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L’économie régionale

La Nouvelle-Aquitaine en quelques chiffres

L’économie néo-aquitaine7 présente des singularités qu’il est important de rappeler pour la bonne compréhension des éléments suivants. En effet, la région Nouvelle-Aquitaine, c’est :

  • La plus grande région de France en superficie avec 84 100 km²
  • Rassemblant les anciennes régions Poitou-Charentes, Limousin et Aquitaine
  • Un territoire très diversifié, à la fois rural et structuré autour de pôles urbains d’importances variables au niveau national
  • Une façade maritime de 720 km propice à l’ouverture du territoire sur le monde
  • Une économie portée par l’industrie et le commerce, riche de savoir-faire artisanaux et locaux
  • Des filières économiques innovantes et prometteuses en plein développement.
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Un tissu économique majoritairement composé de petites structures : 90 % de microentreprises, part importante de l’emploi local ; 4 % de petites et moyennes entreprises (PME) concentrant 30 % de l’emploi régional (construction, restauration, services, artisanat) ; 0,5 % de grandes entreprises multirégionales ou multinationales (industrie, aéronautique, agroalimentaire) ; 0,5 % d’entreprises de taille intermédiaire (ETI) concentrant 23 % de l’emploi régional.
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Population de 15 à 64 ans par type d’activité en 2022

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7e
région française
en Recherche et Développement (R&D)
avec 1,47 % du PIB régional consacré

MESRE‑SIES

22 576
établissements employeurs issus
de l’Économie Sociale et Solidaire (ESS)
soit 13 % de l’emploi salarié régional

CRESS Nouvelle‑Aquitaine

L’économie régionale de l’IA

Grâce à une filière numérique développée, l’écosystème IA en Nouvelle-Aquitaine dispose d’un socle facilitant son déploiement. En octobre 2025, la Région compte 236 entreprises spécialisées8 en IA et en data science.

Cartographie des acteurs de l’IA en Nouvelle-Aquitaine et répartition des acteurs de l’IA en fonction de leur activité : offre d’un produit ou d’un service intégrant de l’IA 52 %, conseil, intégration et développement 30 %, formation 10 %, recherche fondamentale et/ou appliquée 8 % (source ADI-NA).
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Ces entreprises proposent principalement des produits ou des services intégrant de l’IA (51,7 %) et sont surtout expertes en technologies d’analyse de données et d’aide à la décision (71,6 %). Elles sont par ailleurs très inégalement réparties sur le territoire, la Gironde et Bordeaux captant plus de 70 % des activités.

Répartition des acteurs de l’IA sur le territoire (la Gironde concentre l’essentiel des acteurs) et en fonction de leur expertise : analyse de données et aide à la décision 72 %, perception visuelle et traitement de l’image 14 %, traitement du langage naturel et de la parole 9 %, prise de décision et interaction 5 % (source ADI-NA).
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L’écosystème IA en Nouvelle-Aquitaine

Formation et recherche

Le territoire régional bénéficie d’un écosystème de recherche et de formation autour de l’IA dense et riche, composé d’acteurs proposant des approches innovantes et de pointe dans leurs spécialités. La Nouvelle-Aquitaine accueille des écoles et centres de recherche prestigieux et renommés à l’international, mobilisés dans le cadre de programmes de travail ambitieux pour faire bénéficier des résultats de ces travaux au plus grand nombre, et notamment aux acteurs économiques.

1 110
Chercheurs et chercheuses
travaillent sur le sujet de l’IA
en Nouvelle-Aquitaine
(projets Flowers, Mnémosyne,
Auctus, Regalia)
9
Écoles d’ingénieur·es publiques
EICNAM, CY Tech, ENSAR, ISAE ENSMA, ENSTBB, ENSPIMA, ISA NUM, ENSC, ENSEIRB
5
Universités néo-aquitaines
proposent des formations niveau master en IA avec des spécialités diversifiées
Bordeaux, Poitiers, La Rochelle, Limoges, Pau

Source : Région Nouvelle Aquitaine

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Chaire régionale dédiée à l’IA de confiance

regroupant Bordeaux INP, Ub, Kedge, ENSEIRB-MATMECA, avec le soutien du CATIE et financé par la fondation Bordeaux Université

Quatre laboratoires principaux en IA
Logos des quatre laboratoires principaux en IA : L3i (La Rochelle Université), Inria, XLIM et LaBRI.
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Réseau robotique autonome IA incarnée

porté par l’UB, financé par la Région Nouvelle-Aquitaine
ONERA, I2M, PPRIME, Liuppa

Un acteur important de l’écosystème recherche en IA

Le CATIE, centre de transfert de technologies de la Région Nouvelle-Aquitaine, se focalise sur les activités liées aux technologies du numérique et de l’électronique. Son unité technologique dédiée aux données est forte de compétences en IA générative, en traitement automatique du langage naturel, en IA embarquée, entre autres. La force de ce centre est en particulier l’intégration de ses nombreuses compétences au service des projets.

