il faut également noter que certaines entreprises clientes ont des cahiers des charges de plus en plus exigeants en matière écologique qui imposent d’une certaine manière à leurs prestataires d’évoluer en parallèle. Les entreprises qui n’ont pas la capacité de suivre cette évolution peuvent perdre des marchés importants et parfois cruciaux pour leur activité.

Favoriser la désirabilité d’un projet auprès des riverains

Enfin, le développement de certains projets industriels se heurte de plus en plus à l’opposition des riverains, et au-delà celle de tous les citoyens concernés, pour des raisons diverses : pollution de l’eau, de l’air, mais aussi pollution sonore, olfactive ou visuelle. La population attend de l’industrie qu’elle soit propre, verte et durable81. L’aboutissement d’un projet industriel sur un territoire, qu’il s’agisse d’un agrandissement ou d’une nouvelle implantation dépend en grande partie de l’approbation ou non du public. Une entreprise engagée dans une démarche de transition aurait donc moins d’opposition de la part de la population et aura donc théoriquement plus de chance de voir son projet aboutir rapidement.

Un des écueils souvent rencontré est la volonté des décideurs de vouloir rendre un projet « acceptable » qui implique d’une certaine façon de l’imposer aux riverains et relève alors de la contrainte. Le propos est plutôt de convaincre qu’un projet peut être bénéfique, faire sens collectivement, le rendant ainsi « désirable ». Pour cela, la mise en œuvre d’actions visant une large information du public, permet de connaître un projet dans toutes ses composantes, sa portée pour l’avenir du territoire mais aussi ses impacts d’un point de vue économique mais aussi écologique. Parfois, les débats portés par la Commission nationale du débat public (CNDP) et les dossiers soumis à enquête publique sont denses et compliqués. Les informations mériteraient d’être relayées de façon plus fiable, transparente et accessible pour faire comprendre les principaux enjeux. Une communication qui va dans ce sens est un préalable pour permettre d’associer les citoyens à des choix éclairés. Il importe surtout que le projet fasse sens collectivement.

Connaître les risques liés au changement climatique

Les risques physiques, financiers et contentieux des aléas climatiques

Aujourd’hui, la mutation industrielle devient d’autant plus nécessaire que les entreprises doivent s’adapter rapidement à des risques climatiques croissants, sous peine d’en subir les conséquences économiques, opérationnelles et juridiques. Ces risques, qu’ils soient physiques, financiers ou contentieux, touchent autant le secteur privé que le secteur public.

Les risques physiques font référence aux dommages qui peuvent être causés par les aléas climatiques sur les biens ou sur les personnes. D’un point de vue strictement matérialiste, ces dommages qui demandent réparation, font aussi peser des risques financiers variés sur les entreprises et sur les collectivités. Selon l’ADEME, beaucoup d’entreprises ne sont pas suffisamment sensibles ou sensibilisées aux risques climatiques et de ce fait, n’engagent pas de mesures d’adaptation, ce qui pourrait leur être préjudiciable par la suite. De plus, un rapport de l’institut I4CE82 montre que les moyens actuellement engagés pour l’adaptation (principalement par le secteur public) « ont été mis en œuvre par anticipation. La plupart du temps, un épisode climatique agit comme déclencheur de la décision budgétaire : les canicules réinterrogent les moyens des politiques de santé publique ou de production énergétique ; les feux ceux de la sécurité civile. Des moyens sont alors débloqués, dans un premier temps dans une logique de remise à niveau face aux évolutions déjà constatées du climat. Néanmoins, ce rattrapage s’accompagne régulièrement de travaux prospectifs qui, à ce stade, se traduisent peu en plans d’actions et budgets dédiés. »

L’expérience de l’entreprise Finimétaux en Haute-Vienne : illustration des risques encourus face aux aléas climatiques

L’entreprise est spécialisée dans le traitement de surface des métaux dont le processus est fortement consommateur d’eau. Historiquement, et avant la démarche de transition hydrique enclenchée par l’entreprise (voir Condition 4 et fiche « Initiative » en annexe), les eaux en sortie d’usine étaient envoyées vers une station d’épuration sur le site, gérée par l’entreprise. Après traitement, elles étaient rejetées dans la rivière de la Valoine, un affluent de la Vienne, dont le cours passe à proximité immédiate de l’usine.Mais une problématique est survenue, compromettant la poursuite de ces rejets dans la rivière : depuis déjà plusieurs années, le débit de la Valoine avait tendance à nettement baisser. En 2018, les services de la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (DREAL) ont lancé une alerte : le niveau de la Valoine était si faible que l’entreprise a fortement risqué de ne plus avoir l’autorisation de rejeter ses eaux traitées dans la rivière. Ce scénario aurait été très grave pour l’entreprise puisque cela aurait nécessité de stopper la production.

