Les partis pris du CESER : des choix pour traiter le sujet
Une problématique générale appliquée au territoire régional
Dans son rôle de conseil auprès du Conseil régional, le CESER s’est interrogé :

Outil
Si elle fait appel à une technologique de pointe et alors qu’elle est encore très souvent humanisée, il est important de rappeler que l’IA est avant tout un outil, c’est-à-dire « un élément d’une activité qui n’est qu’un moyen, un instrument »2. Comme tout outil, sa finalité dépend principalement des objectifs visés par les utilisateurs ; à ce titre, un outil d’IA vertueux suppose une gouvernance claire, une transparence sur les données et une recherche d’efficience respectueuse des ressources humaines et environnementales.
Vertueux
Si le terme fait étymologiquement référence aux qualités morales d’un individu3, on l’emploie ici dans un sens plus large. En effet, l’IA possède des effets positifs et négatifs très contrastés, qui lui confèrent une forte ambivalence. À partir de cette ambivalence, on s’interroge sur la manière de tirer profit et de maximiser les effets positifs (qui peuvent être complémentaires) tout en limitant les effets négatifs. L’objectif est ainsi de comprendre comment créer une balance positive et un cercle vertueux dans lequel l’IA et les enjeux économiques, sociaux et environnementaux s’articulent harmonieusement, sans nuisance réciproque.
Au service
Au même titre que le terme « outil » précédemment défini, ce terme vise également à rappeler le rôle de l’IA en tant qu’outil technologique : si elle est l’objet d’une attention et d’investissements importants pour son développement, son intérêt pour la majorité des acteurs économiques est d’apporter de nouvelles solutions à des problèmes du quotidien et, plus largement, d’augmenter leurs capacités pour répondre à des enjeux structurants toujours plus exigeants. Le terme « service » rappelle la nature de la relation entre l’humain et la technologie et au rôle à la fois subordonné et facilitateur de l’IA, dont le développement doit servir positivement le progrès humain.
Performance économique
Schéma représentant la théorie économique du Donut développée par Kate RAWORTH

Alors qu’elle est souvent considérée comme un indicateur du succès d’une entreprise et mesurée par le volume de sa production, ses ventes et ses bénéfices, la chercheuse Zineb ISSOR explique que « la performance est un mot-valise, un concept flou et multidimensionnel qui en définitive ne prend de sens que dans le contexte dans lequel il est employé. En fonction du contexte, l’évaluation sur un aspect de la performance (par exemple la performance financière), pourra être suffisante, alors que dans d’autres cas il sera préférable de travailler sur une notion de performance multicritères qui inclut la performance économique, performance financière, performance des processus, etc. ». Dans cette optique, l’IA présente des capacités intéressantes, exploitables et adaptables aux processus opérationnels des acteurs économiques et permettant d’influer significativement sur leur performance dans sa diversité, à condition de tenir compte de son ambivalence et des besoins de l’entreprise. Cette définition s’inscrit dans la logique des nouveaux modèles économiques et dans la notion de performance globale, tenant davantage compte des enjeux sociaux et des limites environnementales, telle la théorie du « donut » de Kate RAWORTH. Cet enjeu est l’objet de la première partie du rapport.
Maîtrise technologique
Les enjeux de maîtrise technologique deviennent, avec l’émergence de l’IA et le contexte géopolitique actuel tendu, particulièrement importants. Par exemple, Pierre JUDET et Jacques PERRIN4 la définissent comme un processus progressif qui passe par quatre étapes : l’importation de technologie, la reproduction, l’adaptation et le développement des technologies nouvelles. Si cet enjeu s’impose au niveau national pour répondre aux défis de la souveraineté, chaque acteur est concerné par cette maîtrise au niveau individuel. Nous explorerons ces enjeux dans la deuxième partie du rapport.
Transformation sociale
Ce phénomène est défini par Guy ROCHER5 comme « toute transformation observable dans le temps, qui affecte, d’une manière qui ne soit pas que provisoire ou éphémère, la structure ou le fonctionnement de l’organisation sociale d’une collectivité donnée et modifie le cours de son histoire ». On comprend que la généralisation des usages de l’IA intervient comme un facteur de transformation de la société, et plus spécifiquement du fonctionnement des entreprises qui l’introduisent dans leurs pratiques internes. À ce titre, les enjeux soulevés sont éminemment sociaux et touchent directement les organisations et les travailleurs et travailleuses dans l’exercice quotidien de leurs missions. Cette transformation, qui peut être ambivalente, induit la possibilité d’un progrès social, à comprendre ici comme la recherche d’une amélioration des conditions de vie de l’être humain par un changement dans l’organisation sociale. Cet enjeu sera traité dans la troisième et dernière partie du rapport.