Interventions des conseiller·es
- Alexandra BROUSSAUD
- Michèle PRÉVOT
- Luc SERVANT
- Jérémy COULOUMY
- Marie-Claule ROSSARD
- Philippe GÉRY
- Pauline LACASSY
- Patrick MÉRIAN
- Alix PORTET-LASSERRE
- Sylvie THOMANN
- Paul-Hervé ROUSSEAU
- Bernadette BONNAC-HUDE
- Louis BORDONNEAU
- Xavier ESTURGIE
Intervention de Alexandra BROUSSAUD
Monsieur le Président, chers collègues, C’est avec une conviction forte que je donne aujourd’hui un avis très favorable sur ce rapport d’autosaisine du CESER Nouvelle-Aquitaine, qui porte sur les impacts, les risques et les opportunités de l’intelligence artificielle pour nos filières régionales.
Ce travail de la Commission Économie se distingue par une approche concrète et équilibrée, qui évite tout excès d’enthousiasme pour la technologie et va à l’essentiel : faire de l’IA un outil utile au service du vivant et de nos territoires.
Le rapport se structure autour de trois axes principaux :
- Sur le plan économique : l’IA est présentée comme un véritable levier pour améliorer la performance de nos 16 filières prioritaires, avec une attention particulière pour accompagner les TPE et PME, souvent en difficulté face à ces changements.
- Sur le plan social : fidèle à la feuille de route Néo Societas, le rapport place l’humain au cœur des priorités. Il propose de faire de l’IA une technologie qui aide à développer les compétences plutôt que de les remplacer, tout en rappelant l’importance du dialogue social dans les entreprises.
- Sur le plan environnemental : en cohérence avec Néo Terra, le rapport aborde clairement l’impact écologique du numérique. Il met en lumière la consommation d’énergie des centres de données et encourage une utilisation de l’IA plus sobre et responsable.
Enfin, je tiens à souligner l’importance donnée à la souveraineté technologique. Pour éviter de dépendre uniquement de solutions étrangères, nous devons renforcer notre écosystème régional et valoriser nos talents locaux.
Ce document constitue un repère utile pour construire la future feuille de route de la Région. Ses 14 propositions concrètes montrent le chemin vers une innovation responsable et éthique.
Intervention de Michèle PRÉVOT
Monsieur le Président,
Mesdames, Messieurs les conseillères, les conseillers,
La CFTC soutient ce rapport :
- Parce qu’il répond à un enjeu majeur : ne pas laisser l’intelligence artificielle se développer sans cadre.
- Parce qu’il apporte une première structuration utile, en cohérence avec les travaux du CESE, notamment sur la nécessité d’une IA responsable et soutenable.
- Parce qu’il positionne la Région comme un acteur structurant, capable d’accompagner les entreprises dans 16 filières, d’organiser l’écosystème régional et d’anticiper les transformations du travail.
Mais nous le disons aussi clairement : Ce rapport ne peut pas rester uniquement incitatif.
Les auditions l’ont montré :
- les entreprises ne sont pas prêtes
- les compétences manquent
- les risques sont réels
Nous devons aller plus loin : oui à une feuille de route cohérente, structurante, planifiante, engageante, progressiste et humaine. Mais, nous devons aller encore :
- Plus loin sur l’environnement, comme le propose le CESE avec l’écoconception et la transparence.
- Plus loin sur le social, avec un véritable dialogue social autour de l’IA.
- Plus loin sur la régulation, pour éviter des usages non maîtrisés.
La position de la CFTC est donc claire :
- Oui à ce rapport.
- Mais à condition qu’il devienne un cadre exigeant, qu’il devienne un véritable outil de pilotage pour les élus(es) du Conseil régional, construit et déployé en étroite collaboration avec le CORDINA.
Parce que l’intelligence artificielle ne doit pas seulement être performante, elle doit être :
- Responsable
- Régulée
- et au service de l’humain
La Région Nouvelle-Aquitaine a l’opportunité de ne pas subir l’IA, mais de l’organiser.
La CFTC votera le rapport.
Je vous remercie.
Intervention de Luc SERVANT
Au nom des trois chambres consulaires de Nouvelle-Aquitaine, je souhaite tout d’abord saluer la qualité du travail réalisé dans ce rapport, qui propose une analyse structurée et utile du développement de l’intelligence artificielle dans notre région.
Nous partageons pleinement plusieurs constats :
Tout d’abord, l’IA représente un levier majeur de transformation économique.
Ensuite, les entreprises, en particulier les TPE et PME, ont besoin d’être accompagnées.
- Enfin, et c’est essentiel, la question des compétences est centrale.
Pour autant, nous il nous semble utile de souligner quelques points de vigilance :
- Le premier concerne le rôle des acteurs publics : les propositions formulées interrogent sur le risque de multiplication des dispositifs. ©Sur le terrain, des outils existent déjà, notamment portés par les réseaux consulaires. Pour nous, la priorité doit être de renforcer l’existant plutôt que de créer de nouvelles structures.