Retrouvez la fiche complète de l’initiative de transition hydrique de l’entreprise en annexe du rapport.

Outre les montants importants à mobiliser en cas de dégradations liées à un aléa climatique (réparations, remplacement de machines détériorées par exemple, investissement sur les infrastructures), un risque assuranciel est également à prendre en compte. Certains secteurs pourraient en effet rencontrer des difficultés pour assurer leur activité. Le rapport annuel de France assureurs conclut à une augmentation de charge sur la période 2020-2050 imputable à 35 % au changement climatique, représentant ainsi un coût de 24 milliards d’euros d’ici 2050. Ce facteur se manifesterait majoritairement sur le péril sécheresse (+ 17 Md€) et sur la submersion marine (+ 4 Md€). Les dégâts cumulés par les aléas naturels atteindraient 143 Md€ d’ici 2050. La Nouvelle-Aquitaine est particulièrement vulnérable à ces aléas. Globalement cela signifie donc que les assureurs vont faire face à une hausse des indemnisations dues à ces périls naturels qui pourraient se répercuter sur les cotisations des assurés. Si de grandes affaires nationales 83 ont mis en lumière la question de la responsabilité de l’État pour inaction, le risque contentieux est encore mal connu et donc peu pris en compte par les décideurs. Le projet de recherche Finclimlex84, associant entre autres l’ADEME et le CNRS, a fait apparaître dans ses résultats intermédiaires, « une intégration insuffisante du risque climatique physique, une gestion marginale du risque de transition et une minoration du risque contentieux ». Si les acteurs publics, dont les collectivités peuvent voir leur responsabilité engagée pour carence fautive si ils n’agissent pas, les acteurs privés, en particulier les entreprises, sont aussi concernés et « devraient eux aussi s’interroger sur le caractère contraignant de leurs engagements climatiques et plus largement sur leur contribution au changement climatique », selon les conclusions du Réseau EDEN.i de l’Université de Franche-Comté85.

Les limites d’une coordination efficace face aux risques systémiques

Si les communes peuvent être préparées pour répondre à un aléa (inondation, incendie, tempête, incident industriel…), à une urgence, par des mesures préventives et par des interventions efficaces et rapides, elles ne sont pas en mesure de réagir seules face à des risques systémiques qui dépassent largement leurs frontières. Un risque systémique n’est pas un simple aléa, mais un phénomène qui provoque des effets en cascade pouvant entraîner une crise globale. À titre d’exemple, un accident industriel peut entrainer une pollution des eaux qui va se diffuser et affecter la potabilité de l’eau sur tout un territoire. Ces risques exigent donc une approche à plusieurs niveaux et entre plusieurs acteurs. Ainsi, la coopération à l’échelle intercommunale doit permettre de garantir une meilleure adaptation respectant les équilibres globaux.Les différents documents d’urbanisme, qui permettent aux décideurs publics de définir leurs stratégies d’aménagement local, présentent certaines limites face à la prise en compte systémique des risques environnementaux. Un rapport de recherche du groupe de travail Finclimex note tout d’abord une « appréhension très limitée du risque physique climatique par le SRADDET » dans la mesure où il ne contient pas d’obligation formelle d’identifier ces risques. Le rapport pointe également le manque de coordination avec le SRDEII, qui est lui aussi mis en œuvre à l’échelle régionale. Parce qu’ils ne sont pas conçus de manière à se compléter et à intégrer les enjeux environnementaux dans les stratégies économiques, on constate un manque d’intégration d’une vision systémique des risques climatiques, c’est-à-dire une absence de prise en compte des interactions entre risques physiques, climatiques et risques financiers liés au climat.En parallèle, le rapport annuel 2024 de la Cour des comptes s’est penché sur l’adaptation aux impacts du changement climatique et plus particulièrement sur les Plan Climat-Air‑Énergie territoriaux (PCAET) qui portent les stratégies intercommunales en la matière.La Cour a observé une insuffisance des études de vulnérabilité sur lesquelles repose l’évaluation des risques, une adoption tardive des stratégies d’adaptation ainsi qu’un manque d’articulation des PCAET avec les autres documents de planification locaux. Enfin, au niveau du « bloc communal », le rapport préconise de renforcer la coordination en faisant en sorte qu’elle soit « conçue et mise en œuvre à l’échelle intercommunale plutôt que communale ».Il semble alors important d’inciter les collectivités à travailler conjointement afin d’enrichir leurs documents de planification existants qui vont permettre d’identifier les spécificités du territoire et de bien prendre en compte l’ensemble des risques environnementaux associés.

