1 : Vers une convergence des objectifs industriels et environnementaux
L’histoire industrielle française et celle de la pensée environnementale ont suivi des trajectoires parallèles au sortir des Trente Glorieuses. En 1972, la publication du rapport scientifique The Limits to Growth, dit « rapport Meadows » va influencer la prise de conscience des limites physiques de la planète. Il deviendra l’un des textes fondateurs de la pensée environnementale moderne, dans sa dimension systémique et globale, en questionnant le modèle de croissance économique infinie dans un monde fini. L’année suivante, en 1973, le premier choc pétrolier fragilise l’économie française, amorçant ainsi le déclin industriel français 5, structurellement établi à partir de 19806. Crise industrielle et prise de conscience écologique émergent donc simultanément mais dans des sphères séparées.
Pendant près de 40 ans, le recul de la part de l’industrie dans le produit intérieur brut (PIB) et dans l’emploi se poursuit7 tandis que les enjeux environnementaux s’institutionnalisent et prennent davantage de place dans le débat public 8. Il faudra attendre les années 2010 pour observer une structuration de la politique française de réindustrialisation9, tout comme une intégration politique du concept de transition écologique, prenant appui sur le 1er accord universel juridiquement contraignant pour le climat, dit « Accord de Paris » signé en 2015.C’est finalement à partir de 2020 que s’opèrent les véritables sursauts écologiques et économiques. La nécessaire reconquête de souveraineté économique, mise en exergue par la crise sanitaire mais principalement par la guerre en Ukraine10, conjuguée à l’atteinte des objectifs de neutralité carbone en 2050 déterminés par le Green Deal européen, ont permis de commencer à faire converger les stratégies environnementales et industrielles nationales.