Les filières prioritaires régionales comme cadre de référence

La Région Nouvelle-Aquitaine a structuré son soutien économique autour de seize filières prioritaires. Dépassant la simple logique de secteur de production, cette stratégie repose sur de grands domaines thématiques transversaux qui favorisent une véritable culture de l’innovation. En mobilisant des partenaires variés et en encourageant le croisement des compétences, la Région anime un écosystème dynamique où les entreprises collaborent au sein de clusters et de pôles de compétitivité. Cette politique de mise en réseau agit en complémentarité avec les autres leviers régionaux, tels que la recherche, la formation et la performance industrielle, afin de créer un environnement fertile pour l’entrepreneuriat.

L’adoption de l’intelligence artificielle en Nouvelle-Aquitaine varie fortement selon la nature des activités :

  • Des secteurs pionniers, parmi lesquels le numérique, l’aéronautique/spatial/défense (en quête permanente de pointe technologique) et la santé (soin et prévention)
  • Des secteurs en transition, tels l’agriculture et l’agroalimentaire (biocontrôles), qui intègrent progressivement l’IA via des équipements automatisés et connectés
  • Des secteurs en retrait, telles les filières de la construction, la filière forêt, bois, papier et celle du luxe et de l’artisanat (cuir, textile), qui restent plus éloignés de ces outils en raison de leur dimension manuelle.

Pour ces filières moins matures, l’ouverture à l’IA représente un défi d’attractivité tout en faisant rayonner l’artisanat régional.

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La filière numérique, porteuse de l’IA néo-aquitaine

Le potentiel de cette filière est une richesse pour l’économie régionale et tend à se développer avec la constitution progressive d’un écosystème autour de l’IA. Depuis 2003, l’Association Limousine des Professionnels des Technologies de l’Information et de la Communication (ALIPTIC)9 représente ces acteurs en Limousin. Son adhésion au syndicat des professionnel·les du numérique Numéum permet s’inscrire la filière néo-aquitaine dans l’écosystème du numérique à l’échelle nationale et européenne. En parallèle, la structuration du pôle de compétitivité ENTER et son activité depuis début 2025, dont l’action est spécialisée dans le numérique responsable, participent également à l’émergence d’une filière clairement identifiée et dynamique.

Au sein de l’économie numérique régionale, quatre domaines se démarquent par leur dynamisme :

  • La e-santé (simulateurs numériques, télésurveillance, information médicamenteuse...)
  • Le commerce connecté, avec des plateformes de e-commerce importantes comme Cdiscount, ManoMano ou BackMarket
  • L’image, l’animation et le jeu vidéo, avec Angoulême, second pôle de production d’images animées en France
  • L’industrie 4.0 et l’intelligence artificielle, regroupant plusieurs fleurons tels que Delfox, Fieldbox.ai, Lectra, valorisées par le salon régional Viv Industry.

La réussite du numérique régional repose sur l’adoption de pratiques plus sobres et inclusives telles la formation aux usages responsables de l’IA, la mesure de l’empreinte environnementale et l’intégration de critères sociaux dans les stratégies numériques.

50 %
des entreprises
ont 2 salarié·e·s ou moins
52 224
salarié·es dont 30 % de femmes
et 70 % d’hommes
2 081
entreprises dont 81 % siègent
en Nouvelle-Aquitaine
6,6
millions d’euros
de chiffres d’affaires par an
+ 1 500 à 3 000
emplois par an depuis 10 ans

Région Nouvelle-Aquitaine, étude ALIPTIC 2025

Répartition des entreprises du numérique en fonction de leurs activités

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Source : Étude ALIPTIC 2025

Dans le cadre de ses travaux préparatoires à l’élaboration de sa politique IA, la Région Nouvelle-Aquitaine a fait le bilan des forces, faiblesses, menaces et opportunités de l’écosystème autour de l’intelligence artificielle sur le territoire régional. Les éléments d’une seconde matrice réalisée par Bordeaux Métropole sur la filière numérique régionale y sont également rassemblés.