» PRÉCONISATIONS

Sensibiliser les acteurs aux enjeux liés à la transition écologique

et industrielle

1. Mobiliser les partenaires de la Région (entreprises, réseaux, filières, établissements de formation, agences régionales, parcs naturels régionaux, associations de protection de la nature et de l’environnement…), pour organiser conjointement des actions de sensibilisation sur les services écosystémiques, sur les risques physiques, financiers et assuranciels liés aux aléas climatiques.

2. Modéliser un cadre plus équilibré sur la mention des enjeux environnementaux pour mieux communiquer sur les projets d’implantation auprès des citoyens pour permettre des choix éclairés dans le cadre d’un dialogue social territorial.

3. Pour la désirabilité d’un projet il est nécessaire qu’il soit intégré dans une vision globale et territoriale.

4. Sensibiliser les entreprises pour qu’elles réalisent leur bilan énergétique et écologique et mettent en œuvre les plans d’actions associés.

5. Sensibiliser dans le milieu scolaire les jeunes et très jeunes aux impacts de nos choix et de nos modèles de consommation.

Si la connaissance de l’ensemble de ces enjeux est un préalable indispensable à toute prise de décision concernant l’avenir d’un territoire, la concrétisation des démarches de transition se heurte souvent à un manque de moyens. Au-delà de la sensibilisation, l’accompagnement des acteurs locaux doit passer par un renforcement de leurs moyens d’actions.

Renforcer les moyens d’action des acteurs locaux

Les obstacles à la mise en œuvre d’une démarche de transition dans les entreprises

Bon nombre d’entreprises, en particulier les petites et moyennes structures, rencontrent des obstacles pratiques et financiers qui freinent la mise en œuvre de démarches de transition industrielle durable. Les principales contraintes recensées sont présentées ci-après.

Le manque d’ingénierie

Le déploiement d’une démarche de transition à l’échelle d’une entreprise requiert de l’ingénierie c’est-à-dire des moyens financiers, techniques et humains. Les besoins se situent à différents niveaux : le financement des opérations, leur coordination et leur suivi dans la durée.Or beaucoup d’entreprises n’ont pas les ressources en interne (responsable RSE86formé et influent par exemple), ni les moyens de contractualiser avec un prestataire externe pour mettre en œuvre ces projets. Concernant le financement, les entreprises ne peuvent souvent pas puiser dans leurs fonds propres et doivent faire appel à des partenaires. Or, en ce qui concerne les aides publiques, les dossiers de demande de subvention sont complexes à monter.Justement parce qu’elles ne peuvent pas se lancer seules dans de telles démarches, certaines entreprises se regroupent au sein de clubs d’entrepreneurs par exemple ou dans le cadre d’une démarche d’écologie industrielle et territoriale (EIT). Mais là encore, sans qu’une ou plusieurs personnes ne soient mobilisées spécifiquement sur l’animation du réseau et le suivi de la démarche, celle-ci ne peut pas, ou difficilement, se pérenniser.

Le manque de trésorerie

Un des autres freins évoqués, outre les capacités d’investissement, est le manque de trésorerie. En effet, certaines demandes de subventions nécessitent parfois d’avoir suffisamment de fonds d’avance qui permettent d’engager une démarche en attendant le versement du solde de l’aide ou bien des premiers versements publics qui peuvent prendre parfois plusieurs années lorsqu’il s’agit de fonds européens.De plus, les aides publiques exigent souvent une partie d’autofinancement et ne couvrent pas l’intégralité des dépenses. Sans contrepartie, ou sans co-financement, le reste à charge peut s’avérer conséquent et difficilement absorbable par les plus petites entreprises, d’autant plus que certains dispositifs exigent des montants de dépenses plancher relativement importants.