- Le deuxième point concerne les entreprises. Le rapport évoque à juste titre les enjeux de responsabilité et de régulation, mais reste en retrait sur un sujet essentiel : la compétitivité. Pour les entreprises, l’IA n’est pas un concept, c’est un investissement, avec des coûts, des risques et des attentes de retour concret.
- Le troisième point porte sur la complexité. Nous devons être particulièrement vigilants à ne pas construire des dispositifs qui seraient, in fine, inaccessibles à nos petites entreprises.
Pour conclure, nous partageons les objectifs du rapport, avec une volonté d’approche plus pragmatique, plus opérationnelle et plus centrée sur les réalités économiques. C’est ainsi que l’intelligence artificielle pourra devenir un véritable levier de développement pour nos territoires et pour nos entreprises.
Les conseillers CESER issus de la Chambre d’agriculture, de la Chambre de Métiers et d’artisanat et de la Chambre de Commerce d’Industrie de Nouvelle Aquitaine voteront « POUR » ce rapport.
Intervention de Jérémy COULOUMY
Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les conseillers, Ce rapport n’embrasse pas tout le paysage de l’IA. Qui le pourrait ? Il n’épuise pas le sujet. Mission impossible. D’autres commissions du CESER pourront approfondir des sujets comme l’IA et l’éducation, les jeunes, les services publics... IA et intérêt général ayant été traité par le CESE.
Le rapport présenté par la Commission Économie s’inscrit naturellement dans le périmètre qu’elle a choisi et que le Bureau a validé : l’économie régionale et ses filières. Au moment où la Région élabore sa feuille de route IA, il constitue une contribution ciblée sur 3 axes complémentaires et cohérents : l’accompagnement à la maturité numérique, la structuration d’un écosystème IA souverain et responsable, le renforcement du dialogue social et de la formation.
L’intelligence artificielle n’est ni une menace inéluctable ni une promesse automatique de progrès. C’est un outil dont les effets dépendent de choix collectifs. L’enjeu est de savoir dans quelles conditions l’IA est déployée, pour quels objectifs, et avec quelles garanties pour les travailleurs.
Oui, la performance économique de l’IA est indissociable de sa soutenabilité sociale. Les retours d’expérience montrent, en effet, qu’un projet d’IA sur deux échoue, notamment lorsqu’il est conduit sans anticipation, sans accompagnement des salariés et sans dialogue social structuré. Le dialogue social apparaît dès lors comme un facteur clé de réussite des projets comme le souligne la préconisation n°12, et non comme une contrainte ou un frein.
Le débat sur le travail et l’emploi oscille entre alarmisme et déni. Or, sans indicateurs fiables ni capacité d’anticipation, les décisions se prennent à l’aveugle. La préco 11, qui vise à produire des données prospectives sur les impacts de l’IA, répond à cette problématique. La préco 13 sur la formation à l’IA prend tout son sens quand on sait que la France accuse un retard significatif en la matière.
Le dialogue social doit évoluer pour s’adapter à l’IA : intervenir en amont des projets, accompagner le déploiement et s’inscrire dans la durée grâce à des mécanismes de suivi et d’évaluation. Mise en place de « clauses de revoyure », intégration de l’IA dans la gestion des emplois et des parcours professionnels, développement d’espaces de co-construction associant salariés et directions constituent des leviers essentiels. A juste titre, le rapport appelle à s’appuyer sur le projet DIAL-IA, ainsi que ceux portés dans le cadre du paritarisme par l’ANACT, pour structurer ce dialogue.
Anticiper, former et dialoguer sont les 3 clés de la réussite.
La Région peut jouer un rôle déterminant pour structurer un cadre territorial de confiance autour de l’IA, en complément des dispositifs de soutien à l’innovation et à la transformation numérique. Elle peut renforcer l’accompagnement des entreprises vers des pratiques responsables, soutenir la montée en compétences des salariés et des partenaires sociaux, et encourager de nouvelles formes de gouvernance adaptées à la nature évolutive de l’IA.
Au-delà de l’entreprise, l’IA interroge les choix collectifs en matière d’infrastructures, d’environnement et de souveraineté. Là encore, la Région peut agir comme facilitatrice en articulant politique industrielle, numérique responsable et démarche Néo Terra.
En définitive, les enjeux soulevés par l’IA appellent une action publique renouvelée, fondée sur la coordination, l’anticipation et la co-construction. En plaçant l’accompagnement des acteurs, le dialogue social et la maîtrise des impacts au cœur de sa stratégie, la Nouvelle-Aquitaine peut faire de l’IA un levier d’innovation, de résilience et de cohésion pour son économie et ses territoires.
Nous voterons le rapport. Merci de votre attention.
Intervention de Marie-Claule ROSSARD
Tout d’abord, je remercie la commission 4 pour ce rapport qui développe des éléments importants. Mais, outre l’accompagnement des entreprises et de leurs salariés, LINA invite la Région à s’interroger également sur les impacts que ne manqueront pas de connaître les professionnels de la culture que sont les auteurs, autrices, traducteurs, traductrices, scénaristes, graphistes et éditeurs ; et par ricochet les libraires. Or la Nouvelle Aquitaine compte plus de 900 auteurs et autrices, 200 maisons d’édition et plus de 200 librairies sur son territoire.