FORCES
  • Écosystème dynamique (start-ups, PME, grands groupes, de laboratoires de recherche et universités)
  • Soutien institutionnel et historique au développement économique et à l’innovation via Néo Terra
  • Compétences spécifiques locales, (mathématiques appliquées, informatique optronique, cognitique, matériau/système)
  • Présence de l’INRIA
  • Collaborations organisées entre acteurs régionaux (projet DIHNAMIC, réseau de recherche R3IA, DomExIA/Dataquitaine...)
  • Infrastructures développées (fibre, datacenters)
  • Réseau de structures d’appui étoffé (clusters, accompagnement, accueil, etc.)
  • Offre de formation et de reconversion diversifiée
  • Capacité d’implantation de talents très qualifiés
FAIBLESSES
  • Manque de visibilité et de reconnaissance nationale par rapport à d’autres régions
  • Absence de stratégie régionale sur l’IA : feuille de route en cours de création
  • Absence de structure indépendante suite à l’échec de plusieurs initiatives collectives portées par les acteurs locaux (3IA en 2019, cluster BAIA en 2023)
  • Manque d’expertise de haut niveau reconnue au niveau national et international dans le domaine privé : pas de «licorne IA»
  • Formations en IA à développer : 70 étudiants estimés en DUT/licence/licence pro, 180 étudiants en master et 20 thèses. Les formations IA, ainsi que les investissements, sont centralisées au sein des entreprises du numérique
  • Faible appropriation du numérique dans les entreprises
  • Déséquilibre structurel entre les microentreprises et les autres modèles
  • Difficulté de recrutement local sur les fonctions techniques type codage (hors communication)
  • Sous-représentativité régionale des femmes (35 % contre 49 % tous secteurs confondus)
  • Peu de solutions françaises ou européennes équivalentes aux offres étrangères
OPPORTUNITÉS
  • Accélération des développements des technologies de machine learning et des réseaux d’apprentissage profond (investissements recherche privée, politique Open Source)
  • Démocratisation de l’usage de l’IA : accès facilité pour tous les acteurs économiques
  • Transition environnementale : potentiel accélérateur de la transition au service des ambitions Néo Terra
  • Opportunités de financements nationaux et européens (dispositifs France 2030...)
  • Potentiel d’innovation fort sur des compétences locales spécifiques (optronique, analyse multispectrale, traitement du signal, modélisation-simulation...)
  • Câble sous-marin transatlantique “Amitié” à Bordeaux
  • Fort développement de l’aspiration à la sobriété numérique et émergence de nouveaux acteurs numériques écoresponsables
  • Développement à l’international grâce aux partenariats établis à l’échelle régionale
  • Forte croissance de la e-santé, des jeux vidéo et du commerce connecté à l’échelle mondiale
RISQUES
  • Concurrence accrue face à d’autres régions et pays qui investissent massivement dans l’IA
  • Réglementation : évolution des régulations comme potentiel frein à l’innovation et l’adoption de l’IA
  • Perception publique : inquiétudes concernant la sécurité et l’éthique de l’IA, impactant son acceptation sociale
  • Changements économiques : fluctuations économiques pouvant impacter les financements pour la recherche et le développement et peu propices aux investissements nécessaires
  • Difficulté à évaluer et identifier les projets les plus structurants et prometteurs à financer
  • Effet d’aubaine pour l’obtention de financements
  • Manque de dialogue social au sein des entreprises
  • Développement de nouveaux usages énergivores (streaming, 5G…)
  • Perte de souveraineté
  • Décrochage de certaines entreprises à cause d’inégalités financières et de compétences

En résumé, on peut retenir les points suivants :

  • Les atouts majeurs : des infrastructures de pointe (fibre, datacenters), un réseau d’appui dense et une forte attractivité pour les talents qualifiés
  • Les opportunités de croissance :  de grands projets comme le câble sous-marin «Amitié» et l’essor de l’e-santé et du commerce connecté
  • Les axes d’attention : le manque de femmes dans le secteur (35 % contre 49 % ailleurs) et des difficultés de recrutement sur les postes techniques
  • Les défis de souveraineté et d’environnement : la dépendance aux solutions étrangères, des restrictions budgétaires pour l’innovation et des impacts énergétique, foncier et hydrique croissants des nouveaux usages.