La question de la temporalité

Les démarches de transition nécessitent une vision sur le long terme, souvent difficile à concilier avec les impératifs économiques immédiats. Les projets d’écologie industrielle et territoriale (EIT), par exemple, produisent leurs effets sur plusieurs années et demandent une coordination entre différents acteurs du territoire. Cela peut décourager les entreprises plus préoccupées par des résultats rapides ou n’ayant pas les moyens, comme évoqué plus haut, d’assurer un suivi de la démarche et de s’engager au sein du réseau sur un temps long.

De nouveaux outils pour construire une démarche environnementale viable et durable

La double matérialité pour mesurer la portée des actions

La double matérialité est un concept issu de la Corporate Sustainability Reporting Directive (CSRD) adoptée en 2022 qui renforce les obligations des entreprises en termes de publication d’informations sur les questions environnementales, sociales et de gouvernance. Elle consiste pour une entreprise à considérer à la fois :

  • les impacts financiers des risques environnementaux et climatiques sur l’entreprise ;
  • l’impact des activités de l’entreprise sur l’environnement et la société.

Cette approche permet de transformer la transition écologique en levier stratégique, en identifiant des actions qui génèrent à la fois des bénéfices économiques et des bénéfices environnementaux.

Les limites planétaires pour garantir un cadre d’action pérenne

Le cadre des limites planétaires définit les seuils écologiques critiques à ne pas dépasser (climat, biodiversité, cycles biogéochimiques, eau douce…). Les activités dépendent de services écosystémiques qui sont aujourd’hui menacés. Les entreprises doivent s’adapter mais aussi penser à plus long terme pour ne pas subir les ruptures d’approvisionnement et préserver les ressources naturelles.Des méthodes dites d’évaluation de la durabilité environnementale absolue (AESA) ont été élaborées en ce sens. L’approche la plus utilisée aujourd’hui est l’analyse du cycle de vie (ACV) qui permet de représenter les pressions générées par les différentes phases du système étudié (fabrication, utilisation, fin de vie) et d’identifier les éventuels transferts d’impacts entre phases ou entre impacts environnementaux.Les applications peuvent être réalisées au niveau d’une entreprise ou d’un territoire 87.

Enfin, les limites planétaires peuvent être abordées par le prisme de la taxonomie verte européenne. Ce règlement européen adopté en 2020 vise à établir une classification des activités économiques permettant de déterminer celles qui peuvent être considérées comme « durables sur le plan environnemental » ou « vertes ». L’objectif est de réorienter les investissements vers les activités favorables à la transition énergétique et écologique, notamment celles contribuant à la lutte contre le réchauffement climatique 88. La taxonomie présente six axes (Figure 38) qui peuvent permettre à une entreprise de savoir si son activité est ancrée dans l’un ou plusieurs d’entre eux et de la faire évoluer en conséquence.

Figure 38 — Les six axes de la taxonomie européenne

38 SixAxes
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Figure 38 - Les six axes de la taxonomie européenne

Construire sa stratégie industrielle globale en prenant en compte le cadre des limites planétaires dans son analyse d’impact permettrait ainsi d’évaluer la compatibilité des actions avec les capacités de résilience du territoire sur différentes périodes données et d’orienter les choix de l’entreprise en conséquence vers des solutions pérennes à faible impact. De façon générale, la prise en compte de ce cadre permet de planifier une stratégie globale à court, moyen et long terme sur l’ensemble de la chaîne de valeur.

» PRÉCONISATIONS

Renforcer les moyens d’action des acteurs locaux et industrielle

6. Poursuivre l’accompagnement des entreprises pour réaliser leurs bilans énergétiques et écologiques.

7. Renforcer les aides aux structures qui proposent un accompagnement sur de l’ingénierie de projets de transition industrielle (dont RSE, double matérialité…).

8. Travailler à des actions de formation sur les nouveaux outils de mesure d’impact (double matérialité, cadre des limites planétaires) en lien avec les partenaires privés de la Région.

9. Accorder des avances remboursables qui constituent certes un risque financier, mais qui contribuent à faire avancer les projets. Il appartient au Conseil régional de mieux choisir ses prises de risque et leur durée

10. Créer un guichet unique à destination des entreprises pour les accompagner à mener une démarche de transition.

11. S’inscrire dans le cadre des limites planétaires et dans les axes de la taxonomie européenne.

38 SixAxes
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