L’intelligence artificielle générative, on le sait, a déjà produit nombre de textes, voire de plagiats. Qu’en sera-t-il des droits d’auteurs pour des professionnels déjà en état de précarité pour une grande part d’entre eux, et plus généralement pour la déjà très fragile économie du livre.
Nombre d’œuvres auraient déjà servi à entraîner l’intelligence artificielle générative sans l’accord de leurs auteurs et sans contrepartie. Une plainte a d’ailleurs été déposée par un éditeur en France contre Mistral, pépite française de l’IA, qui aurait exploité plus de 200 livres de son catalogue via la base de données pirate Library Genesis. Cette plateforme américaine aurait pillé une somme astronomique de textes en tous genres, d’articles scientifiques aux États-Unis.
Outre la qualité de ce rapport, il serait sans doute souhaitable que le CESER puisse compléter par un travail sur les impacts de l’intelligence artificielle générative sur l’éducation (les chiffres des jeunes de 15/25 ans utilisant l’IA sont révélateurs, comment les lycéens accepteront-ils à l’avenir de continuer à travailler alors qu’une machine pourra le faire à leur place ?), sur les impacts sur l’environnement, comme sur les usages au quotidien et sur la manière dont notre société pourra en être changée pour le meilleur et pour le pire, si nous n’y prenons pas garde.
Intervention de Philippe GÉRY
Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les conseillers,
L’intelligence artificielle redéfinit aujourd’hui les rapports de puissance économiques, technologiques et industriels à l’échelle mondiale.
La CFE-CGC tient à saluer la qualité du rapport qui nous est présenté. Il rappelle que l’IA n’est ni une menace abstraite ni une solution miracle, mais un levier de transformation majeure.
Il met en évidence des freins réels : manque de compétences, coûts d’investissement, structuration des données, difficultés d’appropriation dans les TPE et PME. Ces constats appellent des réponses concrètes.
Mais une question demeure. Une question stratégique :
Allons-nous nous contenter de réguler, ou choisir de développer ?
Car l’IA est un enjeu de puissance.
Et l’Europe donne trop souvent le sentiment d’avoir fait de la régulation un substitut à la stratégie industrielle.
Réguler avant d’avoir développé, ce n’est pas maîtriser.
C’est organiser sa dépendance.
La CFE-CGC refuse cette logique.
L’enjeu est clair : produire, investir, former, innover.
C’est à ce prix que nous préserverons notre souveraineté économique.
Dans ce contexte, nous ne pensons pas que ce rapport doive constituer un socle revendicatif. L’enjeu dépasse ce cadre : il appelle d’abord des choix stratégiques et des capacités d’action.
À l’échelle régionale, il s’agit d’accompagner les entreprises, notamment les TPE et PME, dans leur appropriation de l’IA.
La Région dispose de leviers : structurer les écosystèmes, soutenir les compétences, sécuriser les usages.
Enfin, l’IA ne sera bénéfique que si elle s’inscrit dans une démarche de responsabilité sociale.
Sans anticipation sociale, elle crée défiance et inefficacité.
Avec une stratégie RSE, elle devient un levier de performance et d’adhésion.
En conclusion, la délégation CFE-CGC soutient ce rapport.
Mais le temps n’est plus seulement au diagnostic.
Le temps est aux décisions.
Et aux investissements.
À défaut, l’Europe régulera ce qu’elle ne produit pas, et subira ce qu’elle ne maîtrise pas Nous tenons enfin à saluer le travail des animatrices de la commission. Elles ont su trouver un chemin étroit pour rassembler les conseillers autour de ce rapport. Nous saluons également notre chargée de mission ainsi que l’esprit de compromis dont plusieurs conseillers ont fait preuve. La délégation CFE-CGC votera favorablement ce rapport.
Nous vous remercions.
Intervention de Pauline LACASSY
Monsieur le Président,
Chères et chers collègues,
L’UNSA salue l’important travail mené sur les impacts de l’Intelligence artificielle sur notre économie régionale. Nous souscrivons à l’approche pragmatique retenue, visant à faire de l’IA un outil vertueux au service du progrès social.
Nous saluons particulièrement l’équilibre des parties qui traite non seulement de la performance économique, mais place l’humain et la préservation de la santé des travailleurs au centre des préoccupations. La réflexion est structurée autour de trois défis fondamentaux: le soutien à nos entreprises (notamment les TPE/PME), l’exigence d’une souveraineté technologique forte face aux monopoles, et l’impératif du progrès social.
Cette ambition s’appuie sur une capitalisation de notre écosystème existant: Étendre l’excellent travail du Campus Cyber pour créer un diagnostic de maturité spécifique à l’IA, adapter le programme régional DIHNAMIC pour qu’il cible davantage nos TPE/PME, ou encore s’appuyer sur le pôle ENTER pour coconstruire un label «entreprise engagée numérique responsable». L’UNSA soutient pleinement cette démarche d’un «numérique responsable» afin de s’assurer que la course à l’IA ne se fasse pas au détriment des ressources naturelles du territoire et que son déploiement s’inscrive dans la continuité de la feuille de route Néo Terra, en alliant innovation et optimisation environnementale.
