Conclusion

Pour une politique régionale de l’IA cohérente et engagée

Face au bouleversement structurel engendré par l’intelligence artificielle, la Région Nouvelle-Aquitaine, au travers de sa politique spécifique à venir, est appelée à accompagner son économie de manière cohérente avec ses précédents engagements.

Son soutien aux acteurs économiques du territoire doit s’articuler autour du maintien des équilibres, entre développement de l’attractivité et de la performance des filières par l’accompagnement des projets d’implémentation d’une part, et sensibilisation aux risques environnementaux, technologiques et économiques d’autre part. Cela suppose de structurer un cadre territorial de confiance autour de l’IA et de développer un accompagnement renforcé et différencié des entreprises, en particulier des TPE et PME. Il s’agit en effet de les aider à concevoir, expérimenter et déployer des solutions d’intelligence artificielle adaptées à leurs besoins réels et à leurs capacités organisationnelles. Et alors qu’un projet sur deux n’atteint pas ses objectifs lorsqu’il est conduit de manière descendante, sans gouvernance partagée ni accompagnement des salarié·es, il est essentiel de rappeler que la performance économique de l’IA ne peut être dissociée de sa soutenabilité sociale.

La Région dispose par ailleurs d’un rôle à jouer dans les grands défis en matière de souveraineté et de dépendance technologiques, en portant les choix collectifs du territoire en matière d’infrastructures, d’environnement et de souveraineté. La Nouvelle-Aquitaine bénéficie d’un terreau fertile pour devenir un territoire pionnier de l’IA responsable et de confiance, en créant des synergies entre son écosystème d’artisans de l’IA et ses filières thématiques, et en favorisant le déploiement des infrastructures nécessaires au développement et au rayonnement des innovations régionales.

Enfin, en cohérence avec les engagements formulés par le CESER dans sa feuille de route Néo Societas, il apparaît indispensable que la Région se positionne et apporte des ressources en faveur de la maîtrise des impacts humains de l’IA sur le travail, en sensibilisant les acteurs aux risques sociaux, professionnels et organisationnels qui découlent de la transformation des métiers à l’ère de l’IA. Elle doit en ce sens se faire relais des méthodes de dialogue social spécifique à cette question, qui sont des leviers stratégiques de sécurisation des projets et du développement des entreprises. Son action doit également permettre aux travailleuses et travailleurs d’envisager de nouvelles perspectives pour leur carrière, de sécuriser leur parcours professionnels et d’élever leur niveau de qualifications grâce aux opportunités de formations régionales et à l’accroissement du niveau d’investissement dans la formation professionnelle initiale et continue au niveau des entreprises du territoire.

Les fulgurantes évolutions de l’intelligence artificielle rendent difficile toute prospective ; mais alors que certains entrevoient la rationalisation de cet outil après sa montée en puissance étourdissante125, les choix pour notre avenir se décident aujourd’hui. Dans cette optique, le CESER appelle le Conseil régional à une action publique renouvelée, fondée sur la coordination, l’anticipation et la coconstruction.

En somme, aujourd’hui et demain, le CESER invite le Conseil régional à se saisir de cette transformation technologique et de l’ensemble des pistes de mises en œuvre proposées, pour faire de l’innovation autour de l’intelligence artificielle un progrès social, humain et économique.