De plus, l’UNSA réaffirme que l’IA doit rester «capacitante» et non «aliénante». L’intégration de l’IA ne doit pas être un facteur d’isolement ou de surcharge mentale, mais doit au contraire agir comme un outil capacitant pour les travailleuses et les travailleurs, en améliorant les conditions de travail et en réduisant la pénibilité.
Car derrière l’intelligence artificielle, il y a déjà des réalités bien concrètes : des salariés qui s’interrogent sur leur avenir, des métiers qui se transforment à marche forcée, et parfois des décisions qui s’imposent sans concertation. Pour l’UNSA, il n’est pas acceptable que ces transformations se fassent sans les salariés.
À l’inverse, nous voulons une intelligence artificielle qui libère du temps, qui améliore les conditions de travail, et qui redonne du sens aux métiers.
C’est pourquoi, nous souscrivons aux préconisations du rapport visant à instaurer une «IA de confiance». Face aux mutations rapides induites par cette technologie, l’accompagnement et la montée en compétences, la formation sont des impératifs pour sécuriser les parcours professionnels. Il ne suffit pas de dire qu’il faut former : il faut en donner les moyens réels, pour tous les salariés, à tous les âges de la vie.
Enfin, le thème de l’Intelligence artificielle est extrêmement vaste et ses bouleversements dépassent largement le seul cadre de l’entreprise. Nous estimons que l’impact de l’IA sur d’autres pans de notre société doit être exploré.
À ce titre, l’UNSA appelle de ses vœux la réalisation de travaux complémentaires, notamment sur l’impact de l’IA dans le milieu étudiant et la formation initiale, ces derniers constituant le socle des compétences de demain.
Pour toutes ces raisons, l’UNSA votera pour ce rapport.
Intervention de Patrick MÉRIAN
L’arrivée de l’IA dans notre quotidien, personnel comme professionnel, nous semble identique au contexte de l’arrivée massive de la dématérialisation et d’Internet.
Toutes ces avancées technologiques peuvent potentiellement générer de l’illectronisme et même aujourd’hui mettre gravement en péril ce que l’on pourrait qualifier de « souveraineté cognitive », c’est-à-dire un danger à perdre de l’esprit critique en déléguant trop à la machine.
Il y a à l’évidence une problématique de danger face à l’égalité des citoyens mais aussi des entreprises, commerciales ou relevant de l’ESS, à intégrer l’IA. Toutes et tous n’auront pas accès à une formation à ces nouveaux outils qui semblent pourtant à tous inéluctables et qu’il faudrait accepter parce qu’imposés par la majorité ou par une course folle à la productivité au détriment de l’humain.
Bien sûr, les entreprises et les administrations vont avoir besoin de diminuer des tâches répétitives, y compris pour améliorer les conditions de travail des salariés, employés et agents. Mais y aura-t-il vraiment amélioration de ces conditions ou une accélération de l’exigence de productivité ? Nous notons par ailleurs que cela sera plus compliqué pour certaines tâches répétitives qui ne disposent pas de process solides et/ou de data exploitables. Se pose également la question de la confiance que l’on peut accorder à ces outils. Cette interrogation soulève des questionnements et réserves qui sont clairement énoncés dans ce rapport.
Pour Solidaires, plus qu’une recherche effrénée d’une productivité toujours plus grande et sans fin, ou des gestions uniquement budgétaires, nous privilégions une société établie par et pour les humains. Il n’existe pas de déterminisme technologique ! L’intelligence artificielle générative s’est introduite dans nos vies au début des années 2020 parallèlement à un monde qui connaît des tentations largement autoritaires, voire fascistes, et une géopolitique de la force. Ces régimes s’imposent par une restriction du langage, par un matraquage de « deep fakes » et un flot ininterrompu et dense d’informations arbitraires réduisant d’autant la capacité à analyser et un déversement d’émotions angoissantes, sidérant le citoyen par cette stratégie géopolitique de la peur. Il incombe aux décideurs d’installer la temporalité nécessaire à l’esprit critique, au débat contradictoire et apaisé, et de ne pas se caler, tel les moutons de Panurge, sur une « vérité » relative et partielle comme celle qui nourrit l’IA au détriment d’une « vérité » contradictoire. Il faut souvent perdre du temps pour en gagner.
Enfin, les grecs anciens retenaient par le terme « pharmakon » un dispositif pourvoyant à la fois le remède et le poison. Toutes ces nouveautés technologiques telles que l’IA relèvent de ce « pharmakon ». Il incombe à la société de trouver le meilleur équilibre pour la dimension prioritaire, à savoir l’humain, au sein d’une vertueuse transition écologique.
Nous nous abstiendrons sur ce rapport.
Intervention de Alix PORTET-LASSERRE
Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les conseillers et conseillères, L’IA est un enjeu stratégique pour l’économie régionale.
Le rapport du CESER met en évidence un point essentiel, l’IA n’est pas une technologie parmi d’autres. C’est un levier de transformation profonde de l’économie régionale, des métiers et des organisations professionnelles. Pour les entreprises de proximité que représente l’U2P, cette transformation doit être maîtrisée, accessible et utile sans créer de nouvelles fractures.
Le rapport souligne que les TPE et PME sont les plus en difficulté face à l’IA, faute de moyens, de compétences internes et de maturité numérique suffisante. Pour les entreprises de proximité, cela signifie un risque de perte de compétitivité, une difficulté à identifier les usages réellement utiles, un besoin de formation, d’outils simples et une crainte légitime face au coût d’implémentation et au risque juridique.
L’U2P rappelle que l’IA doit rester un outil au service des entreprises et non une contrainte supplémentaire.
Les salariés sont au cœur des impacts sociaux de l’IA. Le rapport consacre une partie entière aux enjeux de transformation des métiers et des compétences. Pour les salariés des petites entreprises, cela implique des tâches qui évoluent, des compétences à renouveler, la nécessité d’un accompagnement social adapté même dans les très petites structures.
L’U2P insiste sur un point, l’IA doit être un progrès social pas une source d’exclusion.
Le rapport met en garde contre une dépendance accrue aux solutions étrangères notamment américaines, pour les petites entreprises cela signifie un risque de dépendance économique, des coûts imprévisibles, des enjeux de cybersécurité et des difficultés à maîtriser les données.
L’U2P soutient la nécessité d’un écosystème régional souverain accessible et sécurisé.
Concernant le financement, les entreprises ne doivent pas porter seules la transformation numérique. Il est essentiel de rappeler que les entreprises contribuent déjà largement au financement de la transformation numérique via leur investissement, la formation, les outils et les mises à niveau technique.
À ce titre, l’U2P souhaite alerter sur un point fondamental : les TPE ne peuvent supporter seuls le coût de l’IA dans les territoires. L’IA doit être financée de manière équilibrée État/Région, collectivités, écosystème numérique et non exclusivement les employeurs. Ce point est essentiel pour éviter une fracture numérique entre grandes entreprises et petites structures.
Des solutions existent et doivent être rendues accessibles aux TPE.
Le rapport met en avant plusieurs dispositifs utiles : « DIHNAMIC », « Usine du futur », « aide à l’innovation numérique responsable », « pôles de compétitivité », « centres de transfert technologique ».
L’U2P soutient ses initiatives, mais rappelle qu’elles doivent être simplifiées, territorialisées, intégrer les filières artisanales et commerciales et être accessibles aux entreprises de moins de 10 salariés.
Pour conclure, l’IA représente une opportunité majeure pour les entreprises régionales, mais elle ne doit pas creuser les écarts entre les grandes structures et les petites. Nous appelons à une stratégie régionale qui soutient les TPE, sécurise les usages, renforce la souveraineté technologique et garantisse un financement équitable.
Il appartient désormais à l’ensemble des acteurs publics et économiques de construire une IA utile responsable et accessible aux services de toutes les entreprises.
Intervention de Sylvie THOMANN
Merci à la commission économie pour la qualité de son travail et son décryptage régional des enjeux de l’IA.
Ce rapport intitulé « Impacts, risques et opportunités de l’IA pour les filières économiques régionales » annonce en introduction qu’il n’est pas « un plaidoyer contre ou en faveur de l’IA ». Au vu de toutes les préconisations énoncées pour favoriser l’implantation et l’utilisation de l’IA par les entreprises régionales, la tonalité générale du rapport penche en faveur de l’IA, à condition qu’elle soit sobre, éthique, et en faveur du « progrès social, humain et économique ».
Il est d’ailleurs beaucoup question de « vertu » dans ce rapport : travailler à une IA vertueuse, stimuler vertueusement la performance économique, opportunité vertueuse, équilibre vertueux entre humain et technologie et environnement. Beaucoup d’exigence de vertu qu’on souhaite effectivement voir se déployer partout !
Quand il est question d’utiliser l’IA pour les « besoins réels » de l’entreprise, c’est aussi à l’échelle du territoire et de la société entière qu’il s’agit de questionner les besoins réels en IA. La matérialité de l’IA, du numérique en général et de leurs indispensables centres de données nous obligent à nous poser des questions quant à leurs consommations exponentielles. Comment équilibrer au mieux le foncier entre les différentes activités sans asphyxier les espaces naturels, agricoles et forestiers ? Comment répartir la production d’énergie entre secteurs, dont certains prioritaires pour le fonctionnement de notre société, tout en maintenant notre objectif de décarbonation ? Comment allotir l’eau notamment en période de stress hydrique, entre alimentation en eau potable, milieux naturels, agriculture, élevage, tourisme et IA ? La feuille de route Néo Terra du Conseil régional et l’ambition Une Seule Santé devraient servir de boussole pour tracer une ligne de crête conforme à l’intérêt général.
Dans quels secteurs avons-nous vraiment besoin que l’IA se développe ? En quoi les éco-socio-conditionnalités de la Région peuvent-elles orienter la croissance de l’IA dans certains secteurs, jugés prioritaires pour la société ? Le soutien public n’a pas vocation à intervenir dans tous les types de développement, que ce soit pour l’IA comme pour tout autre secteur de l’économie. Ce choix crucial reste à définir, démocratiquement.
Merci.
Intervention de Paul-Hervé ROUSSEAU
Pour la CGT, ce rapport n’est pas un simple recueil d’opinions, mais un diagnostic rigoureux, documenté et ancré dans la réalité de l’état de nos filières en Nouvelle-Aquitaine, de l’industrie agroalimentaire jusqu’aux industries culturelles. C’est un état des lieux de qualité que nous saluons.
Cependant, ce que ce rapport met en lumière, c’est une urgence fondamentale pour le monde du travail. Les géants du numérique et une partie du patronat nous vendent l’Intelligence artificielle comme un miracle technologique. Ne soyons pas dupes. Derrière le discours de l’innovation, la promesse est avant tout celle d’une rentabilité financière accrue.
L’étude de la Coface publiée dans le Monde du 18 mars 2026 confirme l’ampleur du choc : 16,3 % de l’emploi en France est désormais fragilisé, soit 5 millions de salariés. Les personnels peu qualifiés ou précarisés ne sont plus les seuls à être sous la menace de plans de licenciements massifs. Les données sont formelles. En effet, les métiers de l’ingénierie, de l’informatique et du droit sont en première ligne, avec un risque d’automatisation de plus de 22 % comprenant aussi les hauts salaires, potentiellement sources de rentabilité rapide des investissements IA. En réalité, toutes les catégories de travailleurs-euses sont possiblement perdantes, si l’on tient compte aussi du fait qu’une partie des salariés-ées, (notamment peu qualifiés-es) sont potentiellement plus exposé-es à la difficulté de s’orienter vers d’autres métiers.
Face à cette déstabilisation, la réponse de l’Union Européenne est inquiétante. La réforme dite « Omnibus numérique » cherche à supprimer l’obligation de formation des salariés à ces nouveaux outils. C’est une erreur stratégique majeure qui prive les travailleurs de leur capacité d’adaptation pour privilégier une réduction des coûts à court terme.
Le rapport montre très bien que les gains de productivité de la machine masquent souvent un épuisement cognitif pour le travailleur. Demander à un salarié de passer ses journées à vérifier, corriger et rattraper les erreurs d’une intelligence artificielle générative, c’est lui imposer une charge mentale invisible et écrasante. On lui retire le sens de son métier pour le transformer en un simple exécutant, en un contrôleur d’algorithmes, à l’opposé du mythe du « travailleur augmenté ». Dans un monde en mutation géostratégique associé à une technologie de l’intelligence artificielle dominée par les États-Unis et la Chine, la souveraineté numérique et industrielle refait surface dans le débat public.
Cette souveraineté est essentielle pour garantir la maîtrise technologique et la protection de nos données. Soutenir la recherche, réguler pour protéger les citoyens et les entreprises, former les salariés pour plus de qualification, développer les filières du numérique, sont autant de leviers à activer pour atteindre une souveraineté nécessaire à notre indépendance économique.
Chers collègues, si le diagnostic posé est bon, les constats ne suffisent plus à protéger les travailleurs-ses les plus exposé-es face aux stratégies d’entreprises et à la dérégulation européenne. Parce que les garde-fous nous semblent aujourd’hui inexistants, notre organisation syndicale ne peut se satisfaire de la situation.
C’est pourquoi la CGT fera aujourd’hui le choix de l’abstention. Une abstention de vigilance et d’alerte, pour rappeler fermement que face aux logiques comptables, c’est l’humain qui doit impérativement garder le dernier mot.
Intervention de Bernadette BONNAC-HUDE
Monsieur Le Président, Messieurs (de la Région Nouvelle-Aquitaine),
Chères et Chers Collègues,
Le Groupe de Travail EGAETDIS remercie la Commission 4 pour ce Rapport, Rapport qui d’une part est une amorce d’un travail qui pourra se poursuivre tant le sujet de l’Intellige-nce Artificielle est vaste, d’autre part il porte sur un domaine précis celui des filières éco-nomiques de notre Région La Nouvelle Aquitaine. C’est donc sur ce périmètre que nous souhaitons souligner et prévenir des difficultés et anomalies qui apparaissent et ou peuvent apparaître dans ces systèmes et sur les thématiques de notre Groupe de Travail. Il n’est pas question pour le GT EGAETDIS de rejeter cette innovation de rupture techno-logique, cependant comme tous ces nouveaux outils, il est important d’être conscient·e des dérives, de rester vigilant·es et de lutter contre toutes les fractures d’accès qui pour-raient empêcher une partie significative de la population Néo-Aquitaine de s’orienter vers et de s’investir dans ces secteurs professionnels économiques (!), comme les Femmes, ainsi que les personnes porteuses et/ou en situation d’handicap, les jeunes des quartiers politiques de la ville, les personnes issues de la Diversité, les habitant·es des zones ru-rales, …, ce qui est déjà relevé par de nombreuses données et statistiques, souvent faute de globalisation des systèmes ou de manque d’anticipation, et ou d’impensé dès la créa-tion de ces systèmes, en direction de ces « publics ».
En effet, vous le savez assurément les algorithmes sont trop souvent porteurs de stéréo-types, de poncifs, justifiant de nombreuses inégalités et discriminations. D’autant que ces secteurs sont majoritairement masculins alors contribuant à diffuser des approches sexistes…
« En effet les algorithmes sont d’excellent élèves mais qui sont les professeurs » souligne Hélène Deckx Van Ruys, membre du Laboratoire de l’Egalité, du HCE, co-pilote du groupe de travail sur les Femmes et l’IA, elle a travaillé dans plusieurs grandes entre-prises et Holding, notamment en tant que directrice RSE.
Le GT EGAEDIS attire votre attention et interpelle la Région Nouvelle Aquitaine afin qu’une attention particulière soit portée sur l’orientation, la formation, la réinsertion vers les filières économiques encore trop peu investies par les Étudiantes et les Femmes.
Il es important que ces nouvelles technologies soient plus vertueuses, porteuses d’égalité et d’équité pour Toutes et Tous.
L’accès aux filières économiques de la Nouvelle Aquitaine qui utilisent et utiliseront les In-telligences Artificielles doivent être accessibles à Toutes et Tous dans leur pluralité, la Ré-gion doit être la garante de cette égalité d’accès, et les filières économiques responsables et facilitatrices pour toute possibilité d’inclusion, à l’heure où la question de trouver du « sens au travail », l’autre question est de« trouver du sens à l’ère de l’IA »!
Vous devez vous souvenir de vos devoirs de philosophie sur le Progès :
Ce nouvel outil dit de progrès est-il la consécration du ou d’un bonheur ? va t’il faciliter notre vie au travail, notre vie de tous les jours, pour Toutes et Tous ?
Les illustrations numériques de votre Rapport sont très sympa-thiques, cependant la première parle seulement au masculin « Bonjour à Tous ! », Quant à la seconde qui met en lumière Marie Curie, certes, n’oublions pas que dans son pays na-tal, la Pologne, l’accès à l’université pour les filles étaient autorisées déjà dans les années 1880, ce n’étaient pas le cas en France, à la même époque, alors une fois de plus ne soyons pas les « mauvais·es élèves »…
Je vous remercie de votre attention
Intervention de Louis BORDONNEAU
Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les conseillers et conseillères,
Je vais m’exprimer de manière très modeste, étant béotien sur cette question-là.
J’ai lu le rapport avec grand intérêt et j’ai appris beaucoup de choses et je voulais vous en remercier.
C’est aussi ça l’intérêt d’être au CESER car ça permet d’apprendre beaucoup de choses.
Néanmoins, j’ai quelques observations à faire :
Je ne partage pas le concept que j’entends ici de rupture du fait de l’Intelligence artificielle (IA). Je me souviens, il y a 10 ou 12 ans en Poitou-Charentes, on a eu le même type de débat sur le numérique et Internet, cela va changer, ce ne sera plus comme avant, ça va détruire des emplois, ça va en créer d’autres, etc Nous sommes dans un continuum d’évolutions avec la technologie et l’innovation qui arrivent. Du reste la meilleure preuve ? c’est que nous-mêmes en tant que particulier on se sert tous les jours de « Chat gpt » avec qui on a des vraies conversations et c’est comme ça que l’IA s’installera au fur et à mesure et également dans les entreprises.
Pour préparer cette petite intervention, j’ai interrogé la société de gestion « AQUITI Gestion » qui gère des fonds d’investissement et des sociétés capitalistes par rapport à ce qui se passe dans les PME.
Quelques exemples d’utilisation de l’IA immédiatement, c’est : l’administratif, le marketing, la connaissance des marchés et petit à petit, demain probablement, ce sera peut-être la production, mais ce n’est pas encore véritablement le cas partout.
Dans d’autres métiers, ça va permettre de prendre des décisions plus argumentées et plus rapides.
J’ai également un petit point d’écart avec le rapport lorsque vous dites que c’est à la Région d’être cheffe de filât. Je ne suis sincèrement pas d’accord avec ce point-là car c’est aux têtes de filières de prendre en main, parce que les problèmes sont différents d’une filière à l’autre. La Région bien sûr peut avoir une action, elle peut être présente aux côtés de têtes de filières, des chambres consulaires, mais c’est aux entreprises de prendre en main le sujet de l’intelligence artificielle.
Je voudrais ajouter un mot sur les points que d’autres conseillers ou conseillères ont évoqué dans les prises de parole : l’intelligence artificielle et la problématique de la décision.
J’ai ici sous les yeux un texte d’un consultant d’entreprise qui est « McKinsey » (pour ne pas le citer) qui va faire bondir certains : l’intelligence artificielle va-t-elle à terme tuer la décision humaine ? La réponse n’est sûrement pas car il restera toujours des décisions que nous ne voudrons pas confier à des machines pour des raisons de principe. Il y aura aussi pour très longtemps des situations trop complexes, trop ambiguës, trop inhabituelles pour qu’on puisse entraîner un modèle d’IA et y faire face.
Aujourd’hui, il y a beaucoup de situations, on parle de finance, de logistique ou même de médecine ou des systèmes d’IA prennent de meilleures décisions que les experts humains. En médecine, on a des décisions de diagnostic qui sont quand elles sont prises par l’IA concluantes dans 90 % des cas alors que le médecin spécialiste a un bon diagnostic que dans 74 % des cas.
Plus les algorithmes deviennent puissants, plus la question centrale devient politique et humaine qui fixe les objectifs risques, quelle valeur on optimise, quel risque on accepte et quelle limite on pose, autrement dit l’IA peut automatiser des choix techniques et ne peut pas décider du sens. C’est la vraie question, presque une question philosophique.
Pour reprendre les propos de l’intervenante précédente, le vrai danger n’est pas la disparition de la décision humaine, mais c’est que nous renoncions à l’assumer.
Voilà ce que je voulais dire sur l’intelligence artificielle, nous sommes dans un continuum tout ça va s’imposer à nous, tout ça va permettre aux entreprises de se développer parce que c’est aussi leur job d’être plus performantes.
J’ai lu plusieurs articles là-dessus, l’IA va gérer des emplois, va en détruire !! … Est-ce que ça va ralentir les recrutements, on ne sait pas encore ? Il faut donc qu’une observation pointue soit faite là-dessus.
Intervention de Xavier ESTURGIE
Merci à la commission 4 pour cette lumineuse initiation aux enjeux de l’IA.
Le problème avec la technique, c’est que nos représentations sont toujours en retard sur sa vitesse. Dans ce hiatus, nous engouffrons nos peurs, nos fantasmes, notre anxiété sociale. Et aussi nos idéologies, faussement rassurantes, qu’il est toujours facile d’instrumentaliser. Tout outil technique est ambivalent : avec un marteau je peux m’écraser les doigts, avec le feu je peux me brûler. Mais avec un marteau et du feu, je peux forger, je peux créer. C’est parce que le travail est une prise de risque qu’il est opportunité et levier de progrès. Ce Rapport a le mérite de ne pas tomber dans le piège d’instrumentaliser l’anxiété et les appréhensions pour remettre en cause l’importance stratégique du déploiement de l’IA, dont les bienfaits potentiels sont immenses :
- Au premier chef, la consolidation de notre souveraineté économique et technologique qui passe TOUJOURS par l’innovation.
- Mais aussi un nouvel univers de travail et d’usage potentiellement plus créatif.
I - En effet :
1. L’IA est une opportunité structurelle majeure :
- Une opportunité de création de valeur pour les entreprises régionales, indispensable pour rester compétitives et éviter le décrochage dans un contexte perturbé (par exemple en conduisant les entreprises à revoir la cohérence de leurs systèmes d’information).
- Un levier de compétitivité, d’innovation, de créativité et de transformation majeur pour toutes les filières régionales. A cet égard, le recours à l’IA fait partie intégrante du niveau stratégique des entreprises et de leur feuille de route.
- Et une voie d’intégration vers une industrie plus durable, plus circulaire et plus sécurisée.
2. L’IA est donc un investissement stratégique pour toutes les entreprises et toutes les filières, sans exclusive :
- Elle permet d’optimiser l’initiative et l’adaptation des entreprises dans une logique plurielle et collaborative.
- De libérer les énergies et de faciliter les conditions de travail. L’IA peut améliorer la qualité et la pénibilité du travail, créer de nouveaux métiers, enrichir les métiers existants. Incluant évidemment l’impératif du dialogue social.
Faut-il se satisfaire que l’investissement en IA contribue sept fois plus à la croissance aux États-Unis qu’en France ?
La transformation ne se construit jamais de façon conditionnelle et contrainte en multipliant les obligations, en compliquant les accès aux progrès technologiques, ou en sélectionnant a priori des secteurs d’activités. Ce qui n’aboutirait qu’à étouffer la créativité en freinant l’innovation, la fertilisation croisée, et en décourageant le recours à un outil dont la « vertu sociale » première est justement de simplifier le travail et les usages. L’enjeu de l’IA est d’accompagner, pas de contraindre.
II - C’est pourquoi, pour éviter le décrochage et préserver notre tissu économique régional :
1. Le déploiement de l’IA mérite un soutien massif aux entreprises, particulièrement aux TPE/PME parfois démunies dans ce domaine, pour leur permettre d’adapter les solutions par des dispositifs simples, accessibles et incitatifs, dans une logique d’ouverture à toutes les filières, y compris non technologiques. Le déploiement de l’IA doit être décomplexifié pour toutes les entreprises.
2. L’adaptation des compétences par la formation est ici un levier central. La transformation technologique des emplois est une constante du progrès économique et humain. L’utilisation de l’IA est devenue un levier d’employabilité. C’est aux modes d’organisation du travail et de gestion des compétences d’en permettre l’adaptation continue.
Tous les outils sont neutres, ce sont nos usages qui ne le sont pas. Concernant l’IA, le pari de Pascal pourrait être actualisé : « pesons le gain et la perte », et face à la réaction obscurantiste qui capitaliserait sur les appréhensions ou les défiances de toutes natures, choisissons le progrès de l’aventure humaine. Dans ce domaine, les entreprises, à travers les femmes et les hommes qui les animent, sont la solution. Pas le problème. Et soyons optimistes : si l’esprit critique n’est pas assujetti, l’intelligence naturelle sera